Personne n’a jamais réussi le doublé : le Tour le plus indécis du cyclisme s’est élancé cet après-midi, avec une Française à défendre
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Le Tour de France Femmes 2026 s’ouvre avec une promesse simple, mais lourde : voir si une championne peut enfin enchaîner deux victoires sur l’épreuve depuis sa renaissance. La Française arrive dans cette position rare, celle d’une gagnante sortante qui ne court plus seulement pour gagner, mais pour faire ce qu’aucune autre n’a encore réussi.
Le décor rend l’affaire encore plus piégeuse. Neuf étapes, 1 175 kilomètres, un départ à Lausanne, un contre-la-montre à Dijon, le Mont Ventoux, puis Nice pour refermer cette épreuve de cyclisme. Sur le papier, ce n’est pas un Tour interminable. Dans les faits, c’est justamente ce format concentré qui peut tout faire exploser.
Un doublé encore jamais réalisé depuis 2022
Depuis le retour du Tour de France Femmes en 2022, le palmarès a changé de mains. Annemiek van Vleuten a marqué la renaissance de l’épreuve, Demi Vollering s’est imposée ensuite, Kasia Niewiadoma-Phinney a résisté dans un final resté serré, puis Pauline Ferrand-Prévôt a fait basculer l’édition précédente côté français.
Cette instabilité donne une vraie valeur au défi de Ferrand-Prévôt. Gagner une fois a déjà installé son nom dans l’histoire récente de la course. Refaire le coup immédiatement serait autre chose : une démonstration de constance, dans une épreuve où le moindre jour sans risques plus lourd que sur une course d’un jour.
La Française ne part pas dans l’inconnu. Elle sait porter la pression, gérer une saison, cibler un objectif. Mais défendre un Tour n’a rien à voir avec le fait de le conquérir. Les adversaires ne regardent plus seulement la course : elles regardent aussi la tenante du titre.
Pourquoi ce Tour peut se jouer très vite
Le parcours 2026 ne laisse pas beaucoup d’espace pour corriger une erreur. La première partie installe le parcours entre la Suisse et l’est de la France, avant un passage important par Dijon avec un contre-la-montre individuel de 21 kilomètres. Pour un candidat au général, cette journée peut devenir un révélateur brutal.
Cas concret : un leader qui perd une trentaine de secondes sur le chrono n’a pas forcément perdu le Tour. Mais si cet écart arrive avant le Ventoux, elle doit ensuite courir différemment. Attaquer plus tôt, exposer son équipe, prendre des risques dans une étape où la fatigue peut déjà peser. C’est exactement le genre de scénario qui transforme une course ouverte en piège tactique.
Le Mont Ventoux concentre une autre partie de la tension. Ce n’est pas seulement une arrivée de montagne prestigieuse. C’est une étape qui peut punir les coureuses moins régulières, surtout après plusieurs jours sans vraie respiration. Une mauvaise gestion de l’effort, un placement raté, une équipe isolée trop tôt : sur ce Tour, ces détails peuvent suffire.
L’arrivée à Nice ajoute une dernière couche. Même si le classement général se dessine avant, les 99 kilomètres de la dernière étape ne ressemblent pas à une simple parade. Sur une course courte, tout ce qui reste à défendre le dernier jour peut encore devenir nerveux.
Vollering, Niewiadoma et une concurrence trop dense pour calculer
Le danger principal pour Pauline Ferrand-Prévôt tient à la densité du plateau. Demi Vollering reste l’un des noms les plus lourds autour du général, avec une régularité qui la place encore au centre des débats. Kasia Niewiadoma-Phinney connaît aussi ce terrain : elle a déjà prouvé qu’elle pouvait tenir sous une pression maximale.
Autour de ce trio, la liste s’élargit vite. Anna van der Breggen, Elisa Longo Borghini, Lotte Kopecky, Marlen Reusser, Puck Pieterse, Lorena Wiebes, Marianne Vos ou encore plusieurs Françaises comme Marion Bunel et Célia Géry donnent à cette édition un profil très difficile à verrouiller.
Ferrand-Prévôt a un avantage clair : elle arrive avec l’expérience d’une championne qui sait viser juste. Son retour plus discret dans les semaines précédant l’épreuve peut même jouer en sa faveur, s’il traduit une préparation entièrement tournée vers ce rendez-vous. Mais ce silence crée aussi une part d’inconnu : quelle est sa vraie marge face aux rivaux qui ont déjà montré des garanties cette saison ?
C’est là que ce Tour devient intéressant pour le public français. Le récit n’est pas seulement celui d’une championne à applaudir. C’est celui d’une Française qui défend une victoire récente, dans une course qui n’a encore jamais couronné deux fois la même coureuse depuis sa relance moderne. Le doublé existe comme idée. Il manque encore la coureuse capable de le rendre réel.