Joan Caudullo, manager de Montpellier, a lancé un pari audacieux : transformer Christopher Tolofua, talonneur de 32 ans, en pilier droit en vue de la Coupe du monde 2027 en Australie un projet validé en coulisses par Fabien Galthié.
Tolofua ne jouera plus talonneur à Montpellier. Caudullo en a décidé ainsi et en a discuté directement avec le sélectionneur des Bleus. Pour les supporters du XV de France, c’est un signal fort : Galthié cherche des solutions au poste de pilier droit, laissé vacant par la retraite internationale d’Uini Atonio.
« Fabien Galthié n’est pas insensible » : comment Caudullo a convaincu le sélectionneur
Joan Caudullo a pris le téléphone, appelé Fabien Galthié, et soumis l’idée directement. La réponse du sélectionneur l’a encouragé à aller au bout.
« Vous allez le voir à droite dans les prochaines semaines. C’est un projet qu’on a avec lui. J’en ai discuté avec Fabien Galthié, le sélectionneur de rugby. J’y crois vraiment, mais il faut le mettre en place », a déclaré le manager de Montpellier.
La validation de Galthié est explicite, même si elle reste conditionnelle. « Fabien Galthié va regarder, bien sûr. Il n’est pas insensible à regarder Christopher sur le poste de pilier droit, donc ça veut dire qu’on peut y aller. Maintenant, s’il voit que ‘Tolo’ a des patins à roulettes, ce sera compliqué de l’aligner », a précisé Caudullo.
Le message est clair : le sélectionneur observe, mais le joueur doit convaincre sur le terrain.
Caudullo, lui, ne doute pas. « J’avais envie de le rassurer sur le fait qu’on démarre un nouveau projet avec lui sur le poste de pilier droit. Lui, il a envie d’y aller et moi, je reste persuadé qu’on sera capables de le faire. Maintenant, on va y aller à 100 % ».
Ce qui crédibilise le projet : Tolofua n’est pas novice à ce poste. Il a déjà travaillé le pilier droit lors de son passage à Toulon. Ce n’est pas une improvisation.
Pourquoi Tolofua a les capacités physiques pour devenir pilier droit
À 1,83 m et 120 kg, il figure parmi les talonneurs les plus lourds du Top 14 précisément ce qui a convaincu Caudullo.
« Il est costaud sur le bas du corps, il a des reins solides quant à un pilier droit aujourd’hui en termes de stats, et je ne le sens pas perdu quand on le met en place. Cette semaine, il a fait des mêlées de qualité. Le décor est planté », a affirmé le manager montpelliérain.
Tolofua lui-même confirme qu’il n’a pas besoin de se réinventer physiquement. « Je fais partie des talonneurs les plus costauds donc je n’aurais pas forcément besoin de prendre du poids ».
Caudullo avait envisagé de l’aligner en pilier droit lors de la demi-finale de Challenge Cup face à Newport, avant de renoncer. Les dernières journées de Top 14 serviront de banc d’essai.
La conviction du manager est totale. « Il faut qu’il en passe par là, mais je reste persuadé qu’il a les capacités pour disputer la Coupe du monde en Australie ».
Un pari limité dans le temps : Tolofua en fin de contrat en juin 2027
Le calendrier est serré. Tolofua arrive en fin de contrat à Montpellier en juin 2027. La Coupe du monde en Australie se termine quelques semaines avant cette échéance. Réussir cette reconversion, c’est jouer un dernier Mondial et prolonger sa carrière au plus haut niveau.
La hiérarchie de départ ne lui est pas favorable. Il démarrera la pré-saison comme quatrième droitier et quatrième talonneur dans l’effectif montpelliérain. Devant lui au poste de pilier droit : Wilfrid Hounkpatin, Luka Japaridze et Valentin Welsch.
Tolofua connaît la difficulté technique du défi. « C’est le poste le plus dur à la mêlée, mais pour un talonneur, c’est à mon avis moins dur de passer à droite qu’à gauche ». Une lucidité qui relativise l’ampleur du travail restant.
Le contexte en équipe de France joue en sa faveur. La retraite internationale d’Uini Atonio a laissé un vide réel dans la hiérarchie de Galthié. Tolofua arrive dans un poste à reconstruire, pas dans une hiérarchie saturée.
Tolofua aura-t-il le temps de s’imposer au poste avant la Coupe du monde 2027 ?