Quand le folklore du rugby s’invite au sommet de la performance professionnelle. Ce lundi 1er juin 2026, au lendemain de la courte défaite de l’Union Bordeaux-Bègles à Toulon (27-22), Ben Tameifuna a fait de savoureuses confidences dans les colonnes de L’Équipe.
Devenu la coqueluche des réseaux sociaux en prolongeant les festivités du sacre européen jusqu’au milieu de la semaine, le colossal pilier droit assume totalement une préparation pour le moins « liquide ». Un excès qui ne l’a pas empêché de dynamiter la seconde période à Mayol, prouvant qu’il reste un ovni capable de troquer la bière pour le bleu de chauffe en un claquement de doigts.
Dans un rugby moderne de plus en plus aseptisé et calibré par la data, Ben Tameifuna rappelle que ce sport puise ses racines dans la camaraderie et l’art de la célébration. Après le deuxième titre consécutif en Champions Cup glané face au Leinster, le joueur de 140 kilos a poussé le curseur de la fête très loin, faisant souffler un vent de fraîcheur et de nostalgie sur le professionnalisme. Mais si le folklore amuse, c’est avant tout parce que le colosse répond présent dès que les crampons foulent la pelouse.
« Mon dernier verre remonte à mercredi soir, je crois » : la préparation décomplexée de Tameifuna
La victoire de l’UBB face au Leinster en finale de la Champions Cup, c’était il y a environ une semaine. Pour la plupart des joueurs : récupération active, sommeil calibré, alimentation contrôlée. Pour Tameifuna, autre chose.
Le pilier fidjien ne s’en cache pas :
« Mon dernier verre remonte à mercredi soir, je crois. Ou jeudi matin. L’un des deux. Tout était flou. Après, j’ai englouti des litres d’eau. J’ai passé beaucoup de temps dans le sauna. » Ben Tameifuna, zone mixte, 1er juin 2026
Mercredi soir ou jeudi matin. Pour un match joué dimanche. Le calcul est rapide.
Il va plus loin, décrivant la composition de son corps avec une franchise totale : « Je pense qu’en ce moment, je suis fait de Guinness, de Heineken et de rhum Coca. »
« Il faut marquer les moments importants » : la justification du champion
Tameifuna ne cherche pas à minimiser. Il ne dit pas que c’était raisonnable. Il dit que c’était nécessaire.
« Ce n’était pas une question de picoler, mais de célébrer. Il faut marquer les moments importants dans la vie. Parce que ça file vite. En Coupe des champions, on a eu un parcours difficile jusqu’aux play-offs. Notre chemin vers la finale n’a pas été facile, et il fallait évacuer ça. Une fois qu’on a gagné. » Ben Tameifuna, zone mixte, 1er juin 2026
Le parcours de l’UBB en Champions Cup n’a pas été simple. Les play-offs ont été disputés, tendus. Quand la finale est gagnée, la pression de plusieurs mois cherche une sortie. Tameifuna a choisi la sienne.
La distinction qu’il pose entre « picoler » et « célébrer » dit quelque chose sur sa façon de vivre le sport de haut niveau : à fond dans les deux sens.
Essai à la mi-temps : quand la résilience vaut mieux que la préparation parfaite
Toulon menait 21 à 7 à la mi-temps quand Tameifuna entrait en jeu. Pas pour faire de la figuration.
Quelques minutes après son entrée, il franchissait la ligne et inscrivait l’essai. Celui d’un homme fait, selon ses propres mots, de Guinness, de Heineken et de rhum Coca.
En défense, il a bloqué une tentative de percée adverse. Pas le profil d’un joueur qui traîne les pieds après une semaine de fête.
Score final : 27-22 pour Toulon. L’UBB s’incline, mais Tameifuna sort la tête haute. Il a fait son travail, avec trois jours de récupération en moins que ses coéquipiers.
Tameifuna a prouvé ce dimanche qu’on peut célébrer comme il faut et quand même franchir la ligne. Dans un rugby obsédé par l’optimisation, c’est presque subversif.
Et vous, vous auriez fait pareil après un titre en Champions Cup ?