À trois jours de la finale de Challenge Cup face à l’Ulster à Bilbao, Joan Caudullo affiche une sérénité confiante : remporter ce trophée est « absolument » impératif pour préserver la dynamique du Montpellier Hérault Rugby avant les phases finales du Top 14.
Vendredi soir à Bilbao, le MHR dispute sa première finale européenne depuis la finale de Champions Cup 2021. Pour ce club de rugby qui revient de loin, cette finale incarne bien plus qu’un trophée : la validation d’un projet de reconstruction.
« Il faut absolument la gagner » : pourquoi cette finale est impérative pour Montpellier
Joan Caudullo ne tourne pas autour du pot. « Il faut absolument qu’on le gagne parce qu’il y a une dynamique qu’il faut arriver à préserver si on veut bien figurer en Top 14 après cette finale », a-t-il déclaré en conférence de presse le 18 mai 2026.
L’enjeu est double. Le MHR est assuré de disputer les phases finales du Top 14 pour la première fois depuis 2022 une qualification qui constituerait déjà un signal fort, mais Caudullo veut plus.
Remporter la Challenge Cup à Bilbao, c’est aborder le Top 14 en vainqueur, pas en prétendant. Aborder les phases finales avec un titre en poche change la nature de la compétition qui suit.
Le manager ne cache pas sa propre surprise face à cette situation. « Oui, c’est excitant, je n’ai pas l’habitude », a-t-il glissé avec le sourire, avant d’ajouter que le début de semaine reste toujours difficile, celui où il annonce les mauvaises nouvelles aux joueurs non retenus. Même en finale, le quotidien du management ne s’arrête pas.
Une cohésion collective qui survit aux erreurs : la force du groupe Caudullo
La confiance de Caudullo repose sur ce qu’il a observé à Castres le week-end dernier. Le MHR a arraché la victoire 33-36 dans un match loin d’être maîtrisé.
« À Castres, où on a fait des erreurs, où on a pris des essais trop facilement, il y a eu des erreurs individuelles. Et il n’y a pas un mec qui a dit du mal d’un autre. » Cette citation résume tout. Dans un vestiaire sous pression, la solidarité n’est jamais acquise. Ici, elle s’est manifestée naturellement.
C’est précisément ce que Caudullo cherche depuis deux ans : un groupe qui gagne et perd ensemble, sans chercher de bouc émissaire. À Castres, il l’a vu exister.
« Je sens de la détermination chez les joueurs », avait-il déjà confié à L’Équipe en mai 2025 un an avant cette finale, le constat n’a pas changé.
Deux ans de même discours : comment Caudullo construit un projet durable
Caudullo n’est pas un manager parachuté : enfant du club, il connaît Montpellier de l’intérieur, ses forces, ses fragilités, ses cicatrices.
Depuis deux ans qu’il est en poste, il tient le même cap. « Une belle étape de la construction de ce projet. Et c’est une façon de montrer qu’en étant stable et en ayant le même discours depuis deux ans, on peut faire de belles choses », a-t-il affirmé le 18 mai 2026. La stabilité managériale n’est pas une posture. C’est une méthode.
Les résultats valident cette méthode : phases finales de Top 14 retrouvées, finale de Challenge Cup atteinte deux objectifs qui semblaient hors de portée il y a dix-huit mois.
Ce vendredi à Bilbao, 80 minutes séparent Montpellier d’un titre européen. Caudullo ne parle pas de tournant. Il parle d’étape nuance qui dit tout sur sa méthode.
Montpellier peut-il vraiment remporter cette finale, ou l’Ulster reste-t-il trop solide pour une équipe encore en reconstruction ?