« On est sur le toit du monde » : Delrue et Gicquel signent le titre mixte que le badminton français attendait
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Delphine Delrue et Thom Gicquel ont offert au badminton français un titre mondial de double mixte qui dépasse largement le simple résultat sportif.
La phrase de Thom Gicquel résume mieux que n’importe quel score le poids de ce moment : « On est sur le toit du monde ». À New Delhi, le Français et Delphine Delrue ont décroché le titre mondial en double mixte, avec une émotion à la hauteur de ce que le badminton tricolore attendait depuis des années.
Ce sacre ne raconte pas seulement une finale gagnée. Il raconte aussi un cap franchi face aux références chinoises, avec une paire française capable de tenir son plan, sa tension et son ambition jusqu’au bout.
Un titre mondial qui change la place du badminton français
Dans les propos rapportés par L’Équipe, Thom Gicquel parle d’un moment « assez extraordinaire » et d’émotions difficiles à expliquer. La formule est simple, mais elle dit l’essentiel : ce titre place Delrue et Gicquel au sommet d’une discipline où la France cherchait encore son grand repère mondial.
La portée historique vient aussi de la nature du résultat. Le duo est présenté comme offrant au badminton français sa première médaille mondiale. Pour un sport souvent moins exposé que le tennis, le rugby ou le football, ce type de performance agit comme un signal fort.
Le détail qui compte, c’est le niveau des adversaires battus. Gicquel souligne que les Français ont battu les numéros 1 et 2 chinois. Dans le badminton mondial, battre la Chine sur les grands rendez-vous n’a rien d’anodin : cela donne une vraie épaisseur sportive au titre, au-delà de l’émotion.
Le plan Delrue-Gicquel : oser imposer leur jeu
Delphine Delrue a livré une clé tactique très claire. Avant le match, les Français avaient parlé de leur difficulté à jouer contre les très grands joueurs. Cette fois, l’idée était de ne pas subir : aller à fond, empêcher la Chinoise de prendre le filet et permettre à Gicquel d’être prêt sur les pushes et le jeu tendu.
Ce n’est pas une victoire sortie de nulle part. C’est une victoire construite sur un plan précis, exécuté pendant environ 1h20. Delrue le dit elle-même : réussir à faire aussi bien leur jeu sur une telle durée ne leur arrive pas si souvent.
Cas concret : pour un jeune joueur de club qui regarde ce match, la leçon est lisible. En double mixte, la puissance ne suffit pas. La bataille se joue aussi sur la première prise d’avantage au filet, la capacité à fermer les angles et la lucidité pour tenir le même schéma quand l’échange devient tendu.
La Marseillaise, la famille et le poids d’une journée rare
Le sacre a aussi une dimension intime. Gicquel raconte avoir pensé à sa famille et à sa fiancée pendant la Marseillaise. Il explique qu’elle lui avait dit qu’il serait champion du monde, une phrase inhabituelle venant d’elle, au point de renforcer sa conviction avant la finale.
Cette scène donne une autre couleur au titre. Elle sort le badminton de la seule lecture technique pour le ramener à ce qu’un titre mondial provoque vraiment : un mélange de fierté, de fatigue, de soulagement et de souvenirs personnels qui remontent au moment de l’hymne.
Delrue, elle, replace aussi cette victoire dans un mouvement français plus large. Elle évoque Alex Lanier, attendu derrière eux, et cette envie de gagner en premier. Même si ce point demande une vérification indépendante pour être pleinement contextualisé, il montre l’état d’esprit d’une équipe de France qui ne regarde plus seulement les grandes nations de loin.
Pour Delrue et Gicquel, le titre mondial en double mixte devient donc plus qu’une ligne de palmarès. C’est un repère. Un match que le badminton français pourra ressortir quand il faudra expliquer qu’à New Delhi, une paire tricolore a cessé de courir après l’histoire pour l’écrire.