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À quelques semaines de ses 40 ans, Lavillenie gagne encore en passant 5,80 m et son prochain défi peut encore marquer l’histoire de la perche

Par Maxime Aulne
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Renaud Lavillenie a encore envoyé un signal fort à la perche : à 39 ans, son 5,80 m réussi à Aoste donne du poids à son prochain défi contre le record vétéran.

La barre ne raconte pas tout, mais celle-là tombe au bon moment. Au meeting d’Aoste, en Italie, Renaud Lavillenie a remporté le concours de saut à la perche avec 5,80 m, sa meilleure performance de la saison.

Le champion olympique 2012 a devancé l’Ukrainien Oleksandr Onufriyev. Surtout, il a replacé son nom à une hauteur qui change la lecture de sa fin d’été : le Français approche de ses 40 ans avec une marge réelle sur le record du monde vétéran des 40-45 ans, annoncé à 5,71 m.

Ce n’est pas un record déjà battu. C’est une preuve. Et dans une discipline aussi technique que la perche, une preuve à 5,80 m pèse lourd.

À Aoste, Lavillenie ne gagne pas seulement un concours

La victoire italienne a une valeur sportive simple : Lavillenie a gagné. À 39 ans, après une carrière immense et des saisons moins linéaires, il reste capable de battre un plateau international et de franchir une barre de référence.

Le chiffre compte parce qu’il n’est pas anodin dans son histoire. D’après les éléments disponibles, Lavillenie avait passé 5,80 m pour la première fois en plein air il y a 17 ans, à Forbach. Revenir à cette hauteur aujourd’hui donne une autre couleur à la performance.

Ce n’est pas le Lavillenie recordman du monde absolu que l’on juge ici. C’est l’athlète qui continue d’exister à très haut niveau dans un concours où l’élan, la vitesse, le placement et la confiance doivent encore s’aligner au centimètre.

Le contexte ajouté par La Montagne va dans le même sens : le perchiste clermontois n’aurait plus franchi une barre à 5,80 m depuis plus d’un an, avec une référence à Chorzow en août 2025, puis à 5,82 m quelques jours plus tard. Ce point demande une vérification directe

Pourquoi le record vétéran devient soudain beaucoup plus concret

Le prochain rendez-vous annoncé donne tout son relief à ce 5,80 m. Lavillenie doit tenter de battre le record du monde vétéran dans la catégorie 40-45 ans le 18 septembre, le jour de ses 40 ans, au stade Philippe-Marcombes de Clermont-Ferrand, dans son club du Clermont Athlétisme Auvergne.

La marque à viser est donnée à 5,71 m. Sur le papier, le raisonnement est brutal : un athlète qui passe 5,80 m quelques semaines avant une tentative possède neuf centimètres de marge sur la hauteur du record vétéran. Mais la perche ne se résume jamais à une soustraction.

Un concours dépend de la météo, de la forme du jour, du choix des perches, de la course d’élan, de la fraîcheur et du mental. C’est justement pour cela que la performance d’Aoste compte : elle ne garantit rien, mais elle prouve que la hauteur est dans ses jambes et dans ses repères techniques.

Cas concret pour le lecteur : si Lavillenie arrive à Clermont-Ferrand avec les mêmes sensations qu’à Aoste, il ne devra pas réaliser une performance exceptionnelle par rapport à son niveau du moment. Il devra convertir, le bon jour, une barre inférieure à celle qu’il vient de franchir. C’est une nuance énorme.

Elle explique pourquoi ce défi peut dépasser le simple cadre statistique. Pour un champion olympique, triple champion du monde en salle en 2012, 2016 et 2018, réussir ce record chez lui ajouterait une ligne très symbolique à une carrière déjà pleine.

Une longévité rare, mais encore soumise au concours du jour

Lavillenie n’a plus besoin de prouver qu’il a marqué l’histoire de la perche française. Ce que cette séquence raconte, c’est autre chose : sa capacité à rester compétitif assez longtemps pour transformer une catégorie vétéran en vrai événement sportif.

À presque 40 ans, passer 5,80 m n’est pas une performance décorative. C’est une hauteur qui oblige à regarder la tentative du 18 septembre avec sérieux. Elle place aussi la pression au bon endroit : non pas sur la nostalgie, mais sur la capacité à reproduire un saut propre dans un cadre précis.

Le lieu ajoute une couche à l’histoire. Clermont-Ferrand, son club, son public, une date calée sur son anniversaire : tous les éléments sont réunis pour faire de la tentative un moment fort. Mais la barre ne tombera pas parce que le scénario est beau. Elle tombera seulement si le concours est maîtrisé.

C’est ce qui rend la suite intéressante. Lavillenie ne se présente pas avec un simple statut d’ancienne légende. Il arrive avec une performance récente, mesurable, supérieure au record visé. À Aoste, il a donc fait plus que gagner : il a donné une raison sportive de croire que son prochain défi peut encore compter dans l’histoire de la perche.

Auteur

Maxime Aulne

Journaliste sportif, fondateur de MVZ Sports et directeur de la publication. Je couvre le cyclisme, le rugby et l'économie du sport, et je réponds de ce qui est publié sur le site.

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