Rugby

Et si le débat sur l’après-Galthié allait trop vite ? Ugo Mola rappelle un détail que tout le monde oublie

Par Maxime Aulne
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Ugo Mola ne ferme aucune porte sur le XV de France, mais il rappelle surtout une chose simple : le débat sur l’après-Galthié part peut-être d’une hypothèse encore trop fragile.

Le nom d’Ugo Mola revient naturellement dès que la succession de Fabien Galthié est évoquée. Le manager du Stade Toulousain a le CV, l’autorité et les titres pour entrer dans la discussion. Mais sa dernière prise de parole remplace le sujet au bon endroit : avant de chercher le prochain sélectionneur, encore faut-il savoir si l’actuel a vraiment prévu de partir.

C’est le cœur du dossier. Mola assure ne pas avoir été sondé et refuser de transformer une rumeur logique en scénario déjà écrit. Sa phrase la plus importante tient en quelques mots : Fabien Galthié n’a pas décidé d’arrêter, ou n’a pas dit qu’il ne postulerait pas à sa propre succession.

Ugo Mola calme le jeu sur une succession qui n’existe pas encore

Interrogé sur une possible arrivée à la tête des Bleus après la Coupe du monde 2027, Ugo Mola répond d’abord en renvoyant la décision vers les dirigeants. Il explique être probablement « le dernier à le savoir » et ajoute que les éventuelles sollicitations autour de son staff, d’autres managers ou d’autres staffs seront connus peuvent-être avant lui.

Le message est clair sans être fermé. Mola ne ridiculise pas le sujet. Il ne fait pas non plus semblant de ne pas comprendre pourquoi son nom circule. Mais il refuse de s’installer dans un feuilleton dont les bases restent incertaines.

Sa formule sur le fait de ne pas avoir été sondé pèse lourd. Elle coupe court à l’idée d’un processus déjà avancé. À ce stade, le manager toulousain se place dans une posture d’observateur concerné, pas dans celle d’un candidat déclaré.

Le détail oublié : Galthié n’a pas annoncé son départ

La partie la plus intéressante de sa réponse concerne Fabien Galthié lui-même. Ugo Mola rappelle que le sélectionneur n’a pas acte la fin de son aventure avec le XV de France. Dans le débat public, l’après-2027 est souvent traité comme une évidence. Pour Mola, cette évidence n’en est pas une.

Le calendrier entretient nécessairement les spéculations. La Coupe du monde 2027 approche, le mandat actuel de Galthié alimente les questions et plusieurs grands managers du Top 14 sont cités. Sud Ouest rapporte même que le sélectionneur est sous contrat jusqu’en juin 2028, un point qui rend la discussion moins mécanique qu’un simple passage de relais après le Mondial.

Fabien Galthié connaît aussi le poids des cycles longs. TF1+ rappelle qu’il est né à Cahors le 20 mars 1969 et qu’il a grandi dans le Lot, au cœur du Sud-Ouest. Son parcours de joueur, notamment à Colomiers puis au Stade Français, a déjà construit une relation dense avec le rugby français avant même son rôle de sélectionneur.

Vu sous cet angle, parler de succession sans savoir si Galthié souhaite continuer revient à sauter une étape. Mola le souligne sans attaquer personne. C’est prudent, mais ce n’est pas neutre : il remet le pouvoir de décision là où il se trouve réellement.

Pourquoi le nom de Mola reste impossible à écarter

Si son nom revient, ce n’est pas par hasard. Avec le Stade Toulousain, Ugo Mola est associé à une période de domination rare. Le texte de départ mentionne six Brennus et deux Champions Cup sous sa direction, un bilan qui suffit à expliquer pourquoi son profil attire l’attention dès qu’un poste majeur se dessine.

Son lien avec Toulouse ne date pas de son rôle de manager. Le Stade Toulousain rappelle qu’il a été joueur au club de 1990 à 1996, période durant laquelle il a connu les grandes heures du Stade et remporté le titre de champion de France et d’Europe. Cette trajectoire donne du relief à sa parole : Mola parle depuis l’intérieur d’un club qui a nourri largement le XV de France.

Lui-même insiste pourtant sur le piège de la réponse. S’il balaie l’idée, il risque d’être perçu comme au-dessus du poste. S’il ouvre la porte, certains y verront une proposition déjà reçue. Sa sortie n’est donc pas une esquive molle, mais une manière de ne pas réaliser un événement avant l’heure.

Le plus fort, dans sa position, tient peut-être à sa lecture sportive des Bleus. Mola affirme ne jamais avoir été aussi convaincu que la France peut être championne du monde en 2027. Il parle d’une profondeur de talent exceptionnelle et d’une concurrence à tous les postes qui tirent le niveau vers le haut.

Voilà pourquoi le débat va vite. Le XV de France vise haut, Galthié reste au centre du projet, Mola représente un successeur crédible, et le rugby français adore lire les cycles avant leur fin. Mais le détail rappelé par le manager toulousain change tout : tant que Galthié n’a pas dit qu’il s’arrêtait, l’après-Galthié reste une question ouverte, pas un chantier lancé.





Auteur

Maxime Aulne

Journaliste sportif, fondateur de MVZ Sports et directeur de la publication. Je couvre le cyclisme, le rugby et l'économie du sport, et je réponds de ce qui est publié sur le site.

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