Fin des relégations en Angleterre : le plan fou pour créer une ligue à 20 clubs et séduire les investisseurs

Ollie Chessum (Leicester Tigers) et Maro Itoje (Saracens) (à droite)

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Publié le mars 3, 2026

L’Angleterre tourne une page historique : la fin des relégations en Premiership ouvre la voie à une ligue fermée et à un vaste plan d’expansion jusqu’en 2040.

C’est une révolution dans le rugby anglais. Les instances ont acté la suppression du système traditionnel de promotions et relégations en Premiership Rugby.

L’objectif est clair : stabiliser économiquement le championnat, attirer des investisseurs majeurs et bâtir un modèle durable dans un contexte de crise financière persistante.

Une expansion progressive jusqu’à 20 clubs

Aujourd’hui composée de dix équipes, la Premiership prévoit une montée en puissance progressive.

Selon Simon Gillham, président de la Deuxième Division anglaise et ancien dirigeant du CA Brive, deux clubs intégreront prochainement l’élite. Mais la montée ne reposera plus uniquement sur les résultats sportifs.

Trois critères seront déterminants :

  • performances sportives,
  • qualité des infrastructures,
  • solidité du modèle économique.

Le calendrier prévoit un passage à 12 clubs d’ici 2030, avec l’ambition d’atteindre 20 équipes professionnelles à l’horizon 2040.

Une réponse à la crise financière

Cette réforme intervient après les faillites retentissantes de clubs historiques comme les Wasps RFC, les Worcester Warriors ou les London Irish.

Le directeur général de la Rugby Football Union, Bill Sweeney, assume ce virage stratégique. Selon lui, l’ancien système ne garantissait aucune stabilité financière et freinait les investissements nécessaires au développement du rugby professionnel.

La priorité est désormais la pérennité économique, quitte à s’éloigner du modèle traditionnel fondé sur le mérite sportif pur.

Des investisseurs majeurs dans le viseur

La suppression du risque de relégation constitue un argument clé pour séduire de grands groupes internationaux.

Le cas de Newcastle illustre cette stratégie : sans garantie de maintien, l’investissement de Red Bull n’aurait pas vu le jour.

Les investisseurs américains sont également ciblés. L’objectif est clair : réduire la dépendance financière à la fédération, qui injecte actuellement environ 40 millions d’euros par an pour soutenir les clubs.

Une expansion géographique ambitieuse

Le projet prévoit aussi un maillage territorial plus large. Une franchise pourrait voir le jour à Birmingham, avec des discussions impliquant les propriétaires américains du club de football local, soutenus par la légende de la NFL Tom Brady.

Une ouverture vers de nouveaux marchés et de nouveaux capitaux, dans une logique proche des grandes ligues nord-américaines.

En mettant fin aux relégations, l’Angleterre fait le pari de la stabilité économique plutôt que de l’incertitude sportive.

Un changement radical qui pourrait redessiner durablement le paysage du rugby européen, avec une Premiership transformée en ligue fermée, élargie et fortement attractive pour les investisseurs internationaux.

Source : L’Equipe

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