Rugby

Gabin Villière et Toulon, l’aventure devrait continuer jusqu’en 2028

Par Gilles
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Gabin Villière va prolonger son contrat avec le RC Toulon jusqu’en 2028, selon L’Équipe, une décision prise dans un contexte de blessure grave aux ligaments croisés qui a rendu tout transfert impossible à court terme.

L’ailier international français de 30 ans ajoute une saison supplémentaire à son contrat, qui courrait initialement jusqu’en 2027. Pour les supporters toulonnais, c’est la confirmation que leur figure emblématique des sept dernières années reste au club. Pour le rugby français, c’est un pari sur la durée d’un joueur au lourd passif médical. Mais cette prolongation cache une réalité plus complexe : une blessure qui a bloqué tous les transferts, une baisse de salaire acceptée, et un joueur qui mise sur le Mondial 2027 pour relancer sa carrière.

Villière bloquée par sa blessure, Toulon en profite pour le conserver

Le timing de cette prolongation ne doit rien au hasard. Mi-avril 2026, lors d’un match de Top 14 contre Montauban, Gabin Villière subit une rupture des ligaments croisés du genou droit. La blessure est grave. Son retour sur les terrains avant la fin de l’année 2026 semble compromis.

Cette saison 2025-2026, il n’aura disputé que 6 matchs pour un total de 344 minutes de jeu selon L’Équipe. Des chiffres qui reprennent à eux seuls l’impasse dans laquelle se trouve le joueur au moment des négociations.

Avant la blessure, Montpellier et La Rochelle s’étaient positionnés sur son profil. La rupture des croisés a tout changé : Montpellier a opté pour Dimitri Delibes, La Rochelle s’est retirée. Tout transfert est devenu, selon Dico du Sport, « extrêmement compliqué à imaginer à court terme ».

Toulon s’est donc retrouvé seul en poux. Et Villière, sous contrat jusqu’en 2027, sans marché réel, a choisi de prolonger une saison supplémentaire plutôt que d’attendre dans l’incertitude.

Une baisse de salaire acceptée, mais une conviction sincère depuis 2023

La prolongation s’accompagne d’une rémunération revue à la baisse. Le RC Toulon, contraint par le plafond salarial du Top 14, avait déjà été identifié comme un club cherchant à dégraisser sa masse salariale avant la blessure de Villière. La prolongation proposée intègre donc un effort financier du joueur. Ce n’est pas anodin.

Pourtant, cette décision ne se résume pas à une contrainte économique. Le précédent de novembre 2023 l’illustre clairement. À l’époque, Villière avait déjà prolongé une première fois jusqu’en 2027, déclaré dans Var-Matin que rester était « une évidence » et qu’il n’avait « pas démarché d’autres clubs » (Blog-RCT / Var-Matin). Il avait choisi Toulon librement, avec un marché ouvert devant lui.

Cette fois, le contexte est différent. Mais la conviction, elle, semble tenir. Villière le dit lui-même :

« Je me sens vraiment toulonnais aujourd’hui mais je sais que ça se mérite, que ce n’est pas gratuit. Il faut montrer et beaucoup donner. » (Gabin Villière, L’Équipe)

Arrivé en 2019 en provenance de Rouen, il a inscrit 30 essais en 87 matchs sous le maillot rouge et noir. Sept saisons. La prolongation traduite une confiance mutuelle réelle même si les circonstances, cette fois, n’ont guère laissé d’autres options.

Villière mise sur le Mondial 2027 pour relancer sa carrière

Rester à Toulon jusqu’en 2028 répond aussi à une stratégie sportive claire. La Coupe du monde 2027 en Australie représente l’objectif central de cette décision.

Villière compte une vingtaine de sélections avec le XV de France. Sa dernière cape remonterait à la tournée en Nouvelle-Zélande, en juillet 2025. Depuis, la blessure aux croisés a tout mis en suspens. Les prochaines fenêtres internationales avant le Mondial lui échappent très probablement.

Pour espérer figurer dans les plans de Fabien Galthié en 2027, il lui faut du temps de jeu au plus haut niveau. Toulon, club qu’il connaît parfaitement, lui offre ce cadre. Une reconstruction dans un environnement maîtrisé vaut mieux qu’un départ dans l’inconnu avec un genou fraîchement exploité.

Le défi reste immense. Depuis son arrivée au RCT, Villière a enchaîné les pépins physiques : fractures du péroné en 2022 et 2023, entorse du ligament latéral interne en 2024, pubalgie, fracture d’une côte, et désormais rupture des croisés. En moyenne, il ne se dispute que 12,4 matchs par saison avec Toulon. Sur sept saisons, c’est un passif médical qui pèse lourd dans toute projection.

À 30 ans, avec un tel passif, la marge de manœuvre est étroite. Mais la prolongation jusqu’en 2028 lui donne au moins le temps nécessaire pour tenter de la saisir.

Cette prolongation repose sur un pari : que Villière, malgré son lourd passif médical, retrouvera assez de stabilité physique pour justifier cette confiance. Pour le joueur, c’est une chance de se reconstruire loin des regards pressants, en vue du Mondial 2027 un objectif qui donne un sens sportif à cette décision au-delà de l’attachement émotionnel.

Villière parviendra-t-il à enchaîner les matchs pour retrouver sa place en équipe de France avant le Mondial 2027 ?

Auteur

Gilles

Golfeur (index 12) nourri aux sports de combat et à la tactique. J'aborde l'actu sportive avec flegme. Je décortique la performance et la stratégie sans jamais forcer. Une plume relax qui analyse tout le secteur du sport, du green de golf à l'octogone du MMA.

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