Le panier décisif d’Adam Mokoka à 1,1 seconde du buzzer a transformé une quête de quatre ans en réalité : Bourg-en-Bresse est champion d’Eurocoupe.
La double clé de l’exploit : la continuité incarnée par Kevin Kokila, et une reconstruction collective qui a converti l’échec 2024 en titre 2026.
Kevin Kokila, le seul survivant qui a attendu quatre ans
Quand le buzzer a retenti à la salle Ekinox, Kevin Kokila était le seul homme sur le parquet à porter la mémoire des finales perdues. Capitaine de Bourg-en-Bresse, il est le seul rescapé de l’effectif finaliste 2024, celui qui avait perdu contre Paris sans soulever le moindre trophée.
Quatre ans depuis son arrivée en 2022, dans le sillage de l’entraîneur Frédéric Fauthoux, pour transformer la promesse en titre. Quatre ans de patience, de finales perdues, de reconstruction silencieuse.
Le soir du 29 avril, il a rendu sa copie : 18 points et 6 rebonds lors du match retour. Mais c’est sa voix qui résume tout. « La récompense d’un travail de longue haleine, acharné, humble, petit à petit on a gravi les échelons », a-t-il déclaré après la victoire. Puis, plus simplement : « Je suis le plus heureux du monde. »
La reconstruction miracle : 10 joueurs sur 11 renouvelés, un titre en une saison
« On est solidement installés dans le paysage, mais c’est un Everest d’aller chercher un titre », avait prévenu le club la veille de la finale. L’Everest a été gravi.
À l’été 2025, Bourg-en-Bresse a perdu 10 de ses 11 éléments. Un seul survivant : Kokila. Reconstruire un effectif après trois finales perdues en une décennie, c’est aussi gérer la pression de l’histoire : chaque nouvelle recrue devait s’intégrer vite, dans un projet déjà marqué par l’échec.
Le résultat : demi-finale contre Türk Telekom Ankara en trois manches, puis finale en deux actes contre Besiktas victoire 72-60 à Istanbul à l’aller, 73-71 à domicile au retour. Dix nouveaux joueurs, un seul titre.
Adam Mokoka et la boucle bouclée : du titre U16 2014 à la victoire professionnelle
À 1,1 seconde du buzzer, Adam Mokoka a reçu le ballon, shooté, marqué. Les 3 500 supporters de la salle Ekinox ont basculé dans l’euphorie.
MVP de la finale, Mokoka a cherché ses mots après le coup de sifflet. « Je ne sais même pas si c’est réel. Les mots ne suffisent pas. Depuis le début, ça a été un travail acharné. Les étoiles se sont alignées », a-t-il confié.
Derrière ce panier, il y a une histoire qui remonte à 2014. Cette année-là, Adam Mokoka et Frédéric Fauthoux ont été champions d’Europe ensemble avec l’équipe de France U16. Douze ans plus tard, ils ont recommencé, en professionnels. « Je suis retourné aux bases : j’ai été champion d’Europe avec Fred en U16 et maintenant, on est en pros, je suis heureux de travailler pour lui », a déclaré Mokoka, en basketball.
Kokila n’a pas été surpris. « Adam a montré qu’il méritait de jouer l’EuroLeague. Le plan était de lui donner la balle, et on savait que peu de joueurs pouvaient l’arrêter », a-t-il analysé. Le plan a fonctionné à la seconde près.
Quatre ans de patience, une reconstruction totale, un panier à 1,1 seconde : Bourg-en-Bresse a écrit sa page européenne. « Comme tout le monde, tous les joueurs, on voulait gagner quelque chose », a simplement dit Frédéric Fauthoux. C’est chose faite.
Ce titre d’Eurocoupe ouvre la porte à l’EuroLeague, la plus prestigieuse compétition européenne de clubs une perspective qui semblait inimaginable il y a deux ans.
Bourg-en-Bresse peut-il tenir son rang en EuroLeague, ou ce titre d’Eurocoupe restera-t-il le plafond de verre du basket français de province ?