Equipe de France : pourquoi Zidane n’a jamais été une vraie option

Zinedine Zidane
Publié le juin 2, 2026

Quand le fantôme du passé ravive le plus grand feuilleton du football français. Ce mardi 2 juin 2026, plus de trois ans après le séisme médiatique qui avait précipité sa chute, l’ancien président de la FFF Noël Le Graët est revenu, dans les colonnes de Ouest-France, sur le cas Zinedine Zidane.

Alors que le légendaire numéro 10 fait aujourd’hui figure de favori absolu pour succéder à Didier Deschamps, son ancien détracteur assume son intransigeance passée tout en opérant un surprenant mea culpa. Des explications sans filtre sur un rendez-vous manqué qui a durablement marqué l’histoire des Bleus.

C’est le feuilleton qui refuse de s’éteindre. Le nom de Zinedine Zidane sur le banc de l’équipe de France reste le fantasme ultime de millions de supporters. Pourtant, sous le long règne de Noël Le Graët, cette option n’a jamais dépassé le stade de l’utopie. À la faveur d’un entretien confession, l’ex-patron du football français décrypte les coulisses d’un blocage institutionnel et explique pourquoi, s’il était encore aux manettes aujourd’hui, sa position serait diamétralement opposée.

Le Graët et Zidane : une hostilité personnelle qui a tout bloqué

En janvier 2023, Noël Le Graët lève le voile sur ce que beaucoup soupçonnaient. Sur RMC, l’ancien président de la FFF lâche sans détour : « Si Zidane a tenté de me joindre ? Certainement pas, je ne l’aurais même pas pris au téléphone. Je n’en ai rien à secouer, il peut aller où il veut ! » La formule est brutale. Elle résume à elle seule douze années de présidence.

De 2011 à 2023, la question Zidane sélectionneur ne s’est jamais posée officiellement à la FFF. Pas par oubli. Par choix délibéré d’un homme qui n’avait aucune intention de l’envisager.

Ce qui rend l’affaire plus troublante, c’est le revirement opéré depuis son départ forcé. Le même Le Graët reconnaît aujourd’hui dans les colonnes d’Ouest-France : « Qui peut sérieusement remettre en cause ses compétences ? Il a gagné trois Ligues des champions consécutives avec le Real Madrid. Ce n’est pas un hasard. » (Ouest-France, 1er juin 2026.) Trois ans plus tôt, il ne voulait pas décrocher son téléphone. La légitimité sportive de Zidane n’a pas changé entre-temps. L’hostilité personnelle, elle, s’est évaporée avec le pouvoir.

Mais cette hostilité personnelle n’était que la surface du problème. Derrière se cachait une logique institutionnelle plus profonde.

Protéger Deschamps coûte que coûte : la vraie raison du verrouillage

Le Graët l’explique lui-même, sans chercher à masquer la mécanique : « La question ne s’est jamais posée, parce que Didier Deschamps obtenait des résultats exceptionnels. Mon rôle était de protéger mon sélectionneur. » (Noël Le Graët, Ouest-France, 1er juin 2026.)

La formule est révélatrice. Protéger son sélectionneur. Pas évaluer les options. Pas construire un processus de succession. Protéger.

Deschamps est en poste depuis 2012. Son mandat de 14 ans est l’un des plus longs de l’histoire de la sélection française. Le palmarès est réel : un titre de champion du monde en 2018, une finale de Coupe du monde en 2022. Ces résultats ont servi de bouclier permanent contre toute discussion sur l’avenir du poste.

Le problème n’est pas Deschamps. Le problème est l’absence totale de processus ouvert. Aucune candidature n’a jamais été formellement examinée. Aucun profil alternatif n’a jamais été évalué. La FFF sous Le Graët ne fonctionnait pas comme une institution transparente sur ce sujet. Elle fonctionnait comme une protection rapprochée.

Le Graët affirme aujourd’hui que s’il était encore en poste, il envisagerait Zidane : « Forcément. Quand un entraîneur français a eu ces résultats et qu’il bénéficie d’une telle aura dans le football mondial, son nom s’impose naturellement dans la réflexion. » (Noël Le Graët, Ouest-France, 1er juin 2026.) Ce qu’il reconnaît en 2026, il le refusait en 2023 : le palmarès de Zidane n’a pas bougé, la position de Le Graët, si.

Après le Mondial 2026 : Zidane enfin envisageable, mais sous quelles conditions ?

Philippe Diallo ne traîne pas l’hostilité personnelle de son prédécesseur. Mais il a instauré une opacité différente.

Le 22 mars 2026, dans Le Figaro, Diallo lâche qu’il connaît déjà le nom du futur sélectionneur. Sans le confirmer. Sans le démentir. Il précise avoir reçu moins de cinq candidatures pour le poste, toutes françaises. (Philippe Diallo, Le Figaro, 22 mars 2026.) Un vivier étroit pour l’une des sélections les plus exposées du monde.

Fin mars, Diallo coupe court à toute spéculation : « Je ne m’exprime plus sur la question du sélectionneur. J’ai tout dit. Il faudra attendre l’après-Coupe du monde pour reparler de cette question. » (Philippe Diallo, RMC Sport, 31 mars 2026.) La finale du Mondial 2026 est prévue le 19 juillet. C’est à partir de là que la succession sera officiellement actée.

Les critères posés par Diallo sont exigeants : « L’équipe de France est l’une des meilleures nations au monde, et tout le monde ne peut pas la piloter. Il faut un profil qui coche beaucoup de cases et qui puisse faire l’objet d’une adhésion des Français. » (Philippe Diallo, Le Figaro, 22 mars 2026.) Sur le papier, Zidane coche chaque case : trois Ligues des champions consécutives avec le Real Madrid en 2016, 2017 et 2018, une aura mondiale, une légitimité sportive que personne ne conteste sérieusement.

Mais Zidane n’a jamais eu à défendre sa candidature dans un processus équitable. Sous Le Graët, la porte était fermée avant même qu’il frappe. Sous Diallo, le processus existe mais il est déjà bouclé en coulisses, avant toute discussion publique.

Le blocage de Zidane n’a jamais été sportif : c’était un choix politique et personnel, camouflé derrière la protection d’un sélectionneur performant. Avec le départ de Le Graët et l’arrivée de Diallo, les conditions ont changé mais le temps perdu ne se rattrape pas.

Si Diallo nomme Zidane après le Mondial, sera-ce une réparation tardive ou simplement le bon choix au bon moment ?

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