La FIFA confirme des « courtoisies portuaires » accordées à Infantino et à sa famille
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La FIFA reconnaît l’existence de « courtoisies portuaires » accordées à la famille de Gianni Infantino à l’aéroport de Miami, mais cette confirmation partielle ne fait qu’alimenter le soupçon d’un usage privé des ressources de l’instance.
Le président de la FIFA est accusé d’avoir fait bénéficier de son épouse et de ses filles d’un traitement VIP à l’aéroport international de Miami, y compris lorsqu’elles voyageaient sans lui.
Selon des documents consultés par le New York Post, sa famille aurait profité de ces services à 125 reprises depuis janvier 2024. Deux experts en gouvernance sportive y voient un possible abus de pouvoir.
Ce que la FIFA confirme, et ce qu’elle laisse en suspens
La FIFA a reconnu avoir formulé des demandes de « courtoisies portuaires » à l’aéroport de Miami, sur les conseils d’un ancien conseiller du président. Un porte-parole de l’instance précisant que ces services étaient accordés gratuitement à Gianni Infantino en raison de ses fonctions.
Les membres de sa famille pourront également en bénéficier, à la discrétion de l’aéroport. Le règlement ne dit toutefois pas clairement si les proches, et les animaux de compagnie, peuvent profiter de ces privilèges.
Ce flou s’ajoute à un contexte déjà lourd. La FIFA a pris en charge près de 3,6 millions d’euros d’impôts pour son président. Et en huit ans, sa rémunération annuelle est passée de 1,28 à 5,27 millions d’euros.
125 passages VIP, dont 63 sans le président
Sur les 95 entrées recensées dans les registres, 63 ne mentionnent pas la présence du président de la FIFA. La famille a donc, le plus souvent, profité du traitement de faveur sans lui.
Parmi les demandes formulées par la FIFA figure un accueil « tapis rouge » pour les filles du dirigeant lors d’un voyage à Doha, avec leurs chiens. Ces prestations, normalement réservées à des personnalités importantes, permettent un passage accéléré à l’enregistrement et un accompagnement jusqu’à l’avion.
Le code d’éthique de la FIFA interdit pourtant à ses responsables d’utiliser leur fonction « à des fins ou pour des gains privés ». Antoine Duval, chercheur en droit du sport à l’Institut TMC Asser, estime que les faits pourraient constituer un abus de pouvoir. Arnout Geeraert, spécialiste de la gouvernance à l’université d’Utrecht, évoque lui un « abus de fonction, un abus de pouvoir ».
Une polémique qui s’invite avant un nouveau mandat
La controverse a pris une ampleur particulière pendant la Coupe du monde de football organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique. La famille Infantino a enregistré 15 passages « VIP » en 39 jours, sans que le président n’apparaisse dans les registres.
Ces révélations tombent alors que Gianni Infantino brigue un nouveau mandat de quatre ans, en mars prochain. Les deux experts réunis doutent que l’instance ouvre une enquête sérieuse sur son dirigeant.