Fabien Galthié a annoncé en conférence de presse les forfaits de Grégory Alldritt et Paul Boudehent pour le Championnat des Nations cet été, privant le XV de France de deux piliers de sa troisième ligne avant une tournée majeure en hémisphère sud.
Une lésion musculaire au mollet pour Alldritt, une blessure aux ischio-jambiers pour Boudehent : les deux joueurs rochelais ne participeront pas à la première édition du Championnat des Nations (4-18 juillet). Au-delà de ces deux absences, c’est la fragilité chronique de la troisième ligne française qui se dessine, à quatre jours du départ.
Alldritt et Boudehent forfaits : comment deux joueurs clés se sont blessés au pire moment
Le barrage de Top 14 contre le Stade Français a tourné au cauchemar pour La Rochelle. Défaite 45-5, élimination sèche, et deux blessures majeures en prime.
Grégory Alldritt, 29 ans et 58 sélections au compteur, a contracté une lésion musculaire au mollet lors de ce match. Le numéro 8 rochelais, déjà absent du Tournoi des Six Nations 2026, ne retrouvera pas le maillot bleu cet été. Paul Boudehent, 26 ans et 21 sélections, souffre quant à lui d’une lésion aux ischio-jambiers. Son indisponibilité est estimée à un mois.
Les deux joueurs n’ont plus porté le maillot bleu depuis novembre 2025 plus de sept mois sans sélection.
Ce qui aggrave la situation : le XV de France part pour l’hémisphère sud le 23 juin 2026. Le délai pour trouver des remplaçants et les intégrer tactiquement est extrêmement court. Le Championnat des Nations 2026 n’est pas une tournée estivale ordinaire. C’est une compétition officielle mondiale inédite, dont la première édition oppose la France à la Nouvelle-Zélande le 4 juillet à Christchurch, à l’Australie le 11 juillet à Brisbane, et au Japon le 18 juillet à Tokyo.
La troisième ligne française fragilisée : un problème chronique qui s’aggrave
Ces deux forfaits ne tombent pas dans le vide. Ils s’inscrivent dans une série noire qui dure depuis plus d’un an.
Charles Ollivon a subi une rupture du ligament croisé antérieur en janvier 2025. Anthony Jelonch a été blessé en cours de Tournoi des Six Nations 2026, contraint de quitter le groupe en urgence. Et maintenant Alldritt et Boudehent. La troisième ligne française accumule les coups depuis dix-huit mois sans jamais pouvoir aligner un secteur stable.
Le cas Alldritt est particulièrement révélateur. Il avait déjà manqué le Tournoi des Six Nations 2024 pour blessure. Puis Galthié l’a écarté de la liste des 42 pour le Tournoi des Six Nations 2026, aux côtés de Fickou et Penaud, dans ce que la presse internationale a qualifié de « major shake-up » signalant « a clear shift in selection strategy ». Son retour cet été était perçu comme une réconciliation nécessaire avec un joueur de premier plan. Ronan O’Gara, son entraîneur à La Rochelle, avait été clair en avril dernier : « Si on voit sa meilleure version, c’est difficile de le laisser hors des 23 en équipe de France ». Cette version-là ne sera pas disponible cet été.
Boudehent, lui, traverse une saison cauchemardesque sur le plan physique. Touché au tendon rotulien du genou gauche en début de saison 2025-2026, absent quatre à six semaines Champions Cup du rugby comprise, il s’était à nouveau blessé à l’entraînement avant le match contre le Racing 92 en mai 2026. La lésion aux ischio-jambiers contractée lors du barrage est sa troisième blessure majeure de la saison.
Jegou appelé en urgence : comment Galthié recompose sa troisième ligne
Galthié n’a pas le luxe d’attendre. Selon L’Équipe, Oscar Jegou devrait être appelé dimanche par le sélectionneur. Il s’envolera le 23 juin avec le reste du groupe pour l’hémisphère sud selon Midi Olympique.
Jegou connaît le système Galthié : il faisait partie des troisièmes lignes retenus au Tournoi des Six Nations 2026, précisément à la place d’Alldritt. Son intégration en quelques jours dans un groupe recomposé pose une vraie question de cohésion tactique.
Le premier rendez-vous est brutal : la Nouvelle-Zélande, le 4 juillet à Christchurch, puis l’Australie le 11 à Brisbane, puis le Japon le 18 à Tokyo. Trois matchs en quinze jours. Le XV de France avait montré de vraies ressources lors du Tournoi des Six Nations 2026. Mais une troisième ligne bricolée en urgence, face aux All Blacks, c’est une autre équation.
Les forfaits d’Alldritt et Boudehent s’ajoutent à ceux d’Ollivon et Jelonch : en dix-huit mois, la troisième ligne française n’a jamais pu aligner un secteur stable. Galthié devra improviser face à la Nouvelle-Zélande avec un effectif amputé et peu de temps pour adapter sa tactique. Le XV de France peut-il tenir face aux All Blacks avec une troisième ligne bricolée en quatre jours ?