Décevant au Racing 92 mais devenu intenable avec Bath : l’incroyable renaissance d’Henry Arundell

Henry Arundell

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Publié le mai 2, 2026

Henry Arundell a transformé son anonymat parisien en domination européenne : 13 essais en 17 matchs à Bath contre 15 en 32 au Racing 92 (AIA Sports), une résurrection qui fait de lui l’un des ailiers les plus redoutables du continent.

Novembre 2023 : Henry Arundell marque un triplé à Toulon lors de ses débuts au Racing 92, à 20 ans à peine. Tout semblait tracé pour le jeune ailier anglais.

Au Racing 92 : quand le potentiel se perd dans l’adaptation

Formé à London Irish, Arundell est arrivé au Racing 92 auréolé d’une réputation d’exception. Le rugby anglais le considérait déjà comme l’un de ses plus grands espoirs.

Son bilan au Racing 92 : 15 essais en 32 matchs toutes compétitions confondues, soit 0,47 essai par match. Des chiffres corrects sur le papier, mais bien en deçà de ce qu’on attendait d’un finisseur de son calibre.

Le 7 juin 2024, il quitte le club après un doublé face à Lyon. Une sortie en forme, presque cruelle dans son timing.

Finn Russell, son futur demi d’ouverture à Bath, a mis des mots sur ce que beaucoup pressentaient : « Ce n’est pas toujours facile d’aller en France et de pouvoir s’exprimer sur le terrain. La langue est compliquée et l’intégration difficile. » (Finn Russell, demi d’ouverture de Bath, 2025-2026)

L’adaptation au rugby français est un défi structurel. Le jeu y est plus physique dans ses fondamentaux, moins ouvert dans ses intentions. Pour un finisseur explosif qui vit dans les espaces, c’est une contrainte réelle.

Arundell n’a pas échoué par manque de talent, mais par manque d’environnement.

À Bath : l’explosion d’un ailier enfin libéré

À Bath, Arundell affiche 13 essais en 17 rencontres toutes compétitions confondues (AIA Sports), soit 0,76 essai par match 60 % de plus qu’au Racing 92.

En Premiership domestique, il tourne à 8 essais en 11 rencontres. En Champions Cup 2025-2026, il pointe à 5 essais à fin avril, troisième meilleur total de la compétition à cette date (AIA Sports).

Sa moyenne de 74 mètres parcourus avec le ballon en Premiership dit tout de son rôle dans le système de Bath. On lui donne le ballon. On lui fait confiance. On le place dans des situations où sa vitesse et son sens du franchissement font la différence.

La polyvalence joue aussi. Arundell peut évoluer sur l’aile gauche, l’aile droite ou à l’arrière. Russell le confirme : « Au vu de l’équipe et de notre façon de jouer cette année, il s’est très bien intégré. Il peut évoluer aussi bien sur l’aile gauche que sur la droite, ou encore à l’arrière ; c’est donc un atout précieux. » (Finn Russell, demi d’ouverture de Bath, 2025-2026)

Johann van Graan, l’entraîneur de Bath, ne cache pas son enthousiasme : « Depuis qu’il est revenu ici, il a clairement retrouvé sa forme et il est en feu cette année. C’est génial de l’avoir ici ! Je ne l’ai pas beaucoup vu au Racing 92, mais il m’a vraiment impressionné depuis son retour. » (Johann van Graan, entraîneur de Bath, 2025-2026)

De l’anonymat à la sélection : Arundell au cœur du projet anglais

14 sélections avec le XV de la Rose à fin avril 2026. Le compteur reste modeste, mais la trajectoire est sans ambiguïté.

Au Tournoi des Six Nations 2026, Arundell a signé l’une de ses performances les plus marquantes : un triplé face au Pays de Galles. Trois essais dans un match de Tournoi, c’est une démonstration, pas une coïncidence.

Ugo Monye, ancien international anglais, avait d’ailleurs anticipé l’événement avec une franchise désarmante : « Mon message pour l’Angleterre est simple : donnez le ballon à Arundell dès le début du match contre le pays de Galles. » (Ugo Monye, 2026)

Le message a été entendu.

Face à l’Écosse, lors du même Tournoi, Arundell a marqué un essai mais a écopé d’un carton orange. Un rappel que son profil reste celui d’un joueur à l’instinct parfois incontrôlable la frontière entre le génie et l’excès est mince pour les finisseurs de sa trempe.

La renaissance d’Arundell n’est pas un miracle : c’est la démonstration que le contexte et la confiance font autant que le talent brut.

Combien de joueurs formés en Angleterre ont besoin, comme lui, de quitter la France pour enfin exister ?« `

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