« Antoine va jouer » : Mola confirme le retour de Dupont mais prévient sur sa forme

Publié le juin 19, 2026

La demi-finale Toulouse-Racing 92 se jouera ce soir au Stade Vélodrome de Marseille, et Antoine Dupont sera sur la pelouse huit mois après sa rupture des ligaments croisés du genou droit. Trois données expliquent l’incertitude de Mola : six semaines sans jouer, seulement huit matchs depuis novembre 2025, et une double rupture des ligaments croisés au même genou.

« Antoine va jouer » : Mola confirme mais avoue son doute

En conférence de presse le 18 juin 2026, Mola n’a pas tergiversé. « Oui, Antoine va jouer. » Mais il a immédiatement posé une limite à l’enthousiasme.

Sa performance, a-t-il précisé, « reste une inconnue ». Et il a élargi le propos : c’est « l’inconnue du Stade Toulousain, l’inconnue de tous les joueurs qui vont rentrer sur la pelouse ». Autrement dit, Mola ne dramatise pas le cas Dupont, mais il ne le minimise pas non plus.

Le contexte chiffré donne du poids à cette réserve. Depuis son retour en novembre 2025, Dupont n’a disputé que huit matchs (Le10sport.com, 5 juin 2026). La dernière rechute : une blessure aux adducteurs le 9 mai 2026 contre Toulon au Vélodrome, soit six semaines d’absence.

Mola a géré ce retour en limitant délibérément le temps de jeu de Dupont. Les réserves exprimées aujourd’hui ne sont pas du doute improvisé : c’est la ligne du staff depuis novembre.

Mais d’où vient réellement cette incertitude ? Les chiffres et l’historique médical de Dupont racontent une histoire plus complexe.

Dupont face à l’inconnue proprioceptive : la double rupture LCA qui change tout

Le 8 mars 2025, lors du match Irlande-France du Tournoi des Six Nations, Antoine Dupont s’effondre. Rupture des ligaments croisés du genou droit. Ce n’est pas la première fois : il avait déjà subi la même blessure au même genou en 2018. Une double rupture des LCA sur le même genou, c’est une réalité médicale qui ne s’efface pas.

Le Pr Frederick Henderson, de l’Institut national des sciences du sport de Tokyo, l’a formulé clairement pour l’AFP : « On peut récupérer toute la mobilité, toute la force, mais on perd une partie des récepteurs. La sensation qu’on a du genou ne sera jamais exactement la même. »

Ce phénomène, c’est la proprioception la capacité du corps à percevoir la position et les mouvements de ses propres articulations. C’est précisément ce qui permet à un demi de mêlée de changer de direction à pleine vitesse, d’absorber un plaquage, de sentir le sol sous ses crampons. Quand les récepteurs sont altérés, le geste technique peut être là, mais la réponse automatique, elle, est moins fiable.

Le précédent de 2018 nuance pourtant le tableau : après sa première rupture des LCA, Dupont était revenu huit mois plus tard et avait contribué au titre de Toulouse en 2019 (fr.soccerway.com, 27 novembre 2025). Mais c’est désormais le même genou pour la deuxième fois, avec seulement huit matchs pour retrouver les automatismes.

Vincent Moscato ne cache pas son inquiétude. Sur le Super Moscato Show le 18 juin 2026, il a lâché : « Sera-t-il au niveau ? On ne sait pas […] Mais moi, je suis inquiet pour le Stade Toulousain. » Il a ajouté que Toulouse « a survolé le Championnat jusqu’au mois de janvier, mais là ils sont en demi-teinte ».

Au-delà de la science, il y a aussi la réalité du calendrier : Mola aurait préféré une semaine supplémentaire.

Le timing serré qui inquiète Mola : une semaine aurait changé la donne

Mola n’a pas cherché à masquer la contrainte calendaire. Sa déclaration du 18 juin 2026 est sans ambiguïté : « Malheureusement, nous aurions aimé le récupérer un peu plus tôt. Si nous avions eu un match de barrage, il aurait pu jouer. Une semaine supplémentaire garantissait qu’il puisse commencer avec nous. »

Le format Top 14 a privé Toulouse d’un match de rodage : premier de saison régulière, le club accède directement aux demi-finales avantage sportif qui se retourne contre la gestion médicale de Dupont.

Face aux critiques sur la préparation de Dupont notamment les sorties médiatisées au Festival de Cannes, Mola a haussé le ton : « Antoine, on a tellement commenté les deux jours qu’il a fait ici ou là plutôt que le mois et demi qu’il a passé dans la salle de kiné et sur les terrains à s’entraîner. » Le message est clair : le travail a été fait, même si le calendrier n’a pas laissé le temps de le valider en match.

Autre donnée à intégrer dans l’équation toulousaine : Thomas Ramos est forfait pour cette demi-finale. Le buteur et arrière international ne se sent pas à 100 % et laisse sa place à Stuart Kinghorn (La Dépêche du Midi, 18 juin 2026). Toulouse aborde donc ce match avec deux pièces maîtresses en dessous de leur niveau optimal.

Mola a conclu sa conférence de presse avec une formule qui lui ressemble : « Le doute est un moteur qui me paraît essentiel. Continuez de douter de nous. »

Dupont jouera, mais à quel niveau ?

Dupont jouera vendredi, c’est certain. À quel niveau, même Mola ne peut pas le dire avant le coup d’envoi. Cette incertitude n’est pas une faiblesse du staff : c’est la réalité médicale d’une double rupture des LCA sur le même genou.

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