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« La nuit a été un peu difficile » : Moluh et Grousset ont déjà dû gérer l’après-titre et visent des médailles en solo

Par Gilles
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Au lendemain du titre européen du relais 4×100 m 4 nages mixte, Mary-Ambre Moluh et Maxime Grousset ont dû faire ce que les grands championnats imposent souvent : savourer très vite, dormir trop peu, puis replonger dans le bassin avec des médailles individuelles encore en ligne de mire.

La médaille d’or ne s’est pas seulement jouée la veille. Elle a aussi laissé des traces le lendemain matin. Maxime Grousset et Mary-Ambre Moluh avaient encore l’émotion du relais dans la tête quand ils ont retrouvé les séries individuelles.

Et c’est là que l’histoire devient intéressante. Les deux nageurs français n’ont pas seulement dû confirmer leur niveau. Ils ont dû le faire après une nuit courte, avec l’adrénaline encore présente et un programme qui ne laisse pas beaucoup de place à la récupération.

Une nuit courte, mais des chronos déjà solides

Mary-Ambre Moluh l’a résumé avec une phrase simple, mais très parlante : « C’est vrai que la nuit a été un peu difficile ». Après le titre décroché avec le relais 4×100 m 4 nages mixtes, la Française a raconté avoir fermé les yeux en repensant à tout ce qui venait de se passer.

Le sommeil n’a donc pas été idéal. Pourtant, dans l’eau, Moluh a répondu présente. Sur 50 m dos, elle a signé 27 »39, soit le 2e temps des séries derrière l’Italienne Sara Curtis, chronométrée en 27 »31.

Maxime Grousset a connu le même type d’enchaînement. Lui aussi a reconnu ne pas avoir dormi autant qu’il l’aurait voulu. Sur 100 m papillon, il a tout de même pris le 3e temps des séries en 51 »03, derrière le Suisse Noé Ponti en 50 »47 et le Hongrois Kristof Milak en 50 »81.

La différence, c’est qu’il n’a pas cherché à envoyer un message dès le matin. Grousset a expliqué avoir nagé en gestion, sans se donner à fond, parce que l’objectif n’était pas d’être premier dès les séries. Dans une compétition à plusieurs tours, ce détail compte.

Gérer l’après-titre, c’est déjà une course

Un titre en relais ne s’efface pas quand le nageur quitte le podium. Il faut encaisser la joie, les sollicitations, la montée émotionnelle, puis retrouver très vite une routine de performance. Pour Moluh et Grousset, le vrai test était là : ne pas laisser la médaille de la veille manger la course du lendemain.

Moluh a donné un bon exemple de cette bascule. Sur un 50 m dos, il n’y a presque aucune marge. Le départ, la coulée, la fréquence, la touche : tout se paie immédiatement. Elle aurait pu aborder la série en économie. Elle a au contraire expliqué s’être livrée, parce que sur une distance aussi courte, « tout peut arriver ».

Cas concret : pour un nageur engagé le matin après un grand titre la veille, la série n’est pas une simple formalité. Il faut assez d’intensité pour passer, mais pas trop d’énergie gaspillée avant les demi-finales. Grousset l’a fait en relâchant au bon moment. Moluh l’a fait en acceptant de remettre la vitesse malgré une nuit agitée.

Le contexte rend aussi la performance de Grousset plus lisible. Son programme avait déjà été allégé dans la compétition, avec un retrait du 100 m nage libre afin de mieux gérer l’accumulation des parcours. Ce n’est pas un détail administratif : à ce niveau, chaque cours retiré peut protéger de la fraîcheur pour les rendez-vous qui comptent le plus.

Moluh, Grousset, Pigrée : les Bleus restent placés

Mary-Ambre Moluh n’est pas la seule Française à s’être placée sur 50 m dos. Analia Pigrée a nagé en 27 »61, le même temps que la Néerlandaise Marrit Steenbergen, et s’est qualifiée elle aussi pour les demi-finales. En revanche, la densité française a eu un effet cruel : Jeanne Lechevalier, 28 »02, et Béryl Gastaldello, 27 »75, ont été bloquées par la règle des deux nageuses maximum par pays en demi-finales.

Pigrée a reconnu une touche très audacieuse, lancée de loin, et a surtout identifié des ajustements techniques à reprendre, notamment sur l’alignement, la coulée et la touche. Là encore, l’enjeu dépasse le simple chrono du matin. Les demi-finales serviront à corriger vite, avant de penser plus grand.

Chez Grousset, le discours reste ambitieux. Il parle d’une construction pas à pas, mais aussi d’une cible claire : gagner. Avec Ponti et Milak dans le paysage, la route n’a rien d’une promenade. Son 51 »03 dit surtout une chose : même avec une nuit imparfaite, il reste dans le bon wagon.

Le relais féminin 4×100 m nage libre ajoute une autre piste de médaille pour les Bleues. Albane Cachot, Marie Wattel, Giulia Rossi-Bene et Béryl Gastaldello ont signé le 3e chrono des séries en 3’37 »05, derrière les Russes sous bannière neutre et les Néerlandaises.

La journée française ne se résume donc pas à une gueule de bois doré. Elle raconte plutôt la difficulté d’un grand championnat réussi : quand un titre arrive, il faut savoir le célébrer sans s’y arrêter. Moluh et Grousset l’ont déjà compris. Reste maintenant à transformer cette gestion en médailles individuelles.





Auteur

Gilles

Golfeur (index 12) nourri aux sports de combat et à la tactique. J'aborde l'actu sportive avec flegme. Je décortique la performance et la stratégie sans jamais forcer. Une plume relax qui analyse tout le secteur du sport, du green de golf à l'octogone du MMA.

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