Le Stade Toulousain a encaissé un 21-0 puis a montré pourquoi cette équipe fait si peur au Top 14 avec ses atouts Gourgues, Menoncello et Remue
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Le Stade Toulousain a connu un vrai trou d’air à Bayonne, avec trois essais encaissés après la pause, avant de répondre par une fin de match qui rappelle pourquoi le champion reste si difficile à éteindre.
Sur le papier, ce 54-47 face à l’Aviron Bayonnais ressemble à un match amical spectaculaire, presque trop ouvert pour tirer de grandes vérités. Quinze essais, plus de 100 points, des défenses encore en rodage : la période impose de garder une lecture prudente.
Mais la séquence centrale raconte quelque chose de plus précis. Toulouse menait 28-21 à la mi-temps, puis Bayonne a inscrit trois essais en seconde période pour passer à 42-28. Un 21-0 brutal, au moment où les rotations et les expérimentations ont pu faire basculer la soirée.
La réponse toulousaine a changé la lecture du match. Romain Ntamack, Kalvin Gourgues, Colombe puis Mauvaka ont remis les Rouge et Noir devant, jusqu’à une victoire arrachée en fin de rencontre.
Un 21-0 encaissé, puis une réponse qui change tout
Bayonne a frappé fort après la pause. Tiberghien a marqué à la 44e minute, Orabé à la 50e, puis Tiberghien encore à la 59e. En moins d’un quart d’heure, Toulouse est passé d’une avance courte à un retard de 14 points.
À ce moment-là, le match pouvait devenir une simple alerte de reprise. Beaucoup de changements, un pack bricolé par endroits, des automatismes encore imparfaits : les signaux faibles allaient dans le sens d’une fin de rencontre compliquée.
Toulouse a pourtant recollé en deux temps. Ntamack a profité d’un rebond favorable après un jeu par-dessus pour relancer les siens à la 63e minute. Gourgues a ensuite marqué à la 67e, ramenant le score à 42-42.
La fin du match a été plus toulousaine que bayonnaise. Colombe a inscrit l’essai du 42-49 à la 75e, puis Mauvaka a ajouté celui du 42-54 deux minutes plus tard. Bayonne a encore marqué par Tagi à la 80e, sans empêcher Toulouse de repartir avec la victoire.
Gourgues, Menoncello et Remue donnent déjà de l’épaisseur à Toulouse
Le point le plus utile pour Toulouse ne tient pas seulement au score. Il tient aux profils qui ont pesé dans ce match de préparation. Kalvin Gourgues, utilisé essentiellement au centre en première période puis à l’arrière en seconde, a surtout marqué par sa vitesse et son essai au moment où Toulouse devait réagir.
Tommaso Menoncello est également compté au centre de l’attaque. Pour une recrue, ce type de match sert souvent à prendre des repères plus qu’à briller. Là, son volume dans le premier acte donne déjà une indication : Toulouse peut ajouter un point d’impact au milieu du terrain sans casser son jeu de mouvement.
Remue a également envoyé un signal. Titulaire à l’arrière, buteur sur la transformation de l’essai de Julien Marchand juste avant la pause, il fait partie des joueurs ressortis du premier acte avec Bonnard-Martin. Dans un effectif aussi dense, ces minutes de pré-saison valent cher.
Cette profondeur n’est pas un détail comptable. D’après Sport Buzz Business, le Stade toulousain affiche un budget annoncé à 55 837 000 euros pour la saison 2025-2026, en hausse de 6 millions par rapport à la saison précédente. Ce poids économique ne gagne pas les matchs à lui seul, mais il aide à comprendre pourquoi Toulouse peut aligner des cadres, intégrer des recrues et tester des jeunes sans perdre tout son socle.
Un avertissement avant La Rochelle, mais aussi un message au Top 14
Le calendrier donne du relief à ce match. La Ligue Nationale de Rugby a dévoilé le calendrier du TOP 14 pour la saison 2026/2027, et Toulouse doit rapidement basculer vers un déplacement à La Rochelle pour la reprise. Le test de Bayonne n’était donc pas une parenthèse isolée.
Ce que Toulouse doit corriger saute aux yeux : 47 points encaissés, trois essais subis en rafale après la pause, des scories logiques mais bien présentes. À ce niveau, même en préparation, le trou d’air ne passera pas toujours sans dégâts.
Ce que Toulouse a montré en réponse pèse tout autant. Même mené 42-28, même avec un pack remanié et plusieurs expérimentations, le champion a retrouvé de l’avancée, du soutien et des finisseurs. C’est précisément cette capacité à ne pas disparaître quand le match lui échappe qui nourrit la crainte autour de cette équipe.
Bayonne a offert une opposition sérieuse et a profité des moments faibles toulousains. Mais Toulouse a terminé avec huit essais, sept transformations et une dernière séquence maîtrisée. Pour un match amical, le résultat ne vaut pas le verdict. Pour le Top 14, le signal est déjà lisible : il faudra encore beaucoup d’énergie pour faire tomber les Rouge et Noir sur la durée.