Cyclisme

« Je ne suis pas au niveau » : Pauline Ferrand-Prévot assume le constat terrible de son Tour

Par Maxime Aulne
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Pauline Ferrand-Prévot n’a pas cherché à maquiller son Tour de France : après une nouvelle journée difficile au Mont Ventoux, la Française a livré un constat dur, mais lucide, sur son niveau actuel.

La phrase claque parce qu’elle ne ressemble pas à une excuse. « Je ne suis pas au niveau tout simplement », a lâché Pauline Ferrand-Prévot après la 7e étape du Tour de France Femmes, figure majeure du cyclisme mondial, au sommet du Mont Ventoux.

Pour une coureuse arrivée avec le numéro 1 dans le dos et l’ambition d’un doublé historique, le contraste est violent. Ferrand-Prévot n’a pas seulement perdu du temps. Elle a surtout reconnu que l’écart avec les meilleures était trop grand sur cette édition.

Son Tour ne se résume pourtant pas à une simple contre-performance. Dans ses mots, il y a aussi une volonté claire : ne pas nier la difficulté, mais ne pas effacer l’effort.

Un Ventoux qui confirme les limites de son Tour

Le Mont Ventoux devait offrir une occasion de relancer quelque chose. D’après les éléments disponibles, Pauline Ferrand-Prévot avait ciblé cette étape pour tenter de sauver son Tour de France.

La réalité de la course a été plus grossière. Rapidement distancée dans les premières rampes du Mont Chauve, le leader de la Visma-Lease a Bike n’a pas pu peser sur la bataille pour la victoire.

Elle a terminé le 18e, en 10’44 de Katarzyna Niewiadoma, présentée comme la gagnante du jour. Pour une titulaire du titre, ce classement raconte déjà beaucoup. Mais la déclaration d’après-cours en dit encore plus.

« Je ne suis pas au niveau tout simplement, il n’y a pas de regret à avoir. J’ai tout donné aujourd’hui », a expliqué la Française au sommet du Ventoux.

Ce n’est pas une phrase anodine dans la bouche d’une championne olympique de VTT en 2024. Elle ferme la porte aux faux débats : ce jour-là, elle n’a pas perdu parce qu’elle aurait calculé, temporisé ou renoncé. Elle estime simplement ne pas avoir eu les jambes pour suivre les meilleures.

Une lucidité rare, mais pas un renoncement

Le plus marquant, c’est le mélange entre sévérité et calme. Ferrand-Prévot ne dramatise pas, mais elle ne se cache pas non plus derrière une formule vague.

Elle a aussi tenu à retenir une part positive de sa montée : « Il y avait pas mal de vent. On avait pour mission de faire la montée à notre allure afin de garder les watts qu’on pouvait garder sur une heure. Je suis contente de ma montée, je n’ai rien lâché. »

La nuance est importante. Sportivement, le résultat reste loin de ses ambitions. Mentalement, elle revendique une montée menée jusqu’au bout, sans exploser dans l’attitude.

Cas concret pour un lecteur qui n’a vu que le classement : une 18e place à plus de dix minutes peut donner l’impression d’un effondrement total. Ses mots racontent plutôt une autre scène, celle d’une coureuse qui accepte d’être battue, mais qui refuse de transformer la journée en abandon moral.

Ce type de discours compte dans un Tour aussi exposé. Pauline Ferrand-Prévot n’est pas une outsider anonyme. Elle porte un statut, un palmarès, une attente. Quand elle dit ne pas être au niveau, la phrase pèse forcément plus lourd.

Un Tour noté, mais déjà tourné vers l’analyse

Le contre-la-montre du milieu de semaine avait déjà fragilisé ses ambitions. Le Ventoux confirme que ce Tour de France n’a pas pris la direction espérée pour la Française.

Arrivée avec l’espoir de signer un doublé historique, elle a rapidement vu ce scénario s’éloigner. La montagne n’a pas inversé la tendance. Elle l’a même rendue plus visible.

Pour autant, Ferrand-Prévot n’a pas donné l’image d’une coureuse qui vend son histoire avec la Grande Boucle. Sa conclusion ouvre déjà la suite : « Le Tour c’est aussi prendre du plaisir mais c’est la vie. Parfois on travaille dur mais ça ne paie pas. On va regarder, analyser et revenir plus forte l’année. »

Cette dernière phrase change légèrement la lecture de son constat. Oui, le bilan immédiat est dur. Oui, elle reconnaît un niveau insuffisant face aux meilleures. Mais elle place aussi cet échec dans un cadre de travail, d’analyse et de retour possible.

À deux jours de l’arrivée annoncée à Nice, son Tour semble déjà avoir livré son enseignement principal : Pauline Ferrand-Prévot n’a pas trouvé les jambes pour défendre son rang, mais elle a choisi de le dire sans détour. Dans le sport de très haut niveau, cette lucidité-là peut parfois être le premier pas vers la réponse suivante.

Auteur

Maxime Aulne

Runner de fond, ex-rédacteur tech chez Clubic. J'aborde le sport avec la vision d'un analyste. Je décortique l'actu et le business sportif sans jamais surjouer. Une plume directe qui analyse tout, de la tactique d'un match à l'économie d'un transfert.

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