« Je sens le pied dans le dos » : Aldegheri assume la concurrence des jeunes pousses toulousaines mais se sent motivé plus que jamais
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À 33 ans, Dorian Aldegheri a envoyé la jeunesse toulousaine lui souffler dans le cou. Le pilier du Stade Toulousain assume cette concurrence, avec huit trophées au compteur et la Coupe du monde 2027 toujours dans le viseur.
En première ligne du Stade Toulousain, le trio Aldegheri-Baille-Marchand règne depuis plus de dix ans. Derrière lui, une génération patiente : Bertrand, Lacombre, Mallez, Hawkes, Rapetti ou Merkler. Les jeunes frappent à la porte, et les anciens le savent.
Aldegheri ne fuit pas la question. Le pilier de 33 ans, en fin de contrat en juin prochain, encadre la relève comme un « grand frère » tout en gardant une ambition intacte. Un état d’esprit qu’il confie à Midi Olympique, aux côtés de ses deux compères Cyril Baille et Julien Marchand.
Le pied dans le dos, sans se sentir dehors
« Je sens le pied dans le dos, rigole le pilier. Mais je n’y pense pas. Je prends du plaisir et, à aucun moment, je ne me sens dehors. » Le ton est serein : lui et Baille (33 ans chacun) arrivent en fin de contrat en juin prochain, Marchand (31 ans) un an plus tard.
Pour Aldegheri, la situation n’a rien d’inédit. En 2019, alors que son contrat expirait en juin, il avait déjà prolongé son engagement avec le Stade Toulousain, comme le rapportait alors Sportmag. De quoi aborder la relève sans se crisper.
Les jeunes pousses du pack, elles, y voient une référence. Bertrand, Lacombre, Mallez, Hawkes, Rapetti et Merkler parlent des trois anciens comme de « grands frères ».
Trois potes, une première ligne devenue symbole
Leur histoire commence loin du rugby professionnel. Baille et Aldegheri se connaissent depuis les cadets, à 15 ans. « C’est le parrain de mon fils, quelqu’un de très important pour moi », raconte Aldegheri, « Doudou » de son surnom. La connexion avec Marchand, plus jeune de deux ans, s’est nouée en Espoirs.
Sur le terrain, leur première présence commune remonte au 4 octobre 2014, contre le Stade Français. Il faut attendre le 4 septembre 2016, sur la pelouse du Racing 92, pour retrouver les trois compères ensemble au coup d’envoi d’une première ligne.
Depuis, ils ont tout traversé, devenant même papas dans des périodes rapprochées : 56 sélections pour Baille, 53 pour Marchand, 28 pour Aldegheri, et une Coupe du monde 2023 vécue ensemble. « C’est un symbole à chaque fois qu’on joue ensemble », confie Baille. Huit trophées décrochés depuis 2019, quatre titres de champion de France d’affilée : le trio a signé l’ère dorée du club.
La Coupe du monde 2027 en ligne de mire
L’âge avance, les contrats arrivent à terme, mais l’ambition ne faiblit pas. Cyril Baille, qui sort d’une saison compliquée par des douleurs à une cheville, a perdu du poids cet été pour se donner les moyens. « J’ai envie d’enchaîner, de faire de bons matchs. J’ai des objectifs élevés », lance-t-il.
Tous trois se voient candidats à la Coupe du monde 2027. Tant qu’ils se sentent performants, ils ne s’interdisent rien. À chaque fois qu’ils sont alignés ensemble, la complicité reste intacte.
« On essaie d’en profiter dès qu’on est alignés tous les trois, ajoute Baille. Avec Ju et Doudou, ça a une saveur singulière. » Une saveur que la relève toulousaine devra mériter pour bousculer un trio encore au sommet.