« Cameron n’a jamais demandé à partir de l’UBB » : après son passage raté au Racing 92, Cameron Woki, c’est s’est métamorphosé à l’UBB

Cameron Woki

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Publié le mai 1, 2026

Laurent Marti l’a dit sans détour : Cameron Woki n’a jamais voulu quitter l’UBB. 

Trois ans plus tard, son retour à Bordeaux produit une saison de référence 10 essais, 1 791 minutes, meilleur contreur en touche sur lancer adverse du Top 14 avec 16 ballons récupérés (statistiques UBB, saison 2025-2026).

« Cameron n’a jamais demandé à partir » : la vérité sur le départ de 2022

La narration officielle était simple : Woki avait voulu partir. Elle est fausse.

Laurent Marti, président de l’Union Bordeaux-Bègles, l’a dit sans détour en 2025 : « La véritable histoire, c’est que Cameron n’a jamais demandé à partir de l’UBB. Et moi, je n’ai jamais demandé qu’il parte. » Une phrase qui efface trois ans de malentendu.

Ce qui s’est réellement passé en 2022, c’est un désaccord avec Christophe Urios, alors entraîneur de l’UBB. Pas un divorce avec le club. Pas une rupture avec Bordeaux. Une friction avec un homme, à un moment précis.

Woki a rejoint le Racing 92 avec ce qu’il appelle lui-même « un goût d’inachevé » (Cameron Woki, Ici Gironde, avril 2025). Il y a passé trois saisons, entre 2022 et 2025, avant d’être libéré un an avant la fin de son contrat. Ce qu’il a confié à son retour est sans ambiguïté : il s’est senti « moyen puis pas performant » (Cameron Woki, Ici Gironde, avril 2025) sous le maillot francilien.

Frédéric Michalak, alors coach adjoint du Racing 92, a posé le diagnostic sans le nommer directement : « À un moment, vous ne pouvez pas répondre à toutes les sollicitations et être un bon joueur de rugby. Ça n’existe pas » (Frédéric Michalak, 2025). Une façon d’admettre que l’environnement parisien n’était pas taillé pour ce profil-là.

Marti, lui, n’a jamais perdu foi. « Il n’y a pas de question sur le potentiel de Cameron, c’est l’un des plus gros potentiels du rugby français à son poste. Il faut qu’il soit bien dans sa tête » (Laurent Marti, président de l’UBB, 2025). Cette conviction a rendu le retour possible. Les chiffres ont fait le reste.

La métamorphose chiffrée : quand le bonheur devient performance

Dmitri Szarzewski, ancien coach du Racing 92, a regardé Woki jouer cette saison. Sa réaction dit tout : « Je le trouve performant, joyeux, enthousiaste, plein de bonne volonté. C’est le Cameron qu’on avait souhaité recruter au Racing 92 ! » (Dimitri Szarzewski, 2025). Autrement dit : le joueur qu’ils espéraient voir n’a jamais vraiment existé à Paris.

Les statistiques de la saison 2025-2026 en Top 14 sont implacables. Woki a disputé 24 matches, dont 22 titularisations. Il a joué 1 791 minutes. Il a inscrit 10 essais. Il est le meilleur contreur en touche sur lancer adverse avec 16 ballons récupérés (statistiques UBB, saison 2025-2026). Pour un troisième ligne aile, c’est une saison de référence en Top 14.

Son profil physique n’a pas changé. Il mesure toujours 1,96 m pour 109 kg, atteint 31,3 km/h en vitesse maximale et 4,6 m/s en accélération (données physiques UBB, 2025). Ce gabarit de numéro 8 dans un corps de flanker reste une anomalie dans le rugby français. Mais ce potentiel brut était déjà là au Racing 92. Il ne s’exprimait pas.

La différence, Szarzewski la résume sans détour : « Son histoire avec Bordeaux n’était pas terminée et on le voit aujourd’hui, il joue avec le cœur, ce qui n’était pas forcément toujours le cas avec le Racing 92 » (Dimitri Szarzewski, 2025).

Le retour de Woki à l’Arena La Défense, lors du match Racing 92-UBB en septembre 2025, avait été compliqué sur le plan personnel (Le Figaro, 14 septembre 2025). La suite a démontré que cet épisode n’était qu’une parenthèse dans une saison de très haut niveau.

« J’ai besoin d’être heureux » : le secret de sa renaissance

Cameron Woki aurait pu parler de travail, de collectif, de préparation physique. Il n’a pas esquivé.

« Ce qui me permet d’être à ce niveau-là, c’est juste d’être heureux, dans le club que j’aime » (Cameron Woki, 2025). Dans un milieu où la souffrance passe pour une vertu, cette phrase détonne.

Woki va plus loin encore. Il assume une vérité que beaucoup de joueurs professionnels n’oseraient pas formuler : « J’ai besoin de ces à-côtés, je ne suis pas un joueur qui pense rugby tous les jours » (Cameron Woki, 2025). C’est une connaissance de soi que peu de sportifs de haut niveau affichent.

Laurent Marti l’a compris avant tout le monde. « Il faut qu’il soit bien dans sa tête » (Laurent Marti, président de l’UBB, 2025). Cette phrase est une philosophie de management : certains clubs construisent des systèmes, l’UBB a construit un environnement.

Szarzewski confirme cette lecture depuis l’extérieur : « Il est arrivé dans un environnement où il s’est senti utile, où on avait besoin de lui, ça l’a aidé à trouver sa place rapidement » (Dimitri Szarzewski, 2025). L’utilité perçue comme moteur de la performance. Le sentiment d’appartenance comme condition du talent.

Cameron Woki incarne une leçon rare dans le rugby professionnel : la performance n’est pas l’ennemie du bien-être, elle en est la conséquence. Son retour prouve qu’un joueur au potentiel immense ne l’exprime que s’il se sent utile et à sa place.

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