Pogacar cacherait peut-être son vrai super-pouvoir, et cette estimation scientifique explique pourquoi le peloton souffre autant
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Les chiffres officiels de Tadej Pogacar restent verrouillés, mais une estimation de sa VO2 max donne une piste très concrète pour comprendre pourquoi le peloton apparaît si souvent à bout de souffle derrière lui.
Le mystère Pogacar ne se résume pas à une attaque placée au bon moment ou à une équipe qui contrôle la course. Dans le cyclisme moderne, la domination se lit aussi dans des données que les équipes gardent généralement très loin du public.
La VO2 max fait partie de ces chiffres sensibles. Elle mesure la capacité maximale du corps à prélever, transporter et utiliser l’oxygène lors d’un effort intense. En clair : plus cette valeur est élevée, plus un coureur dispose d’un moteur aérobie capable de durer quand la route s’élève.
Dans le cas de Pogacar, aucune valeur officielle n’a été rendue publique. Mais une estimation attribuée aux chercheurs de l’Université d’Alcala, construite à partir d’étapes du Tour 2024 et 2025, avance un chiffre qui explique beaucoup de choses : jusqu’à 98 ml/kg/min, avec une moyenne évoquée autour de 96 ml/kg/min.
Une estimation énorme, mais pas une donnée officielle
Le point important est là : il ne s’agit pas d’un test officiel communiqué par UAE Emirates XRG ou par Pogacar lui-même. Les données du laboratoire du Slovène restent confidentielles. L’estimation doit donc être lue avec prudence, d’autant que les chercheurs déterminent une marge d’erreur.
Mais même avec cette réserve, l’ordre de grandeur frappe fort. Les cyclistes professionnels dépassent souvent les 80 ml/kg/min, ce qui est déjà considérable. Une valeur proche de 96 ou 98 ml/kg/min placerait Pogacar dans une zone rarissime, digne des meilleurs profils d’endurance.
Ce chiffre ne dit pas tout. Une VO2 max exceptionnelle ne gagne pas un Tour de France à elle seule. Il faut aussi encaisser les charges d’entraînement, optimiser le poids, tenir mentalement, lire la course et répéter les efforts. Mais elle donne une clé : Pogacar pourrait posséder un moteur qui lui permet de maintenir très longtemps une intensité que d’autres ne font que toucher par séquences.
Pourquoi le peloton souffre autant dans les ascensions
La différence devient visible en montagne. Quand Pogacar durcit une étape, le problème pour ses rivaux n’est pas seulement de répondre à une accélération. C’est de survivre à une intensité élevée qui dure, parfois sans rupture spectaculaire.
Cas concret : dans une montée finale, un adversaire peut tenir cinq ou dix minutes au contact en produisant un effort presque maximal. Mais si Pogacar garde ce niveau plus longtemps, la course change de nature. Ce n’est plus une attaque à suivre, c’est une usure continue. Le rival ne craque pas forcément d’un coup ; il perd quelques mètres, puis dix, puis le groupe explose.
La comparaison avec Chris Froome donne un repère. Les données rapportées pour le Britannique indiquent une VO2 max de 84,4 ml/kg/min lors de tests en laboratoire. Froome aurait aussi résumé l’écart d’une phrase très parlante : « Ce que je faisais en 10 minutes, Tadej le fait maintenant pendant plus de 40 minutes ».
Si cette phrase est confirmée dans son contexte exact, elle raconte mieux qu’un tableau de chiffres ce qui vit les poursuivants. Pogacar ne serait pas seulement plus explosif. Il serait surtout capable de prolonger la pression beaucoup plus loin que ce que le peloton peut absorber.
La VO2 max ne suffit pas à expliquer Pogacar
Réduire Pogacar à sa VO2 max serait pourtant trop simple. Le cyclisme ne récompense pas seulement le plus gros moteur. Il récompense le coureur qui transforme ce moteur en watts utiles, au bon moment, avec le bon poids et la bonne stratégie.
La source disponible évoque d’ailleurs des puissances brutes déclarées selon différentes les coureurs. Pogacar aurait parlé de 320 à 340 watts sur ses longs efforts d’endurance, tandis que Remco Evenepoel aurait donné un chiffre supérieur, autour de 425 watts. Pris seuls, ces nombres peuvent tromper, car ils ne disent pas tout du poids du coureur, du terrain, de la durée exacte de l’effort ou de la méthode de mesure.
C’est pour cela que l’estimation de VO2 max intrigue autant. Elle ne prouve pas tout, mais elle donne une explication cohérente à une impression très répétée : quand Pogacar impose son tempo, beaucoup de rivaux ne perdent pas seulement face à une attaque. Ils perdent face à une capacité à tenir très haut, très longtemps.
Le vrai super-pouvoir du Slovène pourrait donc être moins spectaculaire qu’un démarrage brutal. Il se cacherait peut-être dans cette endurance aérobie hors norme, celle qui transforme une montée en test de résistance pour tout le peloton.