Pourquoi il n’y avait pas essai de pénalité pour le MHR : Raynal explique
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Deux jours après la finale du Top 14 opposant Toulouse à Montpellier (28-20), Matthieu Raynal, patron de la cellule haute performance de l’arbitrage français (FFR/LNR), valide la décision de Luc Ramos de ne pas accorder d’essai de pénalité au MHR sur l’action Lebel : aucun joueur montpelliérain n’était en position de marquer.
Le geste de Matthis Lebel à la 43e minute envoyer volontairement le ballon en touche dans l’en-but toulousain a déclenché un carton jaune, mais pas d’essai de pénalité. Pour les supporters du MHR, la question est restée en suspens : pourquoi pas les 7 points qui auraient pu basculer la finale ? Raynal explique maintenant la règle qui s’applique, et reconnaît parallèlement une vraie erreur arbitrale en faveur de Toulouse ce qui donne du crédit à toute sa démonstration.
Pourquoi pas d’essai de pénalité : la règle de la probabilité réelle de marquer
Beaucoup de supporters ont vu le carton jaune et conclu : faute grave = essai de pénalité automatique. La règle World Rugby 8.3 dit le contraire.
Deux conditions cumulatives : une faute déloyale, et une probabilité sérieuse qu’un essai aurait été marqué. La proximité de la ligne ne suffit pas si la dynamique collective reste contestable.
Sur le tirage de maillot qui précède le geste de Lebel, Raynal est net : « Le tirage de maillot est marginal. C’est une lutte loyale, épaule contre épaule, entre deux joueurs pour la possession du ballon. Il n’y a aucun problème là-dessus. Par contre, le geste de Lebel d’envoyer le ballon directement en touche est pénalisable avec un carton jaune. »
Le carton jaune est donc justifié. Mais la seconde condition, elle, n’est pas remplie. Raynal détaille : « Pour qu’il y ait essai de pénalité, il aurait fallu qu’il empêche clairement un joueur montpelliérain de marquer. Or là, il n’y a aucun joueur qui est en position de marquer l’essai. Il y a deux Toulousains à proximité du ballon et un Montpelliérain qui est déjà dans l’en-but. Il aurait dû revenir et se saisir du ballon pour marquer… C’était impossible. »
Ce Montpelliérain déjà dans l’en-but, c’est Jordan Uelese. Sa position rendait l’aplatissement impossible : il aurait dû faire demi-tour, récupérer le ballon, et aplatir avec deux défenseurs toulousains sur lui. Un précédent réglementaire illustre bien cette logique : un essai de pénalité peut être accordé à 22 mètres si aucun défenseur n’est en couverture, et refusé à 3 mètres si le maul peut encore être stoppé légalement. La distance ne compte pas. La probabilité réelle, si.
Luc Ramos a donc appliqué la règle à la lettre. Raynal conclut : « Luc et son équipe ont très bien géré la situation et pris la décision qu’il fallait prendre. »
Caudullo valide l’arbitrage sur Lebel, mais dénonce une autre erreur
L’explication de Raynal est corroborée par la partie adverse elle-même. Joan Caudullo, manager du MHR, ne conteste pas la décision sur l’action Lebel. Sa phrase est nette : « Sur cette action-là, Monsieur Ramos a bien arbitré. »
Quand le camp lésé valide lui-même la décision, le débat sur ce point est clos selon Midi Olympique.
Le bilan global de la finale donne pourtant matière à discussion. Sur l’ensemble du match, Toulouse a été davantage sanctionné que Montpellier un déséquilibre qui, en d’autres circonstances, aurait pu alimenter les théories du parti pris.
Mais Caudullo pointe une action précise en première période. Une erreur non sifflée, celle-là. Et sur ce point, Raynal ne se dérobe pas.
L’erreur Flament que Raynal reconnaît : quand l’arbitrage n’est pas parfait
Raynal ne blanchit pas tout. Il reconnaît une erreur réelle, en première période, en faveur de Toulouse.
L’action : Thibaud Flament gêne un soutien montpelliérain, l’empêchant d’intervenir sur Jack Willis lors d’un clean out. Toulouse aurait dû être pénalisé. Ça ne l’a pas été.
Raynal l’assume sans détour : « Effectivement, Toulouse aurait dû être pénalisé. Willis conteste le ballon et Flament gêne l’action de soutien. Dans l’arbitrage, la priorité des arbitres, c’est le plaqueur. Flament se trouve dans le camp adverse et gêne le clean out. Il empêche la possibilité d’accéder et de déblayer le gratteur. »
Caudullo, lui, mesure ce que cette erreur a coûté : « Il y a cette fin de première période où un plaqueur reste dans notre zone et où nous ne sommes pas récompensés. Si on prend ces sept points-là, je pense que derrière ce n’est plus le même match. »
Sept points dans une finale perdue 28-20 : l’argument a du poids, et Raynal ne le nie pas. Il reconnaît l’erreur, mais replace l’ensemble dans son contexte : « Traverser le match sans erreur est impossible. Luc et son équipe ont été très bons. »
C’est cette honnêteté sur Flament qui rend sa validation de la décision Lebel crédible.
Raynal ne défend pas l’arbitrage à tout prix : il explique la règle, valide Lebel, reconnaît Flament. Rigueur réglementaire sur un point, honnêteté sur l’erreur ailleurs c’est ce que les supporters attendent des responsables de l’arbitrage.