Cyclisme

« Exceptionnel » : Le jour où Marion Rousse devait choisir entre Alaphilippe et Pinot, sa réponse en a fait un moment marquant du Tour

Par Gilles
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Quand Marion Rousse doit choisir entre Julian Alaphilippe et Thibaut Pinot sur le Tour 2019, sa réponse raconte surtout pourquoi cette journée reste si forte dans la mémoire du cyclisme français.


La question semble simple. Alaphilippe ou Pinot ? Une attaque, une roue prise au bon moment, quelques relais, puis un souvenir qui dépasse le classement du jour.

Marion Rousse n’a justement pas voulu trancher. Interrogée sur la 8e étape du Tour de France 2019 entre Mâcon et Saint-Étienne, la consultante et directrice du Tour de France Femmes a remplacé les deux coureurs dans le même tableau. Pas l’un contre l’autre. L’un avec l’autre.

Et c’est là que sa réponse prend du poids. Parce que ce Tour 2019 n’a pas seulement été une affaire de maillot jaune ou de favoris. Il a également été porté par deux récits français très différents, mais capables de se croiser dans une même journée.

Marion Rousse refuse de séparer Alaphilippe et Pinot

Dans une séquence de questions-réponses accordées au Journal de Saône-et-Loire le 6 août, Marion Rousse a été invitée à revenir sur cette fameuse 8e étape. Le décor est connu : Julian Alaphilippe attaque pour aller chercher des secondes de bonification et reprendre le maillot jaune.

Thibaut Pinot est le seul à pouvoir suivre. Il prend la roue, accompagne le mouvement, puis participe à l’effort. Dans une lecture froide de la course, on pourrait y voir deux intérêts différents. Alaphilippe veut récupérer du temps. Le pinot se remplace aussi dans la dynamique générale.

Mais Marion Rousse n’a pas répondu comme ça. Elle a préféré refuser le choix binaire : « En fait, on ne va pas les dissocier puisqu’il ya eu les deux le même jour. Donc c’était vraiment un contexte hyper particulier. Je me souviens très bien de l’avoir commentée, cette étape. »

Cette phrase change la lecture de la scène. Elle ne transforme pas Pinot en simple soutien d’Alaphilippe, ni Alaphilippe en seul héros du jour. Elle remet les deux au centre du même instant, avec ce que chacun apporte à l’image finale.

Pourquoi cette étape résume si bien le Tour 2019

Le Tour 2019 a laissé une trace particulière, parce qu’il a longtemps donné aux supporters français une impression rare : celle que plusieurs histoires fortes pouvaient avancer en même temps.

Alaphilippe portait l’élan, le panache, le maillot jaune et cette façon d’attaquer qui donne l’impression que la course peut basculer à tout moment. Pinot, lui, incarnait une autre attente. Plus profond, plus fragile aussi, avec l’idée qu’un coureur français pouvait peser très haut dans la bataille du général.

La 8e étape entre Mâcon et Saint-Étienne tient précisément dans cette tension. Alaphilippe attaque. Costume Pinot. Le premier récupère son objectif du jour. La seconde montre qu’il est dans le bon tempo, assez fort pour répondre quand la course s’ouvre.

Marion Rousse la formule avec une image très nette : « Je me souviens très bien voir Julian attaquer, et seul Thibaut pouvoir prendre la roue de Julian. C’était exceptionnel. Donc j’ai envie de dire que l’un ne va pas sans l’autre. »

Pour un lecteur qui revoit cette étape aujourd’hui, le cas concret est simple : si l’on ne regarde que le résultat immédiat, on retient surtout Alaphilippe et le maillot jaune. Si l’on regarde la scène entière, on comprend pourquoi le Pinot compte autant dans le souvenir. Sans sa présence dans la roue, l’attaque n’a pas tout à fait la même intensité.

Une réponse qui évite le faux duel

Le piège aurait été de transformer cette question en duel nostalgique : qui a le plus marqué le Tour 2019 ? Qui a offert la plus belle émotion ? Qui mérite le souvenir principal ?

Marion Rousse esquive ce piège. Sa réponse est forte parce qu’elle refuse de choisir là où le public aimerait parfois classer, hiérarchiser, opposer. Dans cette étape, Alaphilippe et Pinot fonctionnent presque comme deux pôles d’une même histoire.

La suite du Tour donnera encore plus de relief à cette lecture. Une semaine plus tard, les deux hommes se retrouvent dans le décor du Tourmalet, autre sommet émotionnel de cette édition. Puis la trajectoire de Pinot s’arrête brutalement lors de la 19e étape, après une blessure à la cuisse, alors qu’il était encore associé aux grandes attentes de ce cours.

Alaphilippe, lui, sortira de cette édition avec quatorze jours en jaune, deux victoires d’étape et le titre honorifique de Super-combatatif. Des chiffres qui disent beaucoup, mais qui ne suffisent pas à reprendre l’impact populaire de son Tour.

C’est sans doute pour cela que la réponse de Marion Rousse fonctionne encore. Elle ne cherche pas le nom le plus simple à retenir. Elle rappelle qu’un grand moment de cyclisme se construit souvent à plusieurs, même quand un seul coureur passe en pleine lumière.

Dans le souvenir de cette 8e étape, Alaphilippe attaque. Pinot répond. Et Marion Rousse, des années plus tard, refuse de couper l’image en deux. C’est peut-être la meilleure manière de raconter ce que le Tour 2019 avait de si particulier.





Auteur

Gilles

Golfeur (index 12) nourri aux sports de combat et à la tactique. J'aborde l'actu sportive avec flegme. Je décortique la performance et la stratégie sans jamais forcer. Une plume relax qui analyse tout le secteur du sport, du green de golf à l'octogone du MMA.

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