Paul Seixas « me rappelle Tadej » : derrière la comparaison, Sivakov décrit surtout la même aura de leader que le Slovène
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En rapprochant Paul Seixas de Tadej Pogacar, Pavel Sivakov ne parle pas uniquement de puissance : il décrit deux coureurs capables d’imposer leur autorité sur le vélo tout en restant étonnamment détachés lorsqu’ils en descendent.
La formule frappe immédiatement. À l’entraînement, Seixas « nous broie », raconte Sivakov avant le cours en ligne des championnats du monde à Montréal. Mais la comparaison avec Pogacar prend surtout son sens dans les phrases qui suivent, lorsque l’équipier français évoque une aura de leader, une confiance visible et une manière de ne pas gaspiller d’énergie mentale.
Une supériorité physique qui installe déjà une hiérarchie
Pavel Sivakov connaît le niveau auquel il compare Paul Seixas. Équipier de Tadej Pogacar chez UAE, il a observé de près la façon dont le Slovène prend le contrôle d’un groupe. Son verdict sur le Français est direct : « Comme Tadej, il est un crâne au-dessus physiquement. Il me rappelle Tadej, quand on va rouler ensemble, il nous broie. »
La référence place Seixas très haut. Ouest-France rappelle que Pogacar a occupé la première place du classement UCI de 2021 à 2025, une continuité qui permet de mesurer le poids de la comparaison. Sivakov ne prétend pas que le Français possède déjà le palmarès ou l’expérience du Slovène. Il insiste au contraire sur cette différence : Pogacar a accumulé les grandes courses, tandis que Seixas vient de commencer.
Le point commun apparaît dans le comportement du groupe autour d’eux. « Quand ils sont sur le vélo, ce sont des dirigeants incontestés, ça se ressent, c’est une aura qu’ils ont », explique Sivakov. Leur niveau physique ne produit donc pas seulement des écarts. Il fixe naturellement les rôles et donne une direction collective.
Seixas arrive d’ailleurs à Montréal avec un statut transformé. Lors de sa sélection précédente, il découvrirait encore l’environnement de l’équipe de France. Sivakov le voit désormais venir « avec l’ambition de gagner » après une saison qu’il qualifie d’extraordinaire. L’absence de Pogacar renforce encore cette place dans la hiérarchie des prétendants.
Le détachement mental, l’autre point commun avec Pogacar
La comparaison devient plus intéressante lorsqu’elle quitte les seules données physiques. Sivakov décrit Seixas et Pogacar comme deux coureurs « vraiment détachés en dehors du vélo ». Ils ne se laisseraient pas enfermer dans une préparation mentale saturée de détails, de stress et d’énergie négative.
Cette décontraction ne signifie pas un manque d’exigence. Dans le portrait dressé par Sivakov, elle protège leur capacité à courir. Ils arrivent sur le vélo sans avoir utilisé leur confiance avant le départ. Leur niveau leur permet aussi de ne pas chercher constamment à convaincre leurs équipiers. « Ils sont tellement forts qu’ils n’ont rien à nous prouver », résume-t-il.
Cette phrase éclaire l’aura évoquée quelques instants plus tôt. L’autorité de Seixas ne serait pas d’un discours appuyé ou d’une volonté d’occuper toute la place. Elle naîtrait de ce qu’il produit à l’entraînement, puis de son calme une fois l’effort terminé. Ses collaborateurs savent ce qu’il peut faire et adapter leur rôle sans qu’il ait besoin de forcer son statut.
Sivakov conserve cependant une fonction importante auprès de lui. Fort de son expérience dans plusieurs grandes équipes et aux côtés de leaders majeurs, il estime pouvoir transmettre au Français des connaissances qu’un jeune coureur n’a pas encore eu l’occasion d’acquérir. La saison prochaine, les deux hommes doivent également se retrouver chez Decathlon CMA CGM, ce qui donnera une nouvelle dimension à cette relation.
Les Bleus assument déjà le statut de Paul Seixas
La meilleure preuve de cette autorité se trouve dans le rôle accepté par Sivakov. Le coureur ne cache pas son envie de rester dans la finale, mais il place l’objectif collectif au-dessus de ses ambitions personnelles. « Si je dois rouler au kilomètre zéro, je le ferai. Je suis ici pour Paul », affirme-t-il.
L’équipe de France de cyclisme aborde ainsi le cours avec une organisation claire. Seixas n’est plus présenté comme un jeune talent qu’il devrait seulement protéger ou laisser découvrir. Il devient l’une des options principales pour viser le maillot arc-en-ciel, avec des équipiers expérimentés prêts à engager leur cours pour lui.
Sivakov s’attend à une épreuve décidée par la force dans sa dernière partie plutôt qu’à une longue bataille tactique. En l’absence de Pogacar, il place Remco Evenepoel au premier rang des favoris, puis cite Seixas et Isaac Del Toro. Il se méfie particulièrement du Mexicain, capable à ses yeux de se faire oublier et d’accepter de perdre pour se donner une chance de gagner.
Paul Seixas doit encore transformer son statut en résultat à plus haut niveau. Le témoignage de Sivakov établit néanmoins ce qui a déjà changé : les Français influencent la stratégie des Bleus, imposent une hiérarchie à l’entraînement et inspirent à ses équipiers la même évidence que Pogacar sur le vélo. La comparaison porte moins sur un palmarès que sur une présence. C’est précisément cette aura que l’équipe de France choisit désormais de suivre.