Un an avant qu’elle ne gagne le Tour, une formation française avait recalée Pauline Ferrand-Prévot
Retrouvez MVZ Sports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités sport plus facilement
Avant de porter le maillot de Visma-Lease a Bike et de gagner le Tour de France Femmes, Pauline Ferrand-Prévot aurait pu prendre une tout autre itinéraire, mais FDJ-Suez a choisi de ne pas ouvrir la porte.
L’histoire ressemble à un contresens avec le recul. Après son titre olympique en VTT à Paris 2024, Pauline Ferrand-Prévot voulait revenir sur route avec un projet fort dans le cyclisme. Son profil a alors circulé auprès de plusieurs formations, dont FDJ-Suez.
La formation française n’a pourtant pas donné suite. Pas parce que le palmarès de la Rémoise manquait d’épaisseur. Plutôt parce que son arrivée ne collait pas, selon Stephen Delcourt, à l’équilibre sportif et humain que l’équipe a voulu construire.
FDJ-Suez n’a pas retenu le profil de Pauline Ferrand-Prévot
Stephen Delcourt a expliqué ce choix dans des propositions attribuées à un entretien avec Le Télégramme. Le manager de FDJ-Suez assure avoir « un respect énorme pour Pauline, pour la championne », mais il décrit aussi une différence de fonctionnement entre la coureuse et son groupe.
Sa phrase résume le fond du dossier : « Je ne suis pas sûr que Pauline soit la cycliste pour notre groupe. » Pour une championne de ce niveau, le refus peut surprendre. Mais dans une équipe cycliste, le recrutement ne se limite pas à empiler les noms les plus prestigieux.
Le point central concerne l’intégration. Delcourt estime qu’une star comme Pauline Ferrand-Prévot aurait nécessairement modifié les équilibres internes. « Quand on fait venir une star comme ça, il ya un noyau qui est là et je ne suis pas sûr que Pauline colle à 200 % avec le noyau », explique-t-il.
Le projet sportif a pesé plus lourd que le prestige
Le manager avance aussi un argument sportif. D’après ses propositions, ce que Pauline Ferrand-Prévot recherchait à ce moment-là n’était pas compatible avec la trajectoire de FDJ-Suez. L’équipe française avait déjà une direction, un noyau, une manière de fonctionner.
C’est ici que le cas devient intéressant. Dans un mercato classique, refuser une future vainqueure du Tour de France Femmes peut passer pour une erreur énorme. Mais du point de vue d’un manager, le calcul peut être différent : une championne peut renforcer une efficacité, mais elle peut aussi le réorganiser entièrement autour d’elle.
Exemple concret : si une équipe prépare déjà une leader pour les grands tours, fait monter des équipières autour d’elle et construit son calendrier sur ce plan, l’arrivée d’une autre star impose de revoir les rôles, les priorités et parfois les ambitions individuelles. Le niveau pur ne règle pas tout.
FDJ-Suez a finalement misé sur Demi Vollering, vainqueure du Tour de France Femmes en 2023 et régulièrement placée au plus haut niveau. Stephen Delcourt assume cette ligne : l’équipe veut des coureuses qui correspondent à son identité et à son projet collectif.
Un refus qui se rallume autrement après le Tour
Le choix prend forcément une autre dimension après la réussite de Pauline Ferrand-Prévot. Sous les couleurs de Visma-Lease a Bike, la Française a confirmé qu’elle pouvait redevenir une immense force sur route, après avoir dominé le VTT jusqu’au titre olympique.
Selon les éléments rapportés, elle a ensuite remporté le Tour de France Femmes avec plus de trois minutes d’avance sur Demi Vollering. Ce détail donne du relief à l’histoire : FDJ-Suez avait écarté une coureuse qui allait battre celle autour de laquelle son projet s’était construit.
Stephen Delcourt ne renie pas pour autant son admiration. Il décrit Pauline Ferrand-Prévot comme « la plus belle vainqueure pour notre sport » et insiste sur son impact auprès du public, notamment chez les jeunes qui découvrent le vélo.
Au fond, cette histoire n’est pas seulement celle d’un refus. C’est aussi un rappel brutal de ce qu’est le haut niveau : les meilleures décisions sur le papier ne sont pas toujours les plus simples à intégrer dans un collectif. Et quand la coureuse refusée gagne ensuite le Tour, le choix se transforme forcément en débat.