« Ce groupe a envie d’écrire son histoire » : Pierre Mignoni est confiant, mais Toulon a-t-il les armes pour vaincre le Leinster chez lui ?

Pierre MIGNONI

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Publié le mai 2, 2026

Pierre Mignoni affiche une confiance mesurée  « 50/50 »  avant d’affronter le Leinster en demi-finale de Champions Cup à Dublin, mais Toulon possède-t-il réellement les armes pour créer la surprise face au quadruple champion ? La confiance de Mignoni est sincère, mais elle mérite d’être confrontée aux faits.

Toulon affronte le Leinster dimanche à l’Aviva Stadium de Dublin en demi-finale de Champions Cup, onze ans après sa dernière demi-finale européenne.

« On est en mode phénix » : la confiance de Mignoni repose sur une dynamique réelle

La confiance de Mignoni repose sur du concret.

Toulon a enchaîné quatre victoires consécutives avant cette demi-finale. Le tournant ? Une victoire arrachée contre les Stormers sur le score de 15-13, décrite par Mignoni lui-même comme un moment charnière de la saison.

Sur les deux derniers matchs de Top 14 disputés entre le quart et la demi-finale de Champions Cup, Toulon a glané 10 points sur 10 possibles, avec le bonus offensif à chaque fois. Contre Bayonne, le RCT a inscrit trois essais dans le dernier quart d’heure, dont un doublé de Mathis Ferté. Signe de condition physique et de caractère.

Mignoni, ancien demi de mêlée international français avec 36 sélections entre 2001 et 2007, ne découvre pas le haut niveau européen. Sa confiance est construite. « À ce niveau-là, ce n’est pas seulement une question physique, c’est aussi une question d’état d’esprit », dit-il.

La formule « on est en mode phénix, on renaît de nos cendres » résume une saison en dents de scie transformée en élan. Mignoni a géré les blessures, maintenu le cap, et amené son groupe en demi-finale pour la première fois depuis onze ans.

Leinster : un géant fragilisé, mais toujours un géant

Soyons clairs : le Leinster reste l’un des clubs les plus titrés de l’histoire de la Champions Cup. Quadruple champion en 2009, 2011, 2012 et 2018, il se qualifie pour le dernier carré de cette compétition avec une régularité qui force le respect. Mignoni lui-même l’admet : « Le Leinster, qui se qualifie toujours dans le dernier carré de cette compétition, reste l’un des plus grands clubs au monde. »

Mais le Leinster de 2026 n’est plus tout à fait celui de l’ère Johnny Sexton. La succession post-Sexton est difficile à gérer, selon Xavier Garbajosa, ancien directeur sportif de Montpellier et consultant rugby. Le club irlandais traverse une période de transition identitaire.

Preuve concrète : le week-end précédant la demi-finale, le Leinster a perdu contre Trévise avec quasiment son équipe type. Une défaite qui interroge sur sa solidité mentale et sa cohérence collective en ce moment précis.

C’est ce que Garbajosa a voulu souligner : « Moi, je mettrais une pièce sur Toulon. Je vois les Toulonnais capables de créer la surprise. » Le Leinster reste favori, mais avec des failles que Toulon a montré cette saison savoir exploiter.

Les vraies armes de Toulon : l’effectif et le terrain

Oliver Cowie est forfait. Blessure aux côtes, il ne sera pas de la partie à Dublin. D’autres noms importants manquent également à l’appel : Gabin et Lewis sont aussi absents. Tenir 80 minutes face au Leinster avec un effectif diminué reste un défi physique majeur.

Le contexte géographique ne joue pas non plus en faveur du RCT. L’Aviva Stadium de Dublin est un antre. Toulon pourra compter sur environ 400 supporters dans les tribunes. Mignoni assume : « On doit surtout se concentrer sur nous, sur ce qu’on veut faire, et essayer d’être le plus grands possible pendant le plus longtemps possible. »

Mathis Ferté, auteur d’un doublé contre Bayonne, ne se fait aucune illusion : « Cette demi-finale sera très dure. On devra, chacun, donner le meilleur de nous-mêmes pour gagner. »

Les armes de Toulon existent : une dynamique collective réelle, un état d’esprit forgé dans l’adversité, une capacité à finir les matchs. Mais ces armes devront fonctionner pendant 80 minutes, à l’extérieur, avec un effectif entamé.

Mignoni a raison : c’est du 50/50, et c’est précisément ce qui rend ce match captivant. Toulon a les armes pour créer la surprise la dynamique est là, l’état d’esprit aussi, et Garbajosa y croit. Mais avoir les armes ne garantit pas de les utiliser pendant 80 minutes face à un monstre sacré, à l’extérieur, avec des blessés dans les rangs.

Dimanche soir, la réponse sera sur le terrain : la dynamique toulonnaise suffira-t-elle à compenser les absences et l’hostilité de l’Aviva ?

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