Rugby

Le meilleur centre de Pro D2 choisit Vannes plutôt que La Rochelle

Par Gilles
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Le centre néo-zélandais Raymond Nu’u quitte Colomiers pour rejoindre le RC Vannes, tout juste sacré champion de Pro D2 le 6 juin 2026 face à Provence Rugby (18-14).

Pour les fans de rugby qui suivent le mercato, ce transfert pose une question simple : comment un club qui dispute seulement sa deuxième saison en Top 14 après une relégation immédiate en 2025 at-il raflé la mise face à des écuries établies et bien dotées ? Ce n’est pas un choix romantique : c’est une victoire financière.

Pourquoi Vannes a remporté le duel face à La Rochelle, Castres et l’UBB

Le dossier Nu’u a été tranché par un seul critère : l’argent . Vannes a versé 300 000 euros d’indemnité à Colomiers pour racheter les deux dernières années de contrat du joueur, qui courrait initialement jusqu’en 2028.

L’UBB, pourtant candidat sérieux, n’a pas suivi. Yann Kergourlay, directeur sportif de Colomiers, avait d’abord jugé les offres de Vannes et de l’UBB insuffisantes. C’est finalement Vannes qui a cassé la tirelire en atteignant les 300 000 euros demandés seul club à le faire.

Castres, La Rochelle et le LOU étaient également sur le dossier. Aucun n’a aligné les 300 000 euros.

Détail supplémentaire : même le Stade Toulousain avait évoqué le nom de Nu’u pour remplacer Pita Ahki, avant de se tourner vers Tommaso Menoncello. Thomas Lièvremont l’avait qualifié de « coup de cœur de la saison » . Quand le champion de France en titre regarde dans votre direction, votre cote monte vite.

Pour comprendre pourquoi Vannes a pu sortir ce chèque, un chiffre suffit : le budget du club breton passe de 21 à 26 millions d’euros pour son retour en Top 14, selon les annonces du président Pierre Cloarec le 17 juin 2026. Les Bretons ont décidé de ne pas faire semblant.

Raymond Nu’u, le meilleur centre de Pro D2 que personne ne voulait payer

« À son arrivée, j’étais hyper surpris par sa qualité technique hors normes » , confie Kergourlay. Et pourtant, le directeur sportif de Colomiers connaît son rugby.

Nu’u, 1,81 m pour 104 kg, natif de Christchurch, est passé par l’académie des Crusaders, le NPC avec Southland et Otago, puis le Super Rugby avec les Melbourne Rebels (8 matchs, 2 essais en 2022). Trois saisons à Colomiers ont suffi pour en faire le meilleur centre de Pro D2.

Les chiffres de la saison 2025-2026 sont éloquents : 46 défenseurs battus (meilleur de la division), 22 franchissements (meilleur de la division) , deuxième en contacts gagnés, quatrième en plaquages ​​offensifs. Sur 20 matchs joués, dont 19 comme titulaire, il a inscrit 5 essais.

Ce n’est pas que de la puissance brute. Laurent Delahaye, préparateur physique de Colomiers, explique la mécanique : « Raymond a un centre de gravité très bas. C’est quelque chose d’inné, cela vient de sa morphologie, de même que sa musculature très développée. »

Son entraîneur Florian Nicot précise ce qui le distingue : « Ce qu’il sait très bien faire, c’est d’impulser très fort, et au dernier moment, à un mètre du défenseur, passer dans le dos. » Un geste rare à ce niveau de puissance.

Son partenaire de centre Martin Dulon résume d’une phrase ce que tout demi de mêlée rêve d’entendre : « C’est facile de jouer avec lui. Il est super costaud, plaque bien, analyse judicieusement et porte le ballon avec brio. »

Kergourlay, lui, ne tourne pas autour du pot : « Quand les dirigeants vannetais recherchaient quelqu’un à son poste, ils ont vite vu qu’il est le meilleur centre de la division. » Voilà pourquoi ça valait 300 000 euros.

Vannes construit son projet autour de Nu’u et d’autres recrues majeures

Nu’u s’inscrit dans un recrutement offensif : Vannes ne vient pas en Top 14 pour survivre.

Le club breton a également officialisé la signature d’Inia Tabuavou, centre fidjien de 23 ans passé par le Racing 92, pour deux saisons jusqu’en 2028 sixième recrue officielle. Le budget de 26 millions d’euros (contre 21 millions en Pro D2) donne les moyens de cette ambition.

Pendant ce temps, les clubs qui ont raté Nu’u se sont repositionnés. La Rochelle a recruté George Moala, ancien international libéré par Clermont. L’UBB a signé Dan du Plessis, centre des Stormers en Afrique du Sud. Des profils solides, mais qui n’avaient pas affolé le marché français de la même façon.

Vannes, lui, a le joueur que tout le monde voulait. Et il l’a eu parce qu’il a été le seul à ne pas clignoter au moment de sortir le chéquier.

Conclusion : quand l’ambition financière bouscule la hiérarchie

Selon Midi Olympique Vannes a remporté ce dossier en faisant ce que les grands clubs n’ont pas osé faire : payer le prix fort. Ce transfert dit quelque chose de plus large sur le rugby professionnel français : quand un promu arrive avec 26 millions de budget et une vraie volonté de se battre, il peut bousculer la hiérarchie, même sur le marché des transferts.

La question qui se pose maintenant est sportive : Vannes peut-il transformer cette ambition mercato en résultats concrets dès sa deuxième saison en Top 14 ?

Auteur

Gilles

Golfeur (index 12) nourri aux sports de combat et à la tactique. J'aborde l'actu sportive avec flegme. Je décortique la performance et la stratégie sans jamais forcer. Une plume relax qui analyse tout le secteur du sport, du green de golf à l'octogone du MMA.

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