Football

La Fifa présente des excuses après le projet qui a fragilisé Gianni Infantino

Par Gilles
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La Fifa a présenté des excuses après l’abandon d’un projet d’ouverture à des investisseurs privés, mais cette marche arrière ne suffit pas à effacer la pression qui s’accumule autour de Gianni Infantino.

Le dossier touche un point sensible : qui contrôle réellement le football mondial, ses revenus et ses grandes compétitions ? Derrière les excuses, la crise dépasse donc la simple maladresse de communication.

La direction de la Fifa reconnaît des erreurs après la fuite d’une proposition très contestée. Le projet prévoyait la création d’une structure extérieure, Fifa Forward Enterprise, destinée à gérer les activités commerciales de l’instance et des tournois majeurs, dont les Coupes du monde, avec une possible ouverture à des investisseurs privés.

Des excuses, mais un soutien maintenu à Gianni Infantino

À l’issue d’une réunion de crise organisée au Maroc, au siège africain de la Fifa à Salé, la direction de l’instance a reconnu que le processus aurait dû être géré autrement. Des excuses ont été présentées pour les erreurs commises après la fuite du projet dans les médias.

La Fifa affirme également qu’il n’était pas question d’exclure le Conseil de la Fifa ni les associations membres du processus. C’est le cœur politique de l’affaire : plusieurs acteurs du football ont eu le sentiment qu’un projet majeur avançait sans assez de transparence.

Malgré cette reconnaissance, la ligne officielle reste claire. Les hauts dirigeants présents ont réaffirmé leur soutien à Gianni Infantino, présenté comme le seul responsable élu par les 211 associations membres de la Fifa.

Ce double message résume la séquence : la Fifa admet des erreurs de méthode, mais elle ne lâche pas son président.

Pourquoi ce projet a provoqué une telle réaction

Le projet d’ouverture à des investisseurs privés touchait aux revenus commerciaux et à l’organisation des grandes compétitions. Pour une instance comme la Fifa, ce n’est pas un détail administratif. C’est le centre du pouvoir.

Concrètement, un supporter qui suit la Coupe du monde ne voit pas seulement des matchs. Derrière chaque édition, il y a des droits commerciaux, des sponsors, des diffuseurs, des revenus redistribués et des choix de gouvernance. Si une structure extérieure entre dans ce circuit, la question devient immédiate : qui décide, et dans l’intérêt de qui ?

C’est pour cela que la réaction a été aussi vive. L’UEFA a exprimé une perte de confiance et a même brandi la menace d’un boycott des Coupes du monde. La Concacaf a demandé une mise à plat complète de la gouvernance autour du président de la Fifa.

Plusieurs chiffres proches ou importants dans l’écosystème Fifa ont aussi pris leurs distances. Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial au sein de l’instance, fait partie des cadres cités dans cette séquence. Carlos Cordeiro, conseiller principal de Gianni Infantino, a démissionné en disant s’opposer catégoriquement au projet.

Une crise qui pèse déjà sur la suite politique de la Fifa

Gianni Infantino reste en place, mais l’épisode laisse une trace. L’abandon du projet ne règle pas tout, car la critique porte désormais sur la méthode, la confiance et la capacité de la Fifa à associer ses propres membres aux décisions lourdes.

La pression dépasse aussi le cadre interne du football. Le premier ministre canadien Mark Carney a déclaré ne pas avoir confiance en Gianni Infantino après cette affaire. Au Royaume-Uni, Andy Burnham l’a présenté comme la mauvaise personne pour diriger la Fifa.

Ces prises de position comptent parce que le calendrier politique approche. Gianni Infantino est annoncé candidat à sa succession lors d’un scrutin prévu en mars 2027 à Rabat. Pour obtenir un nouveau mandat, il doit convaincre une majorité des 211 fédérations membres.

La Fifa cherche donc à référer rapidement la crise : excuses, abandon du projet, soutien affiché au président, rappel du respect du cadre réglementaire. Mais la séquence a déjà fragilisé l’image d’un président longtemps réputé très solide dans les équilibres internes.

Le vrai test viendra maintenant des fédérations. Quelques-unes, dont la Finlande, le pays de Galles, la Serbie et la Suède, lui auraient retiré leur soutien. Si ce mouvement reste limité, Infantino peut absorber la crise. S’il s’étend, les excuses de la Fifa risquent de ressembler davantage à un début de fracture qu’à une sortie de crise.





Auteur

Gilles

Golfeur (index 12) nourri aux sports de combat et à la tactique. J'aborde l'actu sportive avec flegme. Je décortique la performance et la stratégie sans jamais forcer. Une plume relax qui analyse tout le secteur du sport, du green de golf à l'octogone du MMA.

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