Cyclisme

Ferrand-Prévot vise un doublé que personne n’a encore réussi sur le Tour de France Femmes, mais Demi Vollering rôde

Par Maxime Aulne
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Pauline Ferrand-Prévot peut entrer dans une zone encore vierge du Tour de France Femmes : gagner une deuxième édition depuis le retour de l’épreuve en 2022.

Le défi n’a rien d’anecdotique. Depuis quatre ans, le Tour féminin a changé de lauréate à chaque édition, avec une densité qui ne cesse de monter. Défendre un maillot jaune dans ce contexte, ce n’est pas seulement repartir avec un statut. C’est porter une cible pendant toute la course.

Ferrand-Prévot arrive pourtant avec une particularité qui colle à sa carrière : elle ne donne pas toujours beaucoup de garanties avant son grand objectif. Mais quand le rendez-vous compte vraiment, elle a souvent su transformer le silence en performance.

Un doublé encore jamais réussi depuis 2022

Le Tour de France Femmes a repris sa place dans le calendrier en 2022, et aucune coureuse n’a encore réussi à le gagner deux fois depuis ce retour. C’est ce qui donne à la campagne 2026 de Pauline Ferrand-Prévot une dimension plus forte qu’une simple défense de titre.

Son sacré en 2025 avait déjà marqué le cyclisme français. Le texte fourni la présente comme la première Française à remporter un Tour de France depuis Bernard Hinault en 1985. En 2026, l’enjeu change : il ne s’agit plus de prouver qu’elle peut gagner, mais qu’elle peut recommencer alors que tout le monde l’attend.

La coureuse de la Team Visma | Lease a Bike avance avec une phrase qui résume bien ce paradoxe. Elle a confié à France Télévisions : « Je n’ai rien à perdre parce que j’ai déjà gagné le Tour de France ». C’est fort, mais ce n’est pas une garantie. Sur le Tour, le statut protège rarement longtemps.

Une préparation qui entretient le doute

Le début d’année 2026 de Ferrand-Prévot laisse une impression contrastée. Sa campagne flandrienne a tout de même livrée deux gros repères, avec une 2e place sur le Tour des Flandres et une 3e place à Paris-Roubaix. Mais le reste de la saison apparaît moins solide que son année 2025.

Le point d’alerte vient surtout du Tour d’Espagne, disputé en mai, où elle aurait connu deux contre-performances en montagne aux Praères et sur l’Angliru. Depuis, elle n’aurait plus combattu la moindre cours. Pour une tenante du titre, c’est forcément un angle de lecture majeur.

Ce doute doit pourtant être manipulé avec prudence. Ferrand-Prévot n’a jamais construit sa légende en multipliant les démonstrations toute l’année. Son profil est plutôt celui d’une coureuse capable de cibler un objectif, d’arriver avec peu de bruit, puis de frapper quand la course le demande.

Cas concret pour un lecteur qui suivra seulement les grandes étapes : il ne faudra pas forcément tirer de conclusion dès la première journée. Les trois premières étapes en Suisse peuvent piéger une favorite, mais le vrai test de son doublé devrait se jouer quand la route s’élèvera, notamment vers le Mont Ventoux puis autour de Nice.

Un plateau qui rend le Top 10 plus cher que jamais

Le défi historique de Ferrand-Prévot est aussi complexe par la densité du plateau. Demi Vollering, lauréate en 2023, et Katarzyna Niewiadoma, gagnante en 2024, sont annoncées parmi les grandes rivales. Paula Blasi, Marlen Reusser, Anna van der Breggen et Kimberley Le Court s’ajoutent à une liste déjà lourde.

Dans ce décor, les Françaises ne se limitent pas à Ferrand-Prévot. Cédrine Kerbaol apparaît comme l’option tricolore la plus crédible derrière elle, notamment après sa 2e place au Tour de Suisse et sa capacité à exister sur les étapes difficiles. Sa 8e place sur le Tour 2025 avait été freinée par une chute dans la dernière étape, ce qui laisse une marge de lecture intéressante.

Célia Géry peut aussi donner une autre couleur à la course française. Championne de France sur route, elle pourrait viser un coup sur des étapes plus punchy, même si son équipe FDJ United-SUEZ jouera d’abord le général avec Demi Vollering. Le texte fourni évoque notamment l’arrivée à Lausanne et la côte de Saint-François comme un terrain possible pour ses qualités.

La question centrale reste donc simple : Ferrand-Prévot peut-elle tenir son rang sans repères récents, face à un Tour qui semble plus dense que les précédents ? C’est précisément ce qui rend son doublé si rare. Il ne dépend pas seulement de sa force en montagne, mais de sa capacité à survivre aux pièges, absorber la pression et frapper au bon moment.





Auteur

Maxime Aulne

Runner de fond, ex-rédacteur tech chez Clubic. J'aborde le sport avec la vision d'un analyste. Je décortique l'actu et le business sportif sans jamais surjouer. Une plume directe qui analyse tout, de la tactique d'un match à l'économie d'un transfert.

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