« Si j’en ai encore dans le fût, tant mieux » : à 33 ans, Dorian Aldegheri vise la Coupe du monde sans en faire une obsession
Retrouvez MVZ Sports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités sport plus facilement
À 33 ans, Dorian Aldegheri ne cherche ni à dater son pic de maturité ni à programmeur sa sortie : le pilier toulousain veut avancer tant que le plaisir, le travail et les performances répondent encore présentes.
La question de l’âge pourrait l’entraîner vers un bilan de carrière. Il la repousse pourtant avec une formule sans détour : « Si j’en ai encore dans le fût, tant mieux. Et si je n’en ai plus, eh bien, je n’en ai plus. » Chez lui, aucune projection savante sur le nombre de saisons restantes.
Son repère se trouve dans le quotidien. Il veut continuer à travailler, se donner à 100 % et profiter du rugby avec ses coéquipiers. La prochaine Coupe du monde en Australie existe dans son horizon, mais elle ne commande pas encore ses choix.
Une maturité qu’Aldegheri refuse de dater
La théorie veut souvent qu’un pilier atteigne sa pleine maturité autour de 30 ans. Aldegheri refuse d’en faire une règle générale. « Ça dépend des joueurs », répond-il, avant d’ajouter qu’il ne sait pas se juger et qu’il n’aime pas vraiment cet exercice.
Cette retenue éclaire sa manière d’aborder la suite. Le Toulousain ne revendique pas un statut lié à son âge et ne fixe aucune échéance à sa carrière. Il avance avec une question plus simple : possède-t-il encore l’énergie nécessaire pour répondre aux exigences du poste ?
Son ancienneté reste pourtant solide. En 2019, Sportmag rapportait sa prolongation avec le Stade Toulousain , alors que son contrat arrivait à expiration en juin de cette même année. Ce parcours inscrit dans la durée ne change pas son discours. Aldegheri parle moins de longévité que de disponibilité physique et mentale.
Il conserve aussi un attachement particulier à la première ligne formée avec Julien Marchand et Cyril Baille. Les trois joueurs évoluent ensemble depuis plusieurs saisons. Cette complicité apporte du plaisir, mais également une pression supplémentaire : celle d’être à la hauteur lorsqu’ils débutent un match côte à côte.
Le travail reste son seul calcul
Aldegheri reprend son rapport à l’âge par le travail. Jeune, il fallait déjà beaucoup s’entraîner. Avec les années, il estime devoir fournir encore davantage d’efforts. Sa réponse provoque le rire, mais le fond est sérieux : le poste ne permet aucun relâchement.
Sa préparation estivale à l’illustration. Le pilier a rejoint Thomas Ramos afin de bénéficier d’un cadre et d’horaires précis. Il reconnaît avoir besoin d’une personne à ses côtés pour rester assis. Ce choix lui a aussi permis de changer d’environnement et de travailler différemment avant la reprise.
Le passage au niveau international a renforcé cette exigence. Appelé avec le XV de France en 2019, Aldegheri dit avoir découvert une concurrence et une intensité supérieure. Pour durer, son raisonnement tient en une ligne : augmenter la charge de travail afin d’élever son niveau.
Cette logique s’est retrouvée face à l’Union Bordeaux-Bègles. Toulouse menait 36-0 à la mi-temps après avoir dominé la conquête, avant une réaction bordelaise en seconde période. Aldegheri retient surtout la satisfaction d’avoir pris le dessus dans ce secteur contre une équipe qu’il attendait combative.
Toulouse avant la Coupe du monde
La prochaine Coupe du monde en Australie demeure un objectif possible. Aldegheri refuse cependant d’en faire une obsession. Sa priorité consiste à être performant en club, à trouver sa place dans l’équipe et à conserver du plaisir à l’entraînement comme en match.
« Tant que je rigole bien et que je m’éclate au rugby, c’est bon », résume-t-il. La phrase dépasse le simple goût du vestiaire. Elle fixe sa condition pour continuer : l’envie doit rester compatible avec l’effort demandé et avec sa capacité à aider Toulouse.
Au moment de cet échange, son attention se portait ainsi sur le rendez-vous suivant de son club face à Vannes, annoncé à Rennes dans un stade de football de 35 000 places. Après deux défaites de son adversaire, il s’attendait à une réaction et à un combat intense contre le champion en titre.
La Coupe du monde viendra ensuite si ses performances lui ouvriront la porte. Aldegheri ne promet rien et ne programme rien. À 33 ans, il refuse simplement de transformer la fin de sa carrière en compte à rebours.