Zidane retrouve un banc après cinq ans d’attente, mais les Bleus ne lui offrent aucun retour tranquille
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Zinédine Zidane retrouve enfin un banc, mais son arrivée attendue chez les Bleus ressemble moins à une fête qu’à un test immédiat.
Cinq ans sans entraîner. Quatorze ans de règne Deschamps à digérer. Une équipe de France sortie d’une Coupe du monde 2026 frustrante, avec une quatrième place qui laisse forcément des traces. Le décor posé autour de Zinédine Zidane n’a rien d’un retour tranquille.
L’ancien numéro 10 des Bleus doit prendre la succession de Didier Deschamps à la tête de l’équipe de France. Une conférence de presse est annoncée avec Philippe Diallo, président de la FFF, et le prochain sélectionneur. Le contrat évoqué irait jusqu’en 2030, avec l’Euro 2028 puis le Mondial 2030 dans le viseur.
Sur le papier, l’histoire est presque écrite d’avance : Zidane, champion du monde 1998, revient dans la maison bleue par la grande porte. Dans les faits, il arrive dans un poste où chaque choix sera disséqué dès la première liste.
Un retour attendu, mais pas dans un fauteuil
Le retour de Zidane sur un banc a une force rare parce qu’il ne sort pas d’une parenthèse courte. Depuis son départ du Real Madrid, l’entraîneur français était resté à distance, malgré les rumeurs, les appels du pied et les fantasmes autour de son avenir.
Cette attente donne du poids à son arrivée. Elle crée aussi une pression très particulière. Zidane ne revient pas pour reconstruire anonymement. Il revient dans le rôle le plus scruté du football français, avec une sélection déjà remplie de stars, d’habitudes et d’attentes contradictoires.
Le contraste est là. Au Real Madrid, Zidane a bâti sa légende d’entraîneur avec trois Ligues des champions consécutives, entre 2016 et 2018. Chez les Bleus, il ne pourra pas simplement rejouer cette carte. Le vestiaire, le calendrier et la relation avec les clubs n’ont rien à voir avec le quotidien d’un grand club européen.
Son nom lui donnera du crédit dès le premier jour. Mais ce crédit ne suffira pas longtemps. Avec Kylian Mbappé comme visage majeur de l’équipe, une génération déjà installée et des cadres à repositionner, Zidane sera jugé très vite sur sa capacité à transformer l’attente populaire en ligne claire.
Après Deschamps, le vrai choc sera culturel
Remplacer Didier Deschamps, ce n’est pas seulement changer de sélectionneur. C’est tourner la page d’un système qui a tenu pendant quatre ans. Deschamps a imposé une méthode, une gestion du groupe, une façon de protéger les Bleus et de prioriser le résultat.
Zidane arrive avec une aura différente. Il incarne davantage le geste, le prestige, la relation aux grands joueurs. Mais l’équipe de France ne lui demandera pas seulement d’être Zidane. Elle lui demandera de trancher.
Le staff a annoncé donne déjà un indice sur l’ampleur du chantier. David Bettoni et Hamidou Msaidie, deux hommes liés à son aventure madrilène, sont attendus à ses côtés. Grégory Dupont, Bernard Diomède et Fabien Barthez sont également cités dans l’entourage du nouveau projet. Ce mélange entre fidèles, expertise physique et figures de 1998 n’est pas neutre.
Il raconte une volonté de ne pas arriver seul, ni de simplement prolonger l’existant. Zidane semble vouloir construire son environnement avant même de lancer son premier rassemblement. C’est logique : dans une sélection, le temps de travail est réduit. Le staff devient donc un outil décisif pour installer vite des repères.
Exemple concret : dès sa première liste, le nouveau sélectionneur devra envoyer trois messages en même temps. Aux cadres, pour dire qui reste au centre du projet. Aux joueurs en perte de vitesse, pour montrer si une remise à zéro existe vraiment. Et aux jeunes qui poussent, pour fixer la place qu’ils peuvent espérer avant l’Euro 2028.
Les Bleus offrent à Zidane un rêve, mais aussi un piège
L’équipe de France est probablement le banc que Zidane attendait. C’est aussi celui où l’état de grâce peut durer le moins longtemps.
Le contexte de sortie de Coupe du monde joue contre l’idée d’une arrivée paisible. Une quatrième place peut paraître honorable, mais pour les Bleus récents, elle laisse surtout une impression d’inachevé. Le prochain sélectionneur hérite donc d’un groupe qui n’est pas en ruines, mais qui n’est pas intouchable non plus.
C’est peut-être le point le plus intéressant de ce retour. Zidane n’arrive pas dans une sélection faible à relever. Il arrive dans une équipe forte à réorienter. La nuance est énorme. Dans ce cas, chaque modification peut être perçue comme un signal politique : un cadre écarté, un système changé, un adjoint mis en avant, une hiérarchie déplacée.
Le calendrier long renforce cette lecture. Un bail jusqu’en 2030 donnerait une vraie profondeur au projet, avec l’Euro 2028 comme premier grand juge de paix et le Mondial 2030 comme horizon majeur. Mais il donnera aussi aux critiques une grille simple : Zidane at-il amélioré les Bleus, ou seulement changé leur visage ?
Son retour coche toutes les cases d’un grand récit sportif. Le héros national, l’attente interminable, la succession du patron historique, le groupe de stars, la promesse d’un nouveau cycle. Sauf que les Bleus ne vivent pas dans un récit. Ils vivent dans les listes, les matchs, les blessures, les choix impopulaires et les conférences de presse.
C’est là que le retour de Zidane devient vraiment fort. Pas parce qu’il revient enfin. Mais parce qu’il revient dans un poste où son passé ne pourra pas répondre à sa place.