« Personne n’a voulu mettre Greg Patat dehors » : Tayeb répond frontalement aux rumeurs

Publié le juin 19, 2026

Philippe Tayeb affirme que « personne n’a voulu mettre Greg Patat dehors ». Les faits documentés dispense d’activité notifiée en février 2026, présence immédiate de Laurent Travers sur le terrain, griefs répétés du président racontent une autre histoire.

Le président de l’Aviron Bayonnais revient sur le départ de son manager Grégory Patat, survenu en février 2026 après une demi-finale de Top 14 qualifiée d’historique par le club lui-même la première depuis 42 ans. Trois démentis successifs novembre 2025, février 2026, juin 2026 et des faits établis invitent à lire cette version avec prudence.

« Je me suis trompé » : Tayeb reconnaît son erreur de casting, mais dément avoir poussé Patat dehors

Le 19 juin 2026, Philippe Tayeb prend la parole. Sa déclaration est directe : « Personne n’a voulu mettre Greg Patat dehors. » Il ajoute : « Je suis déçu et navré qu’il ait souhaité partir du club. »

Le président reconnaît néanmoins une erreur de jugement. « Je me suis trompé », dit-il, en admettant avoir cru que Patat et Laurent Travers pourraient cohabiter. Il dément par ailleurs avoir subi un silence médiatique imposé par son conseil d’administration.

Cette version entre en contradiction avec le calendrier des faits.

Dès novembre 2025, Tayeb avait déjà répondu aux rumeurs via Midi Olympique, affirmant que Bayonne ne comptait « absolument pas se séparer de son manager » (Midi Olympique, 12 novembre 2025). Puis, le 18 février 2026, il déclarait à ICI Pays Basque : « Grégory n’a pas été démis de ses fonctions » — au moment précis où une dispense d’activité lui était notifiée par le directeur financier du club (France Bleu / ICI Pays Basque, 18 février 2026).

Patat avait prolongé son contrat jusqu’en 2028 en octobre 2025. Il quittait le club quatre mois plus tard, sans indemnités majeures malgré ce contrat long (L’Équipe / Minute Sports, 19 février 2026). La forme juridique du départ tranche : une lettre de dispense remise par le directeur financier, pas une démission. Une procédure initiée par la direction, pas un choix spontané du manager.

Ses proches avaient pourtant signalé ses réticences dès l’été 2025. Il était hors de question pour lui de signer une prolongation « sans savoir s’il va être charcutier ou boulanger » (Sud-Ouest / XV Ovalie, 26 août 2025). Ces réticences existaient — directement causées par les choix organisationnels de Tayeb.

Laurent Travers sur le terrain dès le lendemain : la version de Tayeb sur les intentions de l’ancien directeur du rugby ne tient pas

Tayeb affirme le 19 juin 2026 que Laurent Travers « n’avait initialement aucune intention de revenir sur le terrain ». Il va plus loin : « Laurent tend la main et il s’est fait cracher dessus par des membres du staff peu expérimentés. » Et il pose cette question rhétorique : « On est qui pour dire à une personne comme Laurent Travers, avec 22 ans d’expérience : ‘Tu ne nous intéresses pas’ ? »

Les faits contredisent cette version.

Dès le 19 février 2026 le lendemain du départ de Patat, Laurent Travers était sur le terrain d’entraînement aux côtés de Gerard Fraser, promu entraîneur principal (France Bleu / ICI Pays Basque, 19 février 2026). Une présence immédiate qui suggère une transition préparée.

Cette lecture est cohérente avec la chronologie plus large. Travers avait été nommé directeur du rugby de l’Aviron Bayonnais le 12 mars 2025, avec prise de fonctions au 1er juillet 2025. Sa mission officielle : « diriger toutes les composantes du projet sportif ». Placer Travers au-dessus de Patat dans l’organigramme était une décision de direction, votée en CA.

Les tensions avaient des signes physiques. Dès l’été 2025, Travers avait déménagé son bureau du bâtiment principal vers le bâtiment administratif derrière la tribune Nord/Mendy (ICI Pays Basque, 26 août 2025). Travers lui-même déclarait à cette période : « Je regrette qu’on ne veuille pas s’appuyer sur mon expérience et mes compétences » (ICI Pays Basque, 26 août 2025).

Tayeb avait pourtant posé publiquement le cadre dès août 2025 : « Il faut qu’on trouve un accord financier et un accord de fonctionnement, parce qu’il y a une personne extérieure qui va arriver pour faire grandir le club et le projet, Laurent Travers » (ICI Pays Basque, 26 août 2025).

Selon L’Équipe, Tayeb reprochait à Patat d’être « trop laxiste, trop gentil, trop proche des joueurs » et estimait qu’il n’avait été prolongé que parce que « le peuple le voulait » (L’Équipe / Minute Sports, 20 février 2026). Des griefs formulés après le départ mais qui existaient avant et qui contredisent directement la déclaration du 19 juin 2026.

Janvier 2026 : quand le capitaine Arthur Iturria appelait au calme face aux « bouleversements internes »

Avant la dispense d’activité de février, le vestiaire avait senti le vent tourner.

Le 25 janvier 2026, après une défaite, le capitaine Arthur Iturria prenait la parole publiquement. Sa déclaration était mesurée, mais sans ambiguïté : « J’espère surtout que ce résultat ne provoquera pas de bouleversements internes, parce que ce n’est pas la meilleure manière de finir la saison. Qu’on le veuille ou non, ça bouscule la sérénité d’un groupe » (ICI Pays Basque, 25 janvier 2026).

Un capitaine ne sort pas ce type de phrase sans raison : les tensions entre direction et staff sportif étaient visibles bien avant le départ de Patat.

Ce même soir, Tayeb lâchait : « Laurent Travers n’intervient pas dans le sportif… jusqu’à ce soir » (ICI Pays Basque, 25 janvier 2026). Le « jusqu’à ce soir » dit tout.

Patat, lui, refusait de commenter. « Ce n’est pas à moi de parler de ça. Je ne veux pas débattre là-dessus. Je veux juste me concentrer sur mon rugby, avec mon staff et mes joueurs » (ICI Pays Basque, 25 janvier 2026). Une discrétion qui contraste avec la communication offensive de Tayeb alors et maintenant.

Tayeb dément avoir poussé Patat vers la sortie. Trois démentis successifs et la présence immédiate de Travers sur le terrain suggèrent une transition orchestrée, pas subie. Patat, lui, a rebondi au CA Brive en tant que manager sportif annonce officielle du club corrézien le 12 mars 2026, une trajectoire qui contraste avec le flou entretenu par Bayonne sur les circonstances réelles de son départ.

Quand un président dément trois fois un départ avant qu’il survienne, sa quatrième version mérite d’être lue avec la même prudence.

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