« On n’est pas en crise non plus » : le Stade Toulousain est certes touché, mais encore loin d’être coulé

Rodrigue Neti

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Publié le mai 30, 2026

Rodrigue Neti le martèle : le Stade Toulousain traverse des turbulences sportives et extra-sportives, mais reste qualifié pour les phases finales du Top 14. « On n’est pas en crise non plus », assure le pilier international.

Élimination en Champions Cup, performances irrégulières en Top 14, convocation devant la commission de discipline de la Ligue Nationale de Rugby : le Stade Toulousain accumule les fronts ouverts. Pour les supporters et observateurs du rugby français, la question est simple : le champion de France en titre est-il vraiment en danger ?

Performances en dents de scie : le Stade Toulousain n’est pas coulé, mais secoué

Le Stade Toulousain ne s’effondre pas. Il déçoit ce n’est pas la même chose.

Champion de France en titre, habitué des finales européennes, Toulouse a installé un standard d’excellence qui rend chaque contre-performance plus visible qu’ailleurs. L’élimination en Champions Cup cette saison fait mal. Les résultats irréguliers en Top 14 depuis plusieurs semaines alimentent les doutes. Mais le club est toujours qualifié pour les phases finales.

Rodrigue Neti, pilier international du Stade Toulousain, a choisi ses mots avec soin. « On n’est pas en crise non plus. C’est sûr que ces dernières semaines, les performances sont en dents de scie. Tout va bien, il ne faut pas penser qu’on est dans une spirale négative », a-t-il déclaré le 29 mai 2026. Ce n’est pas du déni. C’est un recadrage.

Le joueur pointe un manque de fondamentaux plutôt qu’une crise structurelle. « Il faut essayer de retrouver du liant et d’être conquérants sur les choses simples, les choses basiques : la défense, notre conquête directe », ajoute-t-il.

L’affaire du salary cap : une amende record, mais pas de retrait de points cette saison

C’est sur le plan disciplinaire que les ennuis prennent une autre dimension.

Le 26 mai 2026, le Stade Toulousain a comparu devant la commission de discipline de la LNR pour dépassements présumés du salary cap et manquements à l’obligation de transparence. Les infractions constatées couvrent quatre saisons, entre 2021 et 2025, avec des dépassements identifiés sur les exercices 2021-2022, 2022-2023 et 2024-2025.

Selon Me Cavalié, avocat du club, Toulouse risque une amende d’environ 5 millions d’euros un record dans l’histoire du rugby professionnel français.

Mais voici ce qui change tout : aucun retrait de points n’est applicable sur la saison 2025-2026. La réglementation de la LNR a évolué en juin 2025 les sanctions sportives de ce type ne s’appliqueront qu’à partir de la saison 2026-2027. Le club paiera, probablement très cher. Il ne perdra pas sa place en phases finales pour autant.

Ce n’est pas la première fois. En décembre 2025, l’affaire Jaminet avait coûté au club un retrait de 4 points (dont 2 avec sursis), une amende de 45 000 euros (dont 15 000 avec sursis), et 1,3 million d’euros versés en mars 2026 dans le cadre d’une médiation avec la LNR.

Neti, lui, garde les yeux sur le terrain. « Il reste deux dernières journées du championnat avant les échéances qui vont compter. On sera encore là », tranche-t-il.

Pourquoi le Stade Toulousain peut respirer (un peu) malgré tout

Le club est qualifié pour les phases finales du Top 14. Deux journées de championnat restent à jouer deux occasions de retrouver confiance et ce « liant » que Neti réclame. Sur le plan disciplinaire, la sanction sera financière, pas sportive : aucun retrait de points n’est applicable sur la saison 2025-2026.

Le président Didier Lacroix adopte une posture défensive face aux accusations selon La Dépêche. Il juge le salary cap partiellement illégal et incohérent. Cette ligne de défense ne fera pas disparaître l’amende, mais elle dit quelque chose sur l’état d’esprit du club : Toulouse se bat, il ne capitule pas.

La question reste entière : Toulouse aurait-il remporté autant de titres en respectant scrupuleusement le plafond ? Le club, lui, se présente comme un compétiteur qui a poussé les curseurs trop loin, pas comme un tricheur.

Cinq millions d’euros d’amende probable, 1,3 million déjà versé en médiation : la facture est salée. Elle n’engage pas l’existence du club, mais réduit ses marges pour 2026-2027  saison à partir de laquelle les retraits de points deviendront possibles.

Le Stade Toulousain n’est pas en crise, mais en transition difficile : secoué sportivement, mis à l’amende financièrement, mais toujours qualifié pour les enjeux qui comptent. Les deux prochaines journées de Top 14 seront décisives pour retrouver de la confiance avant les phases finales.

Toulouse peut-il retrouver son niveau avant les phases finales, ou les turbulences vont-elles peser au moment décisif ?

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