Stade Toulousain, UBB, c’est maintenant à Montpellier de devenir la menace que tout le monde redoute avant les phases finales

Joan Caudullo

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Publié le mai 25, 2026

Le champion de la Challenge Cup terrifie l’Hexagone. Trois jours après avoir pulvérisé les Irlandais de l’Ulster à Bilbao (59-26), le Montpellier Hérault Rugby a troqué son costume de miraculé contre celui de l’épouvantail numéro un du Top 14 ce lundi 25 mai 2026.

Alors que les yeux de l’Europe étaient braqués sur le sacre de l’UBB, les discussions autour de San Mamés ne tournaient qu’autour d’un constat : avec une série folle de vingt victoires sur ses vingt-trois derniers matchs, le MHR fait peur à tout le monde. Portés par des leaders retrouvés et un recrutement XXL, les hommes de Joan Caudullo avancent vers les phases finales avec la certitude d’être le piège absolu que tout le monde cherche à éviter dans la course au Bouclier de Brennus.

Il y a deux ans à peine, Montpellier frôlait le gouffre de la relégation. Aujourd’hui, le club du président Mohed Altrad marche sur l’eau et s’impose comme le candidat le plus sérieux à un doublé historique Challenge Cup / Top 14. En validant son ticket pour le Top 6 à l’issue d’un succès marquant à Castres, le MHR a envoyé un message de force brute à ses rivaux. Sur les terrasses de Bilbao ce week-end, qu’ils soient supporters toulousains ou bordelais, le verdict était unanime : en ce printemps 2026, personne ne veut croiser la route des Cistes.

Montpellier, la menace qui monte quand Toulouse et l’UBB s’essoufflent

Depuis novembre, Montpellier a remporté 20 de ses 23 matchs toutes compétitions confondues. C’est la dynamique la plus impressionnante du rugby français en ce moment.

Depuis le début de l’année civile, le bilan est encore plus éloquent : 15 victoires en 17 matchs. La dernière défaite remonte au 28 mars, à Toulouse. Depuis, le MHR n’a plus perdu huit succès consécutifs, finale de Challenge Cup comprise.

Ce qui distingue cette série, c’est le calibre des adversaires battus. Montpellier a gagné en déplacement à La Rochelle, à Bordeaux-Bègles et à Castres cette saison. Trois des déplacements les plus difficiles du championnat.

À deux journées de la fin du Top 14, le MHR est dauphin de Toulouse. La meilleure attaque de la Challenge Cup lui appartient 36 essais avant la finale, auxquels s’ajoutent les 9 inscrits contre l’Ulster. Pendant ce temps, Toulouse montre des signes de fatigue et Bordeaux-Bègles vient de décrocher la Champions Cup contre le Leinster  un titre qui se digère autant qu’il se célèbre.

Montpellier arrive en phases finales avec de l’élan, pas de la fatigue.

Du gouffre à la cour des grands : comment Montpellier s’est reconstruit

Il y a deux ans, Montpellier frôlait la relégation. Ce n’est pas une métaphore. La saison 2023-2024 a failli être la dernière du club en Top 14. Aujourd’hui, le même club est dauphin du championnat et compte déjà le même nombre de points que lors de la saison victorieuse 2021-2022.

Cette trajectoire porte la marque de Joan Caudullo, le manager qui a reconstruit le groupe autour de ses leaders. Il l’explique lui-même : « On a aussi retrouvé des leaders. Certains étaient en difficulté il y a deux ans, l’année où le club a failli descendre. Aujourd’hui, ils sont revenus à leur meilleur niveau. »

Caudullo confirme la méthode : « On a validé l’objectif d’être dans les six en gagnant à Castres. Maintenant, on a envie d’aller plus loin. »

Lenni Nouchi, le capitaine, traduit ce changement de statut avec une franchise désarmante. Avant la finale de Challenge Cup, il déclarait : « Ça serait une première étape dans ce qu’on veut mettre en place. Ça montrerait un peu à tout le monde qu’on a évolué. Et que maintenant, on peut être dans la cour des grands et pas des petits comme on l’est depuis l’après-titre. »

Le titre est tombé. La cour des grands est confirmée.

Pourquoi personne n’a envie de croiser Montpellier en phases finales

« Je les vois aller au bout. Toulouse n’y est pas cette année et je vois mal les Bordelais digérer leur nouveau titre européen. » Ce n’est pas un journaliste qui parle, c’est un supporter toulousain.

Un supporter bordelais va encore plus loin : « Personne n’a envie de prendre Montpellier en ce moment. Je les vois bien faire le doublé. »

Cette peur a une base concrète. Montpellier est invaincu en finale de Challenge Cup dans toute son histoire : trois finales, trois victoires. En 2016 contre Harlequins (23-16), en 2021 contre Leicester (18-17), et désormais en 2026 contre l’Ulster (59-26). La progression des scores dit tout sur l’évolution du club.

À ce palmarès européen s’ajoute le Bouclier de Brennus 2022. Montpellier n’est pas un outsider qui découvre les phases finales. C’est un champion de France qui sait ce que gagner signifie.

Les autres clubs le savent. Le tirage au sort des phases finales va être redouté comme rarement.

Montpellier n’est plus l’équipe qui monte, c’est l’équipe qui domine ce qui devrait inquiéter Toulouse, l’UBB et tous les autres.

Les phases finales ne seront pas une affaire entre les cadors habituels : le MHR arrive avec un titre européen dans les jambes et une trajectoire identique à celle de 2022.

Si vous aviez dû parier sur le champion de France avant cette saison, auriez-vous misé sur Montpellier et le feriez-vous maintenant ?

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