Lors du Tournoi des Six Nations 2024, Maxime Lucu a endossé le numéro 9 du XV de France, Antoine Dupont s’étant mis en retrait pour préparer les JO de Paris avec l’équipe de France de rugby à VII. La vitrine est immense, la pression encore plus.
Sauf que ça ne se passe pas comme prévu. Les matchs sont poussifs. Les critiques arrivent, d’abord feutrées, puis de plus en plus violentes. Sur les réseaux, dans les médias, partout. Lucu encaisse.
« J’ai touché le fond, mais terrible » : quand les insultes deviennent publiques
« Cette période-là avait été très compliquée à gérer personnellement parce que je me disais déjà que je ne faisais pas les meilleurs matchs possibles. Et en plus de ça, je ramassais derrière », confie-t-il (RMC Sport, 20 mai 2026).
Ce qui le frappe le plus, c’est la nouveauté de l’exposition. Pas la critique en elle-même tout sportif de haut niveau y est habitué. Mais l’ampleur publique, frontale, sans filtre. « C’était la première fois que j’étais publiquement un petit peu mis devant de la scène, mais négativement, où j’étais un peu pris à partie par beaucoup de gens » (Maxime Lucu, RMC Sport, 20 mai 2026).
Il tient. Mais le pire reste à venir.
En juin 2024, l’Union Bordeaux-Bègles dispute la finale du Top 14 contre Toulouse. Le résultat est une catastrophe : 59-3 pour Toulouse. Une humiliation collective qui s’abat sur un joueur déjà fragilisé. « Le 59-3 en finale contre Toulouse, ça m’a mis au fond. J’étais déjà au fond, mais là… » (Maxime Lucu, RMC Sport, 20 mai 2026).
« Honnêtement, j’ai touché le fond, mais terrible. » Quatre mots. Aucun artifice. Tout est dit.
Le match de Dublin : quand la revanche commence
« Bordeaux a été très important pour moi et ça restera vraiment fort pour moi, parce que c’est à Bordeaux que j’ai réussi à relever la tête, grâce à ma compagne, grâce à mes coéquipiers et grâce au club » (Maxime Lucu, RMC Sport, 20 mai 2026).
Ce soutien se construit dans les entraînements, les conversations après les matchs, le quotidien du club. L’UBB ne lâche pas son demi de mêlée. Et Lucu commence à se poser la vraie question selon RCM Sport .
« Je me suis dit : qu’est-ce que tu veux devenir ? Est-ce que tu veux montrer que, comme toujours, tu t’es relevé des épreuves difficiles ? » (Maxime Lucu, RMC Sport, 20 mai 2026). Une question existentielle, pas tactique. Le genre qui change une carrière.
La réponse arrive à Dublin. Tournoi des Six Nations 2025, France contre Irlande, dans l’antre de l’Aviva Stadium. Lucu est titulaire et réalise une prestation majuscule. Propre, décisive, souveraine.
Ce match lui ouvre les yeux sur lui-même. « Je me suis dit : si tu es capable, contre les meilleurs joueurs du monde, de faire un match propre, pourquoi tu ne le fais pas tous les week-ends ? » (Maxime Lucu, RMC Sport, 20 mai 2026).
Dublin ne règle pas tout, mais Dublin change tout. Le joueur qui sort de l’Aviva a retrouvé quelque chose d’essentiel : la certitude de ce qu’il vaut.
Capitaine de l’UBB, prêt pour la revanche en Champions Cup
Deux ans après le fond, Maxime Lucu est capitaine de l’Union Bordeaux-Bègles. Pas un symbole honorifique : un leader reconnu par ses coéquipiers, son staff, ses adversaires.
L’UBB se prépare pour une finale de Champions Cup 2026 contre le Leinster. La plus grande scène du rugby européen des clubs, contre l’un des clubs les plus titrés du continent. Le contraste avec juin 2024 est saisissant.
C’est dans ce contexte que Lucu prononce la phrase qui résume tout. « Limite maintenant je remercie les gens qui m’ont insulté… Je les emmerde un petit peu, parce que je prends du plaisir » (Maxime Lucu, RMC Sport, 20 mai 2026). Pas de rancœur. Pas de règlement de comptes. Juste la satisfaction froide de celui qui a fait le travail.
« Aujourd’hui, je suis tellement grandi et reconnaissant d’avoir vécu ces moments-là. On se sert des échecs » (Maxime Lucu, RMC Sport, 20 mai 2026). La boucle se ferme. Les insultes du Tournoi 2024 ont nourri le capitaine de 2026.
La revanche de Maxime Lucu n’est pas une vengeance : c’est une victoire contre lui-même. Deux ans après le 59-3, il est capitaine en finale européenne.
Et vous, qu’est-ce qui vous a fait choisir de vous relever plutôt que de rester au fond ?