Quatorze points d’avance, puis le trou d’air : comment les Bleues ont perdu le fil face aux États-Unis
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Les Bleues ont mené de 14 points et fait vaciller Team USA pendant un mi-temps, avant qu’une chute brutale de leur adresse et la puissance américaine au rebond ne transforment la finale en défaite 97-79.
Au 31-17 dans le deuxième quart-temps, la France avait installé le scénario rêvé. Sa défense fermait les accès au panier, les tirs extérieurs entraient et les Américains ne parvenaient pas à imposer leur rythme.
La finale a pourtant changé de visage en quelques séquences. Revenu à deux points à la pause, Team USA a ensuite remporté le troisième quart-temps 30-12. L’avance française n’a pas simplement fondu : tous les équilibres qui l’avaient rendu possible ont disparu.
Une avance de 14 points construits par la défense et l’adresse
Le premier basculement du match a d’abord été français. Les Bleues ont infligé un 21-2 aux États-Unis à cheval sur les deux premiers quarts, avec un tir à trois points de Gabby Williams pour porter l’écart à 31-17.
Cette avance reposait sur deux leviers. La défense française empêchait Team USA de jouer vite, tandis que l’attaque recevait des tirs ouverts sans perdre son mouvement. À la pause, la France avait réussi 8 de ses 14 tentatives derrière l’arc.
Gabby Williams avait inscrit 16 points avant le retour aux vestiaires. Sa capacité à créer un tir ou à sanctionner une défense en retard donné du souffle à chaque possession française.
Les Américaines ont néanmoins absorbé ce temps fort sans laisser l’écart s’installer davantage. Chelsea Gray, Kahleah Copper, Jackie Young et Breanna Stewart ont progressivement élevé leur agressivité. Un tir à trois points de Caitlin Clark a ramené Team USA à 45-43 à la pause.
Les deux points d’avance préservaient toutes les chances françaises, mais la dynamique avait déjà changé. Les États-Unis avaient effacé douze points de retard avant même le début de la seconde période.
Le rebond et les pertes de balle ont précipité le trou d’air
Le troisième quart-temps a exposé l’écart physique entre les deux équipes. Team USA a dominé le rebond 38 à 25 sur l’ensemble de la rencontre. Breanna Stewart a capté 10 ballons, dont 5 offensifs, et plus de ses 22 points à 7 tirs réussis sur 10.
Ces secondes chances ont empêché la France de relancer son jeu de transition. Sans rebond défensif, les Bleues devaient attaquer face à une défense américaine remplacée. Les passes sont devenues plus difficiles et les duels ont tourné en faveur des champions en titre.
La baisse d’adresse a amplifié le problème. Après leur 8 sur 14 à trois points en première période, les Françaises n’ont réussi que 3 de leurs 10 tentatives suivantes. Leur meilleur levier offensif avait perdu son efficacité au moment où Team USA accélérait.
Le score était encore de 62-55 dans la 29e minute. Trois pertes de balle consécutives ont alors été immédiatement sanctionnées. La dernière séquence, marquée par deux fautes antisportives sifflées contre Dominique Malonga et Marine Johannès sur une pénétration de Kahleah Copper, a permis aux Américaines de terminer le quart à 71-54.
Ce passage reprend le trou d’air français : moins de rebonds, plus de ballons rendus et aucune possibilité de ralentir l’enchaînement américain. Team USA a gagné cette période 30-12, soit les 18 points qui séparent les deux équipes au score final.
Cette domination s’inscrit dans une continuité historique. Ouest-France rappelait avant la finale que la dernière défaite olympique des Américaines remontait à 1992. Les États-Unis ont désormais remporté cinq Coupes du monde consécutives.
Une lourde défaite, mais une médaille qui compte pour les Bleues
La France a continué de reculer jusqu’à 59-86 dans le quatrième quart-temps, avant de réduire légèrement l’écart. Dominique Malonga a terminé avec 21 points et 6 rebonds. Jackie Young a inscrit 18 points, tandis que Kahleah Copper a ajouté 15 et Chelsea Gray 12.
Marine Johannès a connu sa soirée la plus difficile du tournoi avec 5 points, un tir primé réussi sur six et cinq pertes de balle. Le contraste est marqué avec sa production précédente : Basket USA relevait avant la finale qu’elle tournait à 16,5 points de moyenne, tandis que Janelle Salaün en inscrivait 11,5.
Le score de 97-79 ne doit pas effacer le parcours français. Cette médaille d’argent est seulement la deuxième médaille mondiale remportée par les Bleues, après celle de 1953. Elle prolonge aussi l’argent obtenu contre les mêmes Américaines lors de la finale olympique de Paris, perdue 67-66 deux ans plus tôt.
Cette finale olympique appartenait aux Jeux réunissant 206 nations, chiffre rappelé par TF1 Info dans une comparaison publiée en 2026. Le nouveau duel de Berlin confirme que la France est revenue au contact de Team USA sur les deux plus grandes scènes internationales, même si elle n’a pas encore réussi à la faire tomber.
La prochaine fenêtre annoncée mène vers Los Angeles 2028. Pour accéder au tournoi de qualification olympique, les Bleues devront d’abord terminer parmi les six premières équipes du prochain Euro, prévu en 2027.
Le chantier est identifiable : maintenir l’intensité défensive sans dépendre d’une adresse extérieure exceptionnelle, sécuriser le rebond et conserver les possessions propres lorsque Team USA augmente le rythme. Pendant un mi-temps, la France a montré qu’elle pouvait déplacer le rapport de force. Le troisième quart-temps a montré ce qu’il lui reste à maîtriser pour le renverser jusqu’au bout.