« Je trouve ça dangereux » : la disparition des bouteilles d’eau est-elle vraiment un risque pour la santé des coureurs ?

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Publié le avril 11, 2026

Le Marathon de Paris 2026 innove en supprimant bouteilles et gobelets sur le parcours. Une décision écologique qui soulève pourtant des inquiétudes sur la santé des coureurs.

Pour son édition 2026, le Marathon de Paris change radicalement ses habitudes. Fini les gobelets jetables et les bouteilles d’eau aux ravitaillements.
Les participants devront désormais utiliser leur propre contenant et se servir via des rampes à eau. Une évolution écologique qui divise fortement, entre craintes pour la performance et interrogations sur la sécurité.

À partir d’avril 2026, les coureurs du marathon de Paris devront apporter leur propre contenant d’eau : fini les gobelets préremplis aux points de ravitaillement.

Pour les coureurs qui visent des chronos serrés, cette mesure écologique suscite une peur légitime : moins de temps à boire = risque de déshydratation. Mais selon le directeur médical de l’épreuve, le vrai problème n’est pas la déshydratation c’est l’inverse.

Je trouve ça dangereux : pourquoi les coureurs craignent cette disparition des bouteilles

« Je trouve ça dangereux. Pour ceux qui visent moins de 3h30, c’est certain que des personnes vont moins boire pour ne pas perdre de temps », confie Valentin, coureur parisien. Cette crainte résonne chez de nombreux participants.

Sur les 60 000 coureurs du marathon de Paris, la distinction est cruciale : un coureur visant moins de 3h30 redoute chaque seconde perdue aux ravitaillements. Remplir sa gourde personnelle prend plus de temps que saisir un gobelet prérempli.

Pas de déshydratation, mais une maladie silencieuse : ce que les chiffres révèlent vraiment

« Il n’y a jamais de cas de déshydratation sur le marathon de Paris », affirme Patrick Basset, directeur médical de l’épreuve. Les données collectées contredisent totalement les craintes exprimées.

Sur 60 000 coureurs à Paris : 2-3 arrêts cardiaques, 5-100 hyperthermies selon la météo, 10-40 hyponatrémies cliniques. Aucun cas de déshydratation recensé.

« La maladie principale du coureur avec le système d’eau précédent est une maladie qui tue : l’hyponatrémie », explique Patrick Basset, médecin anesthésiste réanimateur. Cette pathologie résulte d’une surhydratation, pas d’une sous-hydratation.

L’hyponatrémie survient quand le taux de sodium sanguin chute dangereusement. Les coureurs boivent trop d’eau, diluent leur sang et risquent l’œdème cérébral. Potentiellement mortel.

Le semi-marathon a déjà testé : aucune augmentation des cas de déshydratation

Selon Franceinfo, le semi-marathon de Paris du 8 mars 2026 a déjà appliqué le nouveau dispositif. Résultat : aucune augmentation des cas de déshydratation (Patrick Basset, directeur médical du marathon de Paris).

Les coureurs ont adapté leur comportement sans conséquences négatives sur leur santé.

Le nombre de points d’eau a été augmenté de 9 à 13 sur le parcours (Thomas Delpeuch, patron du marathon de Paris). Cette compensation logistique facilite l’accès à l’hydratation.

« Il faut boire à la sensation de soif. Il faut apprendre à écouter son corps », conseille Patrick Basset. Cette approche physiologique remplace les automatismes potentiellement dangereux.

Supprimer les bouteilles préremplies ne crée pas un risque de déshydratation cela réduit même le risque d’hyponatrémie, la vraie menace silencieuse. Le changement s’appuie sur des données médicales réelles et a été testé avec succès au semi-marathon. Pour le marathon de Paris 2026, apprenez à reconnaître les vrais signaux d’alerte de votre corps plutôt que de suivre une routine d’hydratation aveugle.

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