« Le Top 6, c’est terminé. » : Le constat terrible de Pierre Mignoni après la correction reçue par Toulon au Vélodrome

Pierre Mignoni
Publié le mai 10, 2026

L’heure est à l’amère lucidité sur la Rade. Après la déroute historique subie au Vélodrome face au Stade Toulousain (27-51), le manager du RCT, Pierre Mignoni, a acté la fin des ambitions de phase finale pour son équipe.

Dans une colère froide, le technicien varois a non seulement reconnu l’infériorité de son groupe face à l’ogre rouge et noir, mais il a également profité de l’occasion pour adresser un tacle cinglant à une partie des supporters. Entre aveu d’échec et volonté de « laver l’affront », Toulon entre dans une zone de turbulences à trois journées de la fin du championnat.

Le Vélodrome devait être le théâtre d’une renaissance ; il a été celui d’une seconde humiliation en deux ans. Un an après avoir déjà encaissé 50 points face à ces mêmes Toulousains à Marseille, Toulon a de nouveau sombré, confirmant un fossé abyssal avec le sommet du Top 14. Pour Pierre Mignoni, cette défaite marque un point de non-retour dans la saison 2025-2026. Devant la presse, le manager a sonné la fin de la récréation, enterrant officiellement les espoirs de Top 6 pour se concentrer sur une mission de sauvetage : le Top 8.

« Le Top 6, c’est terminé » : L’aveu sans détour de Pierre Mignoni après l’humiliation au Vélodrome

Il n’a pas tourné autour du pot. Dès la conférence de presse d’après-match, Pierre Mignoni a prononcé les mots que personne ne voulait entendre côté varois : « Le Top 6, c’est terminé. Ce soir, on peut le dire, puisqu’il y en a qui le disent depuis un moment déjà. Comme ça, ça leur donnera raison. »

La phrase est lourde. Elle l’est d’autant plus venant de lui un entraîneur qui ne capitule pas facilement.

Mignoni n’est pas un entraîneur ordinaire. Ancien demi de mêlée international français, il est reconnu dans le milieu pour sa combativité et ses prises de parole directes. Quand cet homme-là abandonne publiquement un objectif, c’est une capitulation assumée, presque douloureuse à entendre.

Quelques semaines plus tôt, il refusait encore de fermer la porte au Top 6. Le score de 27-51 a tout refermé d’un coup.

Ce résultat n’est pas un accident isolé. La saison passée, le 9 mai 2025, Toulon avait déjà encaissé 50 points face au Stade Toulousain, s’inclinant 16-50. Deux défaites de plus de 50 points consécutives, au même moment de la saison, contre le même adversaire : ce n’est plus une mauvaise soirée, c’est une fracture structurelle.

Toulon joue au Vélodrome depuis 2009. Ce soir-là, l’enceinte marseillaise a surtout servi de théâtre à une humiliation.

« Des joueurs qui lâchent » : Mignoni retourne sa frustration contre son effectif

« Je suis énervé parce que… On est des compétiteurs. Bravo au Stade Toulousain. Il n’y a rien à dire. C’est une grande équipe, pas nous. » La formule claque. Mignoni rend hommage à l’adversaire, mais le vrai message est ailleurs : pas nous.

Derrière la frustration, il y a un constat précis sur son propre groupe. L’entraîneur toulonnais a tracé une ligne entre deux catégories de joueurs : « Il y a des joueurs qui s’accrochent, et d’autres qui lâchent. C’est la vérité. »

Pointer publiquement des joueurs qui « lâchent » est un signal fort sur l’état mental du vestiaire.

Certains auraient pu s’abriter derrière les absences. Toulon composait avec un effectif diminué ce soir-là. Mignoni a refusé ce refuge : « Alors, oui c’est vrai, il nous manquait des mecs. Pfff…. On va arrêter de se trouver des excuses, quoi. »

Le soupir dit autant que les mots. Il y a dans ce « pfff » une lassitude profonde celle d’un entraîneur qui a épuisé les explications et qui regarde ses joueurs en face.

Trois matchs pour sauver la Champions Cup : le nouvel enjeu de Toulon

Le Top 6 est mort. Mais Mignoni n’a pas attendu le lendemain pour fixer un nouvel horizon. Il reste trois journées à disputer en Top 14. L’objectif désormais affiché : le Top 8. Finir dans les huit premiers garantit l’accès à la Champions Cup la saison prochaine. Pour un club qui vient de disputer une demi-finale européenne, rater la Champions Cup serait un recul sportif et financier majeur.

Le prochain rendez-vous est fixé contre le Racing 92, le samedi 16 mai à 21h. Un match de Rugby qui ressemble déjà à un test de caractère.

Mignoni a été clair sur ses intentions : « On va essayer de laver l’affront. Il reste trois matchs, il faut essayer de finir en ce Top 8 pour espérer faire la Champions Cup. »

Laver l’affront. Pas reconstruire, pas rebondir. Laver. Comme si la tache de cette soirée au Vélodrome devait être effacée avant tout le reste.

En 80 minutes au Vélodrome, Toulon a basculé : d’un club qui rêvait du Top 6 à une équipe qui se bat pour le Top 8 et l’accès à la Champions Cup. La chute est brutale, d’autant plus difficile à digérer qu’elle survient une semaine après une demi-finale européenne honorable face au Leinster.

Ce paradoxe est le vrai sujet de la fin de saison : comment un club capable de tenir tête au Leinster en demi-finale européenne peut-il encaisser 51 points en championnat une semaine plus tard ?

Toulon peut-il encore se relever mentalement avant de recevoir le Racing 92 samedi ?

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