Le cécifoot français craignait l’oubli après les JO mais avec trois victoires et des tribunes pleines, les Bleus gardent leur lumière et visent le titre
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Deux ans après Paris 2024, les Bleus du cécifoot avaient une question simple devant eux : l’or paralympique allait-il laisser une trace, ou disparaître une fois la fête terminée ? À Strasbourg, les premiers signaux sont puissants.
L’Euro de cécifoot installé près du Parlement européen n’est pas seulement une compétition à élimination directe. Pour l’équipe de France, championne paralympique et titulaire du titre européen, c’est un test de mémoire collective.
Les tribunes répondent. Les résultats aussi. Après trois victoires en trois matches de poule, contre l’Angleterre, la Grèce puis l’Allemagne, les Bleus avancent vers leur demi-finale contre l’Italie avec une chose précieuse : le sentiment que l’élan de Paris 2024 n’a pas totalement disparu.
Trois victoires et un stade plein : les Bleus entretiennent l’élan
Sur le terrain, la France a fait le travail. Les Bleus ont battu l’Angleterre 4-1, dominé la Grèce 3-0, puis arraché un succès plus serré contre l’Allemagne, 1-0. Un parcours parfait en phase de poules, assez solide pour rappeler le statut de cette équipe.
Babacar Niang a pris une place forte dans ce début d’Euro. Déjà auteur d’un triple face à la Grèce, il a encore marqué contre l’Allemagne, sur coup franc, pour offrir la victoire aux Bleus. Quatre buts en trois matches : l’efficacité individuelle donne du relief à une dynamique collective déjà installée.
Mais le vrai marqueur de cette semaine se trouve aussi autour du terrain. Le stade de l’Europe, annoncé à 1 000 places, a fait le plein ou presque lors des matchs de la France. Les demi-finales et la finale sont déjà annoncées à guichets fermés. Pour une discipline qui craignait de retomber dans l’ombre après les Jeux, ce détail compte énormément.
Le scénario est concret. Un spectateur alsacien peut venir en famille, retrouver une partie de l’émotion vécue pendant Paris 2024, puis découvrir une discipline exigeante, technique, tactique, où le silence et les repères sonores font partie du jeu. Ce n’est pas une simple parenthèse paralympique : c’est un spectacle sportif qui existe par lui-même.
« Paris 2024 a changé le regard » : l’héritage se voit aussi hors du terrain
La phrase de Laurie Schlienger résume l’enjeu de cet Euro : « Paris 2024 a changé le regard des gens sur le handicap ». Elle ne parle pas seulement de notoriété. Elle parle d’un avant et d’un après dans la manière de convaincre, de financer, d’organiser.
Avant les Jeux paralympiques, présenter le cécifoot demandait du temps. Il fallait expliquer la discipline, ses règles, ses codes, ses joueurs. Depuis le titre français à Paris, certains noms et certaines images sont conservés. Cette reconnaissance facilite la recherche de partenaires et donne plus de poids à un événement comme l’Euro de Strasbourg.
Le budget annoncé, 900 000 euros pour la semaine de compétition, montre aussi que l’organisation a changé d’échelle. Le mini-village, les stands, les bénévoles, les partenaires locaux : tout participe à installer le cécifoot dans un format plus visible que le simple rendez-vous sportif confidentiel.
Le choix du lieu renforce cette impression. Jouer au pied du Parlement européen donne une image forte, presque une signature visuelle. Un supporter l’a résumé avec une formule simple : « Au pied du Parlement, ça fait vraiment carte postale ». Pour une discipline qui cherche à rester dans les têtes, l’image compte presque autant que le résultat.
France-Italie, puis peut-être une finale : le titre peut donner une suite à la lumière
La suite sportive est limpide : la France affronte l’Italie en demi-finale vendredi à 21 heures. Les Bleus ne jouent pas seulement une place en finale. Ils défendent aussi une position nouvelle, celle d’une équipe devenue attendue.
Cette pression n’a rien d’anodine. Après Paris 2024, le cécifoot français ne peut plus seulement vivre sur le souvenir d’une médaille d’or. Il doit transformer cet élan en rendez-vous réguliers, en publics présents, en clubs renforcés, en partenaires qui restent quand les projecteurs se déplacent.
Rémi Garranger rappelle que la réussite d’un tel événement dépend aussi des clubs, des bénévoles, des entraîneurs, des joueurs et des salariés qui font vivre la discipline toute l’année. C’est le point le plus important : une semaine pleine à Strasbourg ne suffit pas à tout régler, mais elle peut donner un vrai coup de lumière.
Si les Bleus vont au combat, le cécifoot français gagnera plus qu’un trophée européen. Il prouvea que l’émotion de Paris 2024 peut survivre ailleurs, dans une autre ville, devant un autre décor, avec un public encore prêt à suivre. C’est peut-être là que se joue le vrai héritage des Jeux.