La Vuelta déjà pliée ? Le parcours offre trop d’ouvertures à Pogačar pour que ses rivaux puissent respirer bien longtemps
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Le danger pour les rivaux de Tadej Pogačar sur la Vuelta 2026 n’est pas seulement son niveau : c’est surtout un parcours qui pourrait lui donner des occasions de frapper presque tous les deux jours.
Sur le papier, rien n’est joué. Une Vuelta reste une course de trois semaines, avec ses pièges, ses coups de moins bien, ses bordures possibles et ses lendemains de haute montagne qui ne pardonnent pas. Mais le tracé évoqué autour de cette édition 2026 donne déjà une impression assez nette : Pogacar n’aura pas nécessairement besoin d’attendre la grande explication finale pour mettre tout le monde sous pression.
Après son cinquième sacre sur le Tour de France, le Slovène est annoncé au départ du Tour d’Espagne, prévu du 22 août au 13 septembre. L’objectif est immense : ajouter la Vuelta à son palmarès et rejoindre le cercle très fermé des coureurs vainqueurs des trois grands tours dans l’histoire du cyclisme. Dans cette quête, le parcours pourrait devenir son meilleur allié.
Un départ qui peut lancer Pogacar beaucoup trop vite
Le premier signal vient du début de course. L’étape inaugurale, un contre-la-montre court d’environ neuf kilomètres dans les rues de Monaco, ne semble pas nécessairement dessinée pour associer la Vuelta. Sur un effort également spécifique, les spécialistes du chrono peuvent limiter l’impact.
Mais la suite change vite la lecture. La deuxième étape, avec une montée finale vers Manosque, ressemble déjà à un terrain où Pogacar peut transformer une journée encore précoce en message au peloton. Pas besoin d’un raid de cinquante kilomètres. Une accélération sèche, quelques secondes prises, une bonification éventuelle, et la course peut basculer psychologiquement.
Le vrai problème pour ses adversaires, c’est l’enchaînement. La troisième étape vers Font-Romeu, en moyenne montagne, puis une quatrième journée annoncée en Andorre, offrent un début de Vuelta très exposé. Pour un grimpeur-puncheur aussi explosif, ce n’est pas un simple échauffement. C’est déjà une zone de tri.
Cas concret : si un rival concède une dizaine de secondes vers Manosque, puis doit encaisser Font-Romeu et l’Andorre dans la foulée, il ne court plus seulement contre Pogacar. Il court contre le scénario. Il doit rester calme, éviter de répondre trop tôt, mais ne pas laisser filer un maillot rouge qui peut devenir très lourd à reprendre.
Le parcours multiplie les petites fenêtres, et c’est exactement son terrain
L’analyse rapportée autour du tracé évoque jusqu’à 12 étapes pouvant convenir à Pogacar sur les 21 jours de course. Le chiffre est à manière avec prudence, car une étape favorable ne signifie pas une victoire automatique. Mais il raconte quelque chose d’important : cette Vuelta ne semble pas offrir beaucoup de journées où ses rivaux pourraient respirer tranquillement.
C’est là que le parcours devient un facteur X. Pogačar n’a pas besoin de gagner douze fois. Même sept victoires, hypothèse citée dans l’analyse source, suffiraient à construire une domination presque impossible à contrôler si elles s’accompagnent d’écarts réguliers. Et même sans victoire, chaque arrivée nerveuse, chaque montée finale, chaque étape vallonnée peut l’autoriser à gratter du temps.
Pour Primož Roglič, Mattias Skjelmose, Ben Tulett, Felix Gall ou les autres prétendants cités, l’équation devient donc très inconfortable. Attaquer trop tôt peut ouvrir la porte à un contre de Pogacar. Attendre trop longtemps peut lui laisser le temps d’empiler les secondes. Sur ce type de tracé, la défense passive peut coûter cher.
La comparaison avec 2019 accentue encore ce contraste. Cette année-là, Pogacar avait terminé troisième de la Vuelta, derrière Roglič et Alejandro Valverde. Sept ans plus tard, le statut n’a plus rien à voir. Il n’arrive plus comme une menace en construction, mais comme le coureur que tout le monde doit surveiller en premier.
Une Vuelta pas gagnée d’avance, mais déjà difficile à verrouiller
Dire que la Vuelta est pliée serait aller trop loin. Trois semaines en Espagne peuvent user n’importe quel favori, surtout avec un départ intense et une pression permanente. La forme du moment, l’équipe alignée, la récupération après le Tour de France et les conditions de course pèseront autant que le profil des étapes.
Mais le danger est clair : si Pogacar prend le maillot rouge très tôt, ses adversaires courront une Vuelta de réaction. Et face à un coureur capable de gagner sur plusieurs terrains, ce rôle est souvent le plus ingrat. Chaque journée devient une question : faut-il l’attaquer, l’isoler, le laisser contrôler, ou simplement survivre jusqu’au prochain massif ?
Le tracé décrit donne surtout peu de marge aux équipes qui voudraient temporiser. Un départ nerveux, des arrivées qui peuvent aux puncheurs, de la montagne précoce, puis un fil rouge jusqu’à Grenade : c’est le genre de séquence où Pogacar peut installer sa domination sans avoir besoin d’un seul coup de force spectaculaire.
La Vuelta 2026 n’est donc pas écrite. Mais si le parcours confirme ces ouvertures, les rivaux de Pogacar risquent de passer beaucoup de temps à courir derrière une course qui leur échappe déjà par petits morceaux.