Battu par Del Toro, Seixas sait exactement ce qui lui a manqué dans le sprint final
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Paul Seixas n’a pas perdu le Grand Prix de Montréal sur un simple déficit de vitesse : Isaac Del Toro a exploité une seconde d’hésitation, au moment précis où le Français cherchait son repère pour lancer son sprint.
Le 13 septembre 2026, Seixas a terminé deuxième derrière le Mexicain après avoir joué la victoire avec lui dans les derniers kilomètres. Cette défaite lui a laissé un diagnostic précis avant les Mondiaux : mieux lire le final, éviter toute rupture d’attention et continuer à développer son punch.
Le panneau des 200 mètres que Seixas n’a jamais vu
Paul Seixas avait construit son sprint autour d’un repère clair. Il voulait attendre les 200 derniers mètres avant de produire son effort. Le panneau recherché n’est pourtant jamais apparu dans son champ de vision : il distinguait ceux des 300 et des 100 mètres, mais pas celui qui devait déclencher son attaque.
Isaac Del Toro a immédiatement profité de cette hésitation. Le coureur d‘UAE Emirates-XRG a lancé son sprint pendant que la pépite du cyclisme français cherchait encore à se situer. Le Français n’a ensuite pas pu combler l’écart.
« J’ai fait une erreur de débutant », a reconnu Seixas après l’arrivée. Il a également parlé d’une « erreur de cadet », avant de saluer la lecture de course de son adversaire : « Il m’a surpris, il a bien joué, il a vu mon moment d’inattention. »
Le manque identifié ne se limite donc pas à la puissance pure. Seixas devait rester au contact des mouvements de Del Toro tout en préparant son propre lancement. Son hésitation a offert l’initiative au Mexicain, face à un coureur capable de transformer une faute de placement en victoire.
Le punch compte, mais Seixas ne peut pas modifier sa préparation en urgence
Seixas a également ciblé son punch. « C’est un très bon exercice pour moi de travailler mon punch. C’est là où je dois progresser », at-il expliqué en conférence de presse. Cette marge de progression ne pourra cependant pas être comblée par une succession de séances de sprint avant les Mondiaux.
Le Français doit d’abord préparer le contre-la-montre du 20 septembre, où Remco Evenepoel et Filippo Ganna figurent parmi les adversaires annoncés. Le cours en ligne suivra le 27 septembre. Ce calendrier laisse trop peu de temps pour transformer profondément ses qualités explosives.
Son travail de fin de saison s’oriente déjà vers les efforts courts et la VO2, avec une partie moins importante consacrée au seuil. Cette base avait été préparée durant l’hiver pour les Ardennaises. Avant la Flèche Wallonne, remportée le 22 avril dans le mur de Huy, Seixas avait répété des efforts proches de trois minutes, parfois sans récupération complète entre deux répétitions.
Jean-Baptiste Quiclet, directeur de la performance de Decathlon-CMA CGM, avait alors insisté sur sa résistance après plus de 200 kilomètres. Cette qualité prendra du poids sur un parcours mondial annoncé longue de 273,3 kilomètres. Le sprint final dépendra autant de la fraîcheur conservée que de l’explosivité immédiate.
La défaite dessine déjà le prochain duel avec Del Toro
Le résultat de Montréal donne à Seixas un scénario de référence. S’il arrive de nouveau avec Del Toro dans un groupe réduit, il devra surveiller le premier mouvement plutôt que d’attendre un repère unique sur la route. Son placement et sa capacité à anticiper le lancement adverse seront aussi importants que son punch.
Le niveau de Del Toro renforce la portée de cette leçon. Le Soir rapportait le 6 août 2026 qu’après un podium sur le Tour de France, le Mexicain avait prolongé son contrat avec UAE Emirates-XRG jusqu’en 2031. Seixas s’est donc incliné face à un rival déjà installé parmi les coureurs majeurs de sa génération.
Le Français ne part pas de zéro. Sa victoire dans le mur de Huy a montré sa capacité à produire un effort violent après une course exigeante. Montréal a isolé une faiblesse différente : la gestion tactique des toutes dernières secondes lorsque deux coureurs disposent encore d’assez de force pour se disputer la victoire.
Seixas sait désormais ce qui lui a manqué : un lancement mieux anticipé, une attention constante et davantage de maîtrise dans un sprint à deux. Il ne pourra pas reconstruire son entraînement avant les Mondiaux, mais il peut corriger sa lecture du final. Face à Del Toro, cette seconde gagnée dans la prise de décision peut peser autant qu’une progression physique.