« J’avais promis » : Galthié révèle pourquoi Jalibert recule et Ntamack reprend les clés
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Matthieu Jalibert attire forcément les regards avec ce repositionnement annoncé à l’arrière, mais le choix le plus révélateur de Fabien Galthié face à l’Australie se cache dans l’équilibre général d’un XV de France très remanié.
Sur le papier, la surprise est évidente. Demi d’ouverture face aux All Blacks, Jalibert est cette fois annoncé en numéro 15 pour défier les Wallabies à Brisbane, samedi matin à 9h40. Une bascule rare, donc immédiatement commentée, surtout dans une équipe où Romain Ntamack doit prendre l’ouverture et Maxime Lucu conserver le brassard.
Mais réduire cette composition à un simple déplacement de Jalibert serait passer à côté du vrai sujet. Galthié ne change pas seulement un joueur de poste. Il redessine une équipe, avec des absences à absorber, des premières sélections à lancer et un paquet d’avants largement remodelé après la courte défaite en Nouvelle-Zélande.
Jalibert à l’arrière, une idée forte mais encore fragile
Le repositionnement de Jalibert donne une lecture très offensive du XV de départ. Avec Ntamack à l’ouverture, Lucu à la mêlée et Jalibert potentiellement derrière, le staff empile trois joueurs capables de lire le jeu, d’occuper au pied et de peser sur les choix de tempo.
Ce n’est pas un détail contre l’Australie. À l’arrière, Jalibert pourrait offrir une solution de relance plus créative, mais aussi une deuxième voix stratégique loin des zones de ruck. C’est séduisant si les Bleus ont le ballon. C’est plus exposé si les Wallabies ciblent le fond du terrain ou multiplient les duels aériens.
La prudence reste obligatoire, car sa présence n’est pas encore totalement sécurisée dans les informations disponibles. Jalibert est indiqué comme touché au mollet gauche et doit se tester lors de l’entraînement du capitaine. En cas de forfait, Antoine Hastoy, annoncé comme 24e homme, débuterait la rencontre.
Cas concret : si Jalibert ne peut pas tenir sa place, le plan français change immédiatement de nature. Hastoy à l’arrière offrirait un profil plus proche d’un ouvreur de couverture, mais le triangle arrière perdrait l’effet de surprise autour de Jalibert. Ntamack et Lucu auraient alors encore plus de responsabilités dans la gestion du match.
Le vrai pari se situe dans la reconstruction de l’équipe
Le contexte explique une partie du choix. Damian Penaud, Max Spring et Pierre Bochaton sont présentés comme touchés après le match face aux All Blacks. Galthié a donc dû revoir sa copie, avec une ligne arrière où certains repères changent vite.
Yoram Moefana, Fabien Brau-Boirie et Théo Attissogbe doivent enchaîner, tandis qu’Aaron Grandidier-Nkanang est annoncé pour sa première sélection. Ce mélange dit beaucoup du moment des Bleus : le staff ne cherche pas seulement à survivre à une tournée difficile, il teste aussi la profondeur réelle du groupe.
Devant, le signal est encore plus net. Demba Bamba, Oscar Jegou et Marko Gazzotti sont les seuls reconduits dans le pack de départ selon les informations disponibles. Jegou et Gazzotti sont associés à Lenni Nouchi en troisième ligne, pendant que Peato Mauvaka prend le talon et que Moses Alo-Emile est annoncé titulaire pour sa première cape.
C’est probablement là que se joue le pari le plus lourd. Une charnière Lucu-Ntamack peut encadrer le match, Jalibert peut attirer la lumière, mais l’équilibre français dépendra d’abord de la capacité de ce pack remanié à ne pas subir le rythme australien. Sans plateforme propre, le repositionnement de Jalibert restera une idée brillante sur la feuille, pas forcément une arme sur le terrain.
Moses Alo-Emile, symbole d’un match à double lecture
La présence annoncée de Moses Alo-Emile ajoute une histoire forte à cette composition. Le pilier va connaître sa première sélection avec les Bleus à Brisbane, la ville où il est né. Le corpus consulté confirme que ce retour en Australie est déjà traité comme un angle fort par plusieurs médias rugby.
Mais sportivement, le symbole ne suffira pas. Pour une première cape, dans un pack changé, face à l’Australie, l’équation est exigeante. Alo-Emile devra tenir son rôle dans une première ligne complétée par Mauvaka et Bamba, avec une pression immédiate sur la mêlée, les collisions et la discipline.
Le banc montre aussi que Galthié garde des cartouches. Maxime Lamothe, Jefferson Poirot, Hugo Auradou ou Tom Staniforth, titulaires face à la Nouvelle-Zélande d’après la source, sont annoncés parmi les remplaçants. Cela peut permettre de densifier la seconde période, mais cela confirme surtout que le staff a choisi de rebattre les cartes dès le coup d’envoi.
Le match contre l’Australie ne dira donc pas seulement si Jalibert peut dépanner à l’arrière. Il dira si cette version recomposée du XV de France peut rester cohérente malgré les blessures, les premières sélections et les changements de repères. C’est ce pari-là, plus large et plus risqué, que Galthié place à Brisbane.