Paul Seixas veut gagner le Tour, et Decathlon-CMA CGM tente de résoudre son plus gros problème et « augmente son budget »
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Paul Seixas peut rêver du Tour de France, mais Decathlon-CMA CGM sait que le talent seul ne suffit pas : il lui faut une équipe capable de se sacrifier pour lui, jour après jour.
Le dossier Paul Seixas dépasse déjà le simple mercato. À 19 ans, le Français est présenté comme l’un des grands talents du peloton, avec une quatrième place sur le dernier Tour de France qui a changé son statut. Depuis, une question revient : peut-il gagner la Grande Boucle avec Decathlon-CMA CGM ?
La réponse ne tient pas seulement à son niveau. Elle tient surtout à ce que son équipe peut mettre autour de lui. Car pour viser le Tour, un leader a besoin d’un collectif clair, puissant, discipliné, construit pour encaisser trois semaines de tension. C’est précisément le chantier que Decathlon-CMA CGM tente d’ouvrir avant 2027.
Le vrai problème de Paul Seixas n’est pas son talent, mais son entourage
Paul Seixas porte les regards parce qu’il coche déjà beaucoup de cases : précocité, solidité en montagne, capacité à tenir le général, exposition médiatique. Mais dans le cyclisme moderne, un coureur capable de viser le podium du Tour ne gagne presque jamais seul. Il gagne avec une garde rapprochée.
C’est là que le choix de carrière devient délicat. Rejoignez une armada comme UAE Emirates-XRG peut sembler tentant sur le papier. L’équipe sait gagner, possède une culture de la victoire et dispose d’un effectif hors norme. Mais elle compte déjà Tadej Pogacar et Isaac Del Toro, deux leaders majeurs ou appelés au devenir.
Steve Chainel résume bien le dilemme autour de Seixas : « Si Seixas veut privilégier de gagner le Tour, il a intérêt à rejoindre une autre équipe, avec des équipiers modèles qui ne seront là que pour lui. Clairement, c’est compliqué de l’imaginer avec un statut de leader chez UAE ». La phrase dit beaucoup. Le problème n’est pas seulement de signer dans la meilleure équipe. Le problème est de savoir qui roule pour qui quand la course devient dure.
Sur un Tour de France, ce détail peut tout changer. Imaginons une étape de montagne avec trois cols dans les 70 derniers kilomètres. Si Seixas se retrouve avec un seul équipier avant l’ascension finale pendant qu’une UAE garde encore trois coureurs autour de son leader, il ne perd pas forcément la course sur ses jambes. Il peut perdre sur l’usure, le placement, les relais manquants, la pression répétée.
Decathlon-CMA CGM répond par le recrutement et le budget
Decathlon-CMA CGM semble avoir compris que garder Paul Seixas ne se jouera pas uniquement sur un contrat. Il lui faudra lui montrer un projet sportif crédible. Pas une promesse vague. Un groupe capable de l’aider à viser le Tour de France 2027 dans de meilleures conditions.
La source évoque une hausse du budget liée à l’arrivée de CMA CGM. Steve Chainel y voit le début d’une nouvelle histoire : « Il y a un vrai truc à faire avec cette équipe. On sent qu’ils sont au début d’une nouvelle histoire, l’arrivée de CMA CGM a augmenté le budget. Mais il y a encore beaucoup de travail à faire, notamment sur sa communication. Et le plus dur commencer ».
Le recrutement annoncé va dans ce sens. Pavel Sivakov, Ben O’Connor et Laurens De Plus sont présentés comme trois renforts majeurs pour 2027. Ce ne sont pas des noms décoratifs dans un projet de Grand Tour. Ce sont des profils capables d’apporter de l’expérience, de la densité en montagne et une vraie valeur autour d’un leader.
Le message envoyé à Seixas est assez clair : Decathlon-CMA CGM ne veut pas seulement profiter de son explosion. L’équipe veut bâtir une structure autour de lui. C’est un changement important, parce qu’un jeune leader ne demande pas seulement de la confiance. Il demande des preuves. Des coureurs. Un encadrement. Des choix de calendrier. Une hiérarchie lisible.
L’arrivée de Romain Bardet à la direction du pôle sportif s’inscrit également dans cette logique. Bardet connaît la pression française sur le Tour, les attentes autour d’un leader tricolore et la difficulté de transformer un potentiel immense en résultat sur trois semaines. Pour Seixas, ce type de signal peut peser autant qu’un discours de manager.
Pourquoi le choix le plus brillant n’est pas forcément le plus évident
Le marché peut offrir à Paul Seixas des options très prestigieuses. UAE, Visma-Lease a Bike, Red Bull-Bora-hansgrohe, Netcompany-Ineos ou encore Pinarello-Q36.5 sont citées comme des pistes possibles ou intéressées. La source évoque même une offre potentielle de 13 M€ par et du côté de Pinarello-Q36.5, un chiffre qui demande confirmation avant d’être considéré comme acquis.
Mais le plus gros salaire ou le plus grand nom ne règle pas tout. Pour un coureur qui veut gagner le Tour, la question centrale reste sportive : aura-t-il le statut de leader unique ? Aura-t-il des équipiers capables de sacrifier leurs ambitions ? Aura-t-il une équipe pensée pour lui, pas seulement une place dans un effectif déjà saturé de stars ?
Chez UAE, Steve Chainel estime que la cohabitation resterait possible, grâce au nombre de jours de cours dans la saison et à la capacité de l’équipe à répartir les rôles. C’est vrai sur le calendrier global. Mais le Tour de France n’est pas une course comme les autres. C’est l’endroit où les ambitions se hiérarchisent brutalement.
Pour Decathlon-CMA CGM, l’enjeu est donc simple à formuler et difficile à réussir : convaincre Seixas qu’il n’a pas besoin de partir pour gagner. Cela passe par un budget plus élevé, des renforts solides, une direction sportive crédible et une communication plus forte autour du projet.
Paul Seixas a encore le temps de décider. Mais Decathlon-CMA CGM n’a pas le luxe d’attendre passivement. Si l’équipe française veut garder son joyau, elle doit résoudre son plus gros problème avant les autres : prouver qu’elle peut devenir non pas une équipe qui accompagne Seixas, mais une équipe construite pour le faire gagner.