« Je suis aussi là pour m’amuser » : Monfils rappelle ce qui le rend encore dangereux même à 40 ans après sa victoire au premier tour de l’US Open
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Gaël Monfils a gagné plus qu’un premier tour à l’US Open : il a rappelé que son tennis reste dangereux quand il accepte encore de jouer avec instinct, plaisir et un brin de folie.
À 40 ans, le Français aurait pu vivre une soirée d’adieux à New York. Tout poussait vers ce scénario : un anniversaire, une dernière apparition annoncée à Flushing Meadows, un premier set perdu contre Daniel Vallejo et un corps forcément moins généreux qu’avant.
Monfils a choisi une autre sortie provisoire. Battu d’entrée dans la première manche, il a renversé le Paraguayen 2-6, 6-1, 6-2, 6-0 pour prolonger son US Open et rejoindre le deuxième tour, où l’attend Learner Tien.
Le score dit une reprise de contrôle. La manière raconte surtout autre chose : cette envie intacte de tenter le coup spectaculaire quand la fenêtre s’ouvre, même si le temps se réduit.
Un premier set taux, puis le vieux réflexe du showman
Le début du match n’a pas ressemblé à une démonstration. Monfils a d’abord été raide, moins mobile, trop souvent en retard dans les échanges. À 40 ans, ce genre de départ pèse plus lourd qu’avant, surtout dans un Grand Chelem.
La bascule est venue par les jambes. Une fois mieux placé, le Français a retrouvé de la longueur, de la vitesse de bras et ce rythme qui l’a longtemps rendu impossible à enfermer dans un plan simple.
Vallejo, 18 ans et plus jeune, n’a pas réussi à maintenir la pression. Monfils a pris les trois dernières manches avec autorité, jusqu’au 6-0 final. Une victoire en quatre sets, mais surtout une montée en température très lisible : d’abord survivre, puis accélérer, puis faire lever le stade.
RTS situe cette performance dans une vraie rareté historique : Monfils devient le troisième quadragénaire à remporter un match à l’US Open dans le tableau masculin de l’ère Open, après Ken Rosewall en 1977 et Jimmy Connors en 1992.
Le plaisir comme arme, pas comme simple bonus
Le moment qui résume le mieux sa soirée n’est pas seulement le score. C’est ce coup droit sauté au début du quatrième set, le genre de geste que Monfils tente encore parce qu’il voit une ouverture et parce qu’il refuse de jouer petit.
Après ce match de tennis, il a assumé cette logique avec une phrase qui colle à toute sa carrière : « Je suis aussi là pour m’amuser ». Le Français a aussi rappelé que ces moments deviennent rares, qu’il n’en frappea pas beaucoup d’autres et que cette conscience rend chaque tentative plus savoureuse.
C’est là que Monfils reste dangereux. Pas parce qu’il peut redevenir le joueur de ses plus grandes années sur deux semaines entières. Parce qu’il garde cette capacité à dérégler un match par séquences, à changer l’énergie d’un stade et à forcer l’adversaire à jouer contre un autre choisi qu’un classement.
Ouest-France rappelait déjà un autre signe de cette longévité en 2026 : lors de l’Open du Canada, Monfils est devenu le joueur le plus âgé à gagner un match sur ce tournoi depuis 1970. Ce n’est pas un détail décoratif. Cela confirme que ses coups d’éclat ne tiennent pas seulement à la nostalgie.
Un dernier US Open qui refuse de se transformer en cérémonie
La soirée aurait pu être écrite comme un hommage. Elle s’est transformée en match gagné. Pour Monfils, la différence compte : il ne veut pas seulement être applaudi pour ce qu’il a été, il veut encore provoquer quelque chose de balle en main.
Le contexte rend la victoire plus forte. Le texte de départ présente cette rencontre comme sa 200e à Grand Chelem et comme sa dernière apparition à l’US Open. New York n’a donc pas vu un simple premier tour français, mais un morceau de fin de carrière qui continue de résister à la conclusion attendue.
Le deuxième tour face à l’Apprenant Tien dira jusqu’où cette parenthèse peut aller. Mais l’essentiel est déjà là : Monfils a prolongé son tournoi sans trahir ce qui l’a rendu populaire. Des jambes qui répondent mieux après l’alerte, une main qui ose encore, et cette façon très personnelle de rappeler qu’un champion peut aussi gagner parce qu’il joue pour la joie du geste.
À ce stade de sa carrière, chaque tour gagné ressemble à un bonus. Chez Monfils, le bonus n’a rien de sage : il saute, il tente, il sourit, et il oblige encore le tennis à sortir du cadre.