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« J’étais aussi là pour faire des erreurs » : Del Toro a trouvé la faille de Paul Seixas, mais cette défaite pourrait lui servir aux Mondiaux

Par Maxime Aulne
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Isaac Del Toro a profité d’un instant d’hésitation pour battre Paul Seixas à Montréal, mais cette erreur offre au Français un test particulièrement instructif avant de retrouver le même parcours aux Mondiaux.

Paul Seixas avait les jambes pour jouer la victoire. Il avait également réussi à isoler l’un des coureurs les plus dangereux de la course. Le résultat s’est pourtant décidé sur un détail : au moment de préparer son sprint, le jeune espoir du cyclisme français cherchait le panneau des 200 mètres.

Isaac Del Toro n’a pas été attendu. Le Mexicain a détecté cette hésitation, lancé son effort et condamné Seixas à la deuxième place. Une défaite frustrante, mais riche en informations à deux semaines du prochain objectif du Français.

Del Toro a exploité la seule hésitation de Seixas

Paul Seixas n’a pas cherché d’excuse après l’arrivée. Il a parlé d’une « erreur de débutant », puis d’une « erreur de cadet ». Son plan consistait à démarrer aux 200 mètres, mais l’absence de repère visuel clair l’a laissé dans l’attente entre les panneaux des 300 et des 100 mètres.

Face à Isaac Del Toro, ce flottement ne pouvait pas rester impuni. Seixas a lui-reconnu que son adversaire même savait très bien lire la course. Le Mexicain a compris que le Français n’était pas encore prêt à lancer son sprint et à pris l’initiative.

La faille trouvée par Del Toro était donc précise : un manque de vigilance et d’automatismes dans les derniers hectomètres. Elle ne remet pas en cause la force affichée par Seixas auparavant. Le Français avait placé une attaque tranchante dans la finale, avant de payer cet effort au sommet de la bosse.

Del Toro avait d’ailleurs dû revenir sur lui après cette offensive déclenchée à 11 kilomètres de l’arrivée, un élément rapporté par Sud Ouest . Seixas avait créé les conditions d’un duel pour la victoire. Il lui a manqué la maîtrise du dernier mouvement.

Une répétition grandeur nature sur le parcours des Mondiaux

Cette deuxième place prend une autre dimension parce que les Mondiaux doivent se disputer deux semaines plus tard sur le même circuit canadien. Seixas a pu mesurer ses qualités sur les difficultés de Montréal, mais aussi identifier ce qui lui manque encore pour conclure.

Le premier chantier concerne son punch. Le Français a expliqué vouloir progresser dans ce registre. Son attaque lui a permis de sortir du groupe, mais l’effort nécessaire pour faire l’écart l’a laissé à la limite au sommet de la bosse. Il n’a pas pu relancer aussi efficacement qu’il l’aurait souhaité.

Le deuxième enseignement touche à la gestion tactique. Seixas s’est retrouvé esseulé et a dû produire une très grosse accélération. Dans le sprint, il a ensuite attendu un repère au lieu de surveiller exclusivement Del Toro. Les Mondiaux lui offriront une autre configuration, avec une équipe de France qu’il espère capable de durcir la course et de le placer dans ses efforts préférés.

La défaite fournit ainsi deux corrections concrètes : mieux doser l’attaque décisive et ne plus laisser l’adversaire choisir le moment du sprint. Montréal lui a permis de commettre ces erreurs sans affecter son objectif principal.

Seixas repart battu, mais avec des réponses

Le résultat confirme d’abord sa condition. Seixas assure avoir les jambes pour jouer la victoire après un travail engagé depuis le mois d’août. Il estime également que le circuit correspond bien à ses qualités, ce que son attaque et sa deuxième place tend à confirmer.

Il reste aussi une part d’inconnu. Le Français a expliqué ne pas avoir voulu dévoiler toutes ses cartes avant les Mondiaux. Cette prudence ne garantit aucun résultat, mais elle montre que Montréal ne constitue pas uniquement une course à gagner : le rendez-vous servirait aussi à tester des efforts, des placements et plusieurs options tactiques.

La précocité de Seixas renforce la portée de cette expérience. Né le 24 septembre 2006 à Lyon, comme le précise sa fiche officielle chez Decathlon CMA CGM , le Français dispose encore de peu de références à ce niveau face à des adversaires capables de sanctionner la moindre hésitation.

Del Toro a remporté leur duel parce qu’il a mieux lu les dernières secondes. Seixas, lui, quitte Montréal avec la certitude que le parcours lui convient, une erreur clairement identifiée et deux semaines pour la corriger. Sa défaite peut devenir utile si, aux Mondiaux, il transforme cette leçon en réflexe au moment décisif.





Auteur

Maxime Aulne

Journaliste sportif, fondateur de MVZ Sports et directeur de la publication. Je couvre le cyclisme, le rugby et l'économie du sport, et je réponds de ce qui est publié sur le site.

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