Galthié : «On a découvert une nation de rugby avec des talents partout et une agressivité sur l’homme incroyable»
Retrouvez MVZ Sports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités sport plus facilement
Fabien Galthié retrouve les Fidji samedi à Lyon, et il n’a pas oublié sa tournée de 1998 : la découverte d’une « nation de rugby » au talent brut et à l’agressivité hors norme.
Avant la confrontation en ouverture du Championnat des nations, le sélectionneur du XV de France a longuement évoqué son lien avec les joueurs îliens. « On a beaucoup d’amour pour cette équipe », a-t-il lancé.
Derrière l’affection se cache un adversaire qu’il connaît par cœur. Galthié, à la tête des Bleus depuis 2019, les a affrontés sept fois sur les dix dernières confrontations depuis 1991, d’abord comme joueur, puis comme sélectionneur.
La tournée de 1998, le choc fondateur
En 1998, Fabien Galthié participe à une tournée aux Fidji avec le XV de France. Le rugby professionnel débute à peine, et les îliens n’ont pas encore débarqué en France. « On croit, nous, qu’on va voir les palmiers, le Pacifique, que ça va être sympa », se souvient-il.
Il n’en sera rien. Deux matchs restent gravés dans sa mémoire, où les Bleus se font attaquer. « À la découverte d’une nation de rugby avec des talents partout et une agressivité sur l’homme incroyable. »
De retour à Colomiers, son club de l’époque, il prévient ses coéquipiers : « On a joué des joueurs que vous ne connaissez pas. Quand ils viendront en France, ils seront tous titulaires. » La suite lui donne raison. Les joueurs fidjiens débarquent en France à la fin des années 90 et s’imposent dans tous les clubs où ils passent.
Une affection nourrie par le respect
Cette admiration s’est transformée en affection. « On a beaucoup d’amour pour cette équipe parce que ce sont des très grands joueurs de rugby », assume Galthié, qui parle aussi au nom de tout le groupe France.
Le sélectionneur sait ce que coûte l’exil à ces joueurs. Quitter les Fidji, c’est laisser sa famille, sa culture, son village, son club. La transition est souvent difficile. « On ne vit pas en Europe, en France, comme aux Fidji. C’est dur pour eux de quitter leurs coutumes. »
Un respect renforcé par son propre parcours. L’ancien demi de mêlée, 64 sélections et capitaine des Bleus, élu meilleur joueur du monde IRB en 2002, connaît la valeur de ces talents : il les a vus arriver dans le championnat de France et s’y imposer naturellement.
Samedi, un adversaire toujours aussi dangereux
Le constat vaut encore aujourd’hui. « Ce sont des joueurs qui ont un talent individuel hors norme », juge Galthié. Puissants, adroits, imprévisibles, souvent les meilleurs marqueurs d’essais du championnat de France. « On ne sait jamais avec eux ce qui va se passer. Tout peut arriver. »
Le XV de France s’y prépare depuis dix jours, avec un effectif renforcé par les retours d’Antoine Dupont, François Cros ou Cameron Woki. La charnière Dupont–Ntamack est de retour : les deux hommes jouent ensemble au Stade Toulousain, où Antoine Dupont est prolongé jusqu’en 2031. Galthié y voit un vrai atout.
En face, les Fidji avancent avec leur nouveau sélectionneur, Jack White, champion du monde avec l’Afrique du Sud en 2007. « Le challenge est très élevé. On en a conscience et on se prépare en conséquence », conclut Galthié.