« Le jour où je ne sentirais rien, j’arrête » : Chocobares se confie sur son stress d’avant-match
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La nuit avant la finale 2025 du Top 14, Santiago Chocobares n’a pas fermé l’œil une nuit blanche avant d’affronter l’Union Bordeaux-Bègles devant 78 534 spectateurs au Stade de France.
Pour un ailier argentin de 27 ans à sa quatrième finale en cinq ans, cette insomnie n’est pas une anomalie : c’est la signature de son engagement.
Quatre finales, quatre fois ce stress : le baromètre intime de Chocobares
Né le 31 mars 1999 à Rufino, en Argentine, Santiago Chocobares est arrivé jeune au Stade Toulousain. Il y a grandi sportivement, saison après saison, finale après finale.
Quatre finales de Top 14 disputées. Quatre Boucliers de Brennus remportés : 2021, 2023, 2024, 2025. Ce palmarès n’est pas anodin. Selon Americas Rugby News (28 juin 2025), Chocobares détient désormais, avec son coéquipier Juan Cruz Mallía, le record du plus grand nombre de titres de Top 14 pour un joueur argentin quatre, contre trois pour Patricio Albacete.
Chaque titre a été précédé du même rituel involontaire : la pression, le ventre noué, les pensées qui s’emballent.
À cela s’ajoutent au moins 35 sélections avec les Pumas, l’équipe nationale argentine du rugby . Chocobares connaît donc la pression sous ses deux formes les plus intenses : celle du club, devant 78 534 spectateurs (finale 2025, Stade de France), et celle du maillot national. Son témoignage sur le stress pré-compétition n’est pas celui d’un novice. C’est celui d’un homme qui a vécu cette expérience à répétition, et qui a fini par lui donner un sens.
Mais ce qui distingue Chocobares, ce n’est pas seulement son palmarès : c’est sa relation assumée aux émotions qui précèdent chaque match.
« Je tourne en rond » : quand le stress devient preuve d’amour du jeu
« Le jour où je ne sentirais rien, c’est le jour où je vais arrêter. » La phrase est simple. Elle dit tout.
Avant la finale 2025 contre l’Union Bordeaux-Bègles, Chocobares a vécu une nuit blanche. « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, j’ai fait une nuit blanche », confie-t-il. Pas de raison médicale, pas de blessure, pas de crise. Juste l’enjeu, qui prend toute la place.
Il décrit son état avec une précision désarmante : « Je tourne en rond. » Deux mots. Une image exacte de ce que vivent des milliers d’athlètes la veille d’une grande échéance et que beaucoup refusent d’admettre.
Ce contraste, c’est lui qui l’établit. Il observe ses coéquipiers Peato Mauvaka et Rodrigue Neti, deux figures du vestiaire toulousain. « Tu les vois la veille du match, ils rigolent ! Ils ont la banane ! » Pas de jalousie dans sa voix. Plutôt une forme d’admiration amusée pour des tempéraments radicalement différents du sien.
Chocobares ne cherche pas à devenir Mauvaka. Il assume d’être Chocobares.
Cette posture rejoint ce que les spécialistes de la psychologie du sport observent depuis plusieurs décennies : les émotions pré-compétitives, lorsqu’elles sont reconnues et acceptées plutôt que combattues, fonctionnent comme un signal d’activation. Elles ne freinent pas la performance elles l’annoncent.
Son stress n’est pas une faiblesse qu’il surmonte. C’est la preuve qu’il est encore là, entier, engagé.
Un record argentin qui parle de fierté, pas seulement de victoires
Quatre titres. Un record. Et pourtant, ce n’est pas ce chiffre que Chocobares met en avant quand il parle de sa carrière au Stade Toulousain.
« Je suis très fier d’être ici et je suis très content de porter le maillot du Stade Toulousain. » Elle vient d’un joueur qui a grandi dans ce club, qui y a construit son identité sportive depuis ses premières années professionnelles.
Le lien entre le stress assumé et cette fierté n’est pas anodin. Chocobares ressent encore quelque chose avant chaque match parce qu’il tient encore à quelque chose. Le maillot compte. Le résultat compte selon RMC Sport. Les coéquipiers comptent. Ce n’est pas un détail psychologique c’est le moteur de toute sa carrière.
À 27 ans, avec quatre titres de champion de France et 35 sélections avec les Pumas, il n’a aucune raison de douter de sa place au plus haut niveau. Mais il sait aussi que le jour où l’insomnie disparaîtra, où le ventre ne se nouera plus, ce sera le signe que quelque chose s’est éteint. Et ce jour-là, il partira.
Chocobares a mis des mots simples sur ce que beaucoup d’athlètes taisent : les émotions pré-compétitives ne freinent pas la performance, elles l’annoncent. Son stress pré-match n’est pas une faiblesse cachée, c’est la preuve qu’il aime encore ce qu’il fait et qu’il continuera tant que ce sentiment persiste.