« C’est faux » : Toulouse répond aux accusations avant une audience très attendue

Didier Lacroix

Par

Publié le mai 26, 2026

Le Stade Toulousain se présente ce 26 mai devant la commission de discipline de la LNR. Didier Lacroix conteste fermement les accusations de dépassement du salary cap et affirme disposer de preuves, notamment sur les contrats d’image d’Anthony Jelonch et Antoine Dupont.

La LNR reproche au Stade Toulousain des dépassements du plafond salarial sur trois saisons 2021-2022, 2022-2023 et 2024-2025 une affaire qui pourrait coûter très cher au club le plus titré du rugby français.

« On a des preuves » : Toulouse répond point par point aux accusations

Le président du Stade Toulousain depuis 2014 est sorti du silence avec une conviction affichée : son club n’a pas triché.

Au cœur du dossier, les contrats d’image liant Anthony Jelonch et Antoine Dupont à la société 3S-Alyzia. La LNR soupçonne que ces contrats ont servi à contourner le salary cap, en rémunérant des joueurs en dehors du cadre réglementaire. Lacroix rejette cette lecture.

« Qu’Anthony Jelonch n’aurait rien fait pour le groupe 3S, c’est faux, et on en a un certain nombre de preuves », a-t-il déclaré le 26 mai 2026. Les prestations étaient réelles, les contrats légitimes : c’est la thèse du club.

La présence d’Antoine Dupont dans le dossier donne à l’affaire une résonance internationale : le meilleur joueur du monde cité dans une procédure disciplinaire, c’est une première pour le Top 14.

Sur la question des primes, Lacroix est tout aussi déterminé. « On pense avoir versé nos primes comme les autres années, sauf qu’on a eu un questionnement sur ces primes-là. Donc on se justifiera sur ces primes-là », a-t-il ajouté.

Le mécanisme du salary cap : où se situe le dépassement présumé ?

Le salary cap du Top 14 encadre la masse salariale globale des clubs, mais il existe une zone grise : les primes. Le règlement LNR fixerait à 500 000 euros le plafond de primes distribuables sans intégration au salary cap. Au-delà, chaque euro versé doit être comptabilisé dans l’enveloppe globale.

C’est précisément là que le bât blesse. La LNR questionne la nature de certains versements effectués par Toulouse sur les saisons 2021-2022, 2022-2023 et 2024-2025. Étaient-ce de vraies primes de performance ? Ou des rémunérations déguisées, passées par les contrats d’image avec 3S-Alyzia pour échapper au plafond ?

Selon L’Équipe, les contrats liant Jelonch et Dupont à cette société sont au cœur du litige. La question posée par la commission : ces contrats correspondent-ils à des prestations effectives, ou constituent-ils un habillage juridique d’une rémunération sportive ?

Le club affirme n’avoir pas changé de pratique : c’est la LNR qui aurait modifié son interprétation.

Ce flou autour des contrats d’image n’est pas propre à Toulouse. Plusieurs clubs du Top 14 utilisent ce mécanisme. Mais Toulouse, avec des joueurs comme Dupont, est exposé à des montants qui sortent du lot.

Un club déjà sanctionné : les précédents qui pèsent

Toulouse n’arrive pas vierge devant la commission de discipline.

En 2023, le club aurait reçu une sanction dans l’affaire Cheslin Kolbe les contours exacts de cette décision n’ont pas été rendus publics par la LNR. En 2025, Toulouse aurait versé une somme significative à la LNR dans le cadre de l’affaire Melvyn Jaminet.

Ces précédents pèsent : une commission de discipline juge aussi le profil du club comparant, pas seulement les faits du jour.

La référence qui hante les esprits est celle de Montpellier. En 2020, le MHR avait écopé de 3 millions d’euros d’amende pour infractions au salary cap la sanction la plus lourde jamais infligée par la LNR pour ce type d’infraction. Toulouse pourrait s’en approcher si la commission considère que les manquements portent sur trois saisons distinctes.

La sanction de 2023, si elle comportait un sursis, pourrait également être convertie en peine ferme en cas de condamnation. Un levier supplémentaire dans les mains de la commission.

Toulouse joue gros ce 26 mai. Au-delà des chiffres, c’est la crédibilité du club face à la LNR qui se joue. Avec un historique disciplinaire déjà chargé, la commission aura peu de marge pour la clémence.

Si Toulouse est condamné, peut-il encore se battre à armes égales en Champions Cup avec un salary cap amputé ?

Les dernières actualités Rugby

Les Tendances MVZ Sports