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« une petite balle dans le pied » : Mola avec le banc du Stade Toulousain ne voit pas d’un bon oeil le changement du nombre de remplacements en Top 14

Par Maxime Aulne
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Ugo Mola ne conteste pas seulement une ligne du règlement : derrière la baisse des remplacements en Top 14, le manager du Stade Toulousain voit un risque direct pour la stratégie des staffs et la santé des joueurs.

Le changement apparaît technique. Il touche pourtant au cœur de la gestion d’un match. À de cette saison, les équipes de Top 14 ne pourront plus effectuer douze remplacements par rencontre, comme c’était le cas depuis 2018, mais seulement huit.

La réforme s’inscrit dans une volonté d’uniformiser le championnat français avec les usages internationaux. Ugo Mola ne rejette pas ce principe. Ce qu’il critique, c’est la manière dont cette uniformisation s’applique à un championnat qu’il juge à part, plus long, plus dur, et plus exigeant pour les organismes.

Une baisse de douze à huit remplacements qui changent le banc

La décision avait été travaillée après le congrès « Shape of the Game », organisé à Londres en avril. Le Top 14 abandonne donc son format spécifique, qui permettait depuis 2018 d’aller jusqu’à douze changements dans un même match.

Pour Mola, la cible n’était pas forcément la bonne. En conférence de presse, le manager toulousain a reconnu l’intérêt d’un cadre commun, tout en défendant une autre voie : « L’uniformisation, oui, c’est une bonne chose. En revanche, moi, j’étais favorable à une autre règle qui était de disposer d’un banc beaucoup plus large pour développer la dimension stratégique du coaching. »

Le point est là. Avec huit remplacements, le staff doit resserrer ses choix. Avec un banc plus large, Mola imaginait au contraire une gestion plus fine : davantage de profils, plus d’options tactiques, et une marge de réaction plus grande face aux blessures, au rythme ou aux scénarios de match.

La « petite balle dans le pied » vise surtout le calendrier du Top 14

La formule de Mola frappe parce qu’elle dépasse le simple désaccord d’entraîneur. « Ce que n’ont pas les autres, c’est un Top 14 à 26 journées. Un championnat dur, âpre sur onze mois », at-il rappelé. C’est sur cette différence qui repose toute sa critique.

Le Top 14 n’est pas un tournoi court. C’est une saison longue, dense, où les clubs doivent composer avec les blessures, les doublons, les rotations, les phases finales et la pression permanente du classement. La Ligue Nationale de Rugby a dévoilé en 2026 le calendrier du TOP 14 pour la saison 2026/2027 , rappelant ce cadre très chargé dans lequel les clubs doivent construire leur gestion d’effectif.

Mola a résumé son inquiétude en une phrase : « Donc je pense qu’on se met une petite balle dans le pied. » Son idée n’est pas de défendre le confort des staffs. Il vise le point sensible de cette réforme : moins de rotations possibles dans une compétition déjà très longue.

Le manager du Stade Toulousain parle aussi avec une histoire particulière dans ce club. D’après le Stade Toulousain, Ugo Mola a été joueur au Stade de 1990 à 1996 et a connu les grandes heures du club, avec lesquelles il a été champion de France et d’Europe. Son regard sur la gestion toulousaine ne vient donc pas seulement de son poste actuel sur le banc.

Un débat entre lisibilité du rugby et protection des joueurs

Les partisans de la réforme avancent un autre objectif : rendre le rugby plus cohérent avec le reste du monde et plus lisible pour le grand public. Mathieu Raynal, responsable de la cellule performance de l’arbitrage français, a expliqué que l’expérimentation avait mené depuis 2018 n’avait pas établi de données concluantes sur l’impact des douze remplacements sur le jeu.

Il avançait aussi un effet plus mesurable : le nombre de changements influence le temps de jeu effectif et la durée totale des matchs. Les rencontres françaises, surtout les secondes périodes, font partie des plus longues au monde, en partie à cause de ces remplacements plus nombreux.

La logique de l’arbitrage français est donc claire : moins de changements, moins d’interruptions, davantage de rythme, et un règlement plus facile à comprendre. Mola ne nie pas ce besoin de simplicité. Il répond par une autre priorité : « Les problèmes de logistique, de banc, c’est facile à gérer. Ce qui ne l’est pas, c’est la santé des joueurs. Et ça, il ne faut pas la mettre en danger. »

La nouvelle règle va donc tester les staffs dès le début de saison. Elle peut accélérer le jeu et rapprocher le Top 14 du standard international. Elle peut aussi réduire les marges de protection dans un championnat où chaque week-end coûte cher physiquement. C’est ce risque-là que Mola place derrière sa « petite balle dans le pied ».





Auteur

Maxime Aulne

Journaliste sportif, fondateur de MVZ Sports et directeur de la publication. Je couvre le cyclisme, le rugby et l'économie du sport, et je réponds de ce qui est publié sur le site.

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