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Le départ de Felix Gall confirme le pari Paul Seixas, mais ouvre un vrai chantier chez Decathlon

Par Maxime Aulne
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En perdant Felix Gall et Gregor Mühlberger au profit de Lidl-Trek, Decathlon CMA CGM installe de fait Paul Seixas au centre de son projet, mais doit maintenant reconstruire une partie entière de son dispositif pour les Grands Tours.


Le mouvement est double. Felix Gall s’est engagé avec Lidl-Trek pour trois saisons, jusqu’à la fin de l’année 2029, tandis que Gregor Mühlberger a signé jusqu’en 2028. L’équipe américaine récupère ainsi un leader de classement général et l’un de ses principaux soutiens en montagne.

Pour Decathlon CMA CGM, cette opération dépasse la perte de deux coureurs. Elle modifie la hiérarchie autour de Paul Seixas et pose une question immédiate : qui pourra encadrer le Français tout en conservant la capacité de jouer un classement général lorsque les responsabilités devront être réparties ?

Felix Gall laisse derrière lui des résultats difficiles à remplacer

Lidl-Trek recrute un coureur arrivé à maturité sur les courses de trois semaines. Felix Gall a terminé deuxième du Giro 2026, puis troisième de la Vuelta la même saison. Ces deux podiums consécutifs donnent une mesure précise de ce que l’écurie française Decathlon perd dans l’opération.

L’Autrichien avait déjà changé de statut lors du Tour de France 2023. Sa victoire d’étape à Courchevel et sa place dans le top 10 du classement général l’avaient installé parmi les grimpeurs capables de viser au-delà d’un succès isolé. Son titre mondial juniors remporté en 2015 rappelle aussi que sa progression vers les sommets du cyclisme s’inscrit dans une trajectoire longue.

Son départ marque une rupture avec le scénario envisagé deux ans plus tôt. Decathlon avait annoncé la prolongation de Felix Gall jusqu’à la fin de la saison 2026 sur son site officiel. La relation arrive désormais à son terme au moment où Gall possède ses références les plus fortes sur les Grands Tours.

Paul Seixas devient le point fixe de la nouvelle hiérarchie

Le départ de Gall ne prouve pas que Paul Seixas en est la cause directe. Aucune déclaration officielle disponible ne présente le Français comme le déclencheur du transfert. La conséquence sportive est en revanche nette : Decathlon ne devra plus organiser la cohabitation entre deux ambitions de premier plan pour le classement général.

Seixas apparaît ainsi comme le point fixe autour duquel l’équipe peut bâtir son prochain cycle. Gall disposait déjà de podiums sur le Giro et la Vuelta, alors que le jeune Français représente un pari construit sur sa progression. En laissant partir le coureur le plus confirmé des deux, Decathlon accepte de déplacer une part importante de ses ressources sportives vers l’avenir.

Cette clarification comporte également un risque. Un statut de leader plus Lisible ne remplace ni l’expérience tactique ni la régularité d’un coureur déjà capable de tenir trois semaines au plus haut niveau. Seixas gagne de l’espace dans la hiérarchie, mais l’équipe perd une solution immédiatement opérationnelle lorsque le Français ne sera pas aligné, devra apprendre ou rencontrera un contretemps.

Decathlon doit reconstruire son pôle montagne, pas seulement recruter un nom

Le départ simultané de Gregor Mühlberger amplifie le problème. L’Autrichien ne suivait pas Gall comme un simple élément d’effectif : il avait terminé 15e du Giro 2026 tout en travaillant pour son leader et remporter le Tour d’Autriche. Lidl-Trek présente d’ailleurs les deux coureurs comme des amis proches, capables de prolonger ensemble une relation sportive déjà rodée.

Decathlon doit donc remplacer deux fonctions complémentaires. La première est celle d’un coureur susceptible de viser un classement général ou de prendre le relais sur un Grand Tour. La seconde concerne l’accompagnement en haute montagne, avec un équipier capable de rester présent lorsque le groupe des favoris est réduit.

Le profil recherché devra accepter une organisation de tournée vers Paul Seixas sans limiter l’équipe à un seul plan. Un leader alternatif trop ambitieux pourrait recréer une concurrence interne. Un pur lieutenant laisserait Decathlon sans recours crédible pour le classement général. Le vrai chantier consiste à trouver cet équilibre, puis à reconstruire les automatismes perdus avec le tandem autrichien.

Le pari Seixas devient donc plus visible, mais aussi plus exigeant. Le départ de Gall libère la hiérarchie ; celui de Mühlberger retire une partie de la structure qui devait soutenir cette nouvelle priorité. Le prochain recrutement dira moins qui remplacera Gall que la manière dont Decathlon compte protéger son projet français sans affaiblir ses ambitions sur les trois Grands Tours.





Auteur

Maxime Aulne

Journaliste sportif, fondateur de MVZ Sports et directeur de la publication. Je couvre le cyclisme, le rugby et l'économie du sport, et je réponds de ce qui est publié sur le site.

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